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ICT SPRING

Le régulateur sur scène, un cas unique au monde



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Claude Marx: «L’intelligence artificielle ne date pas d’hier, mais d’il y a une quinzaine d’années.» (Photo: Edouard Olszewski)

C’est un cas unique au monde: Claude Marx, le directeur de la CSSF, le régulateur financier luxembourgeois, a fait part des priorités de la supervision dans un futur proche, sur la scène d’une conférence «tech».

L’ICT Spring s’était habitué aux interventions sur scène de Nadia Manzari. Partie chez Schiltz and Schiltz, c’est le directeur de la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) lui-même qui est monté sur scène, mardi matin, pour défendre une approche à 360 degrés de la vision du régulateur financier luxembourgeois: «CSSF 4.0».

Un cas unique au monde. Aucun régulateur n’accepte d’être aussi exposé dans une conférence technologique.

«Nous sommes très contents qu’il le fasse!», dit un habitué très en vue, à la mi-journée, après avoir rappelé la pertinence du  «white paper» sur l’intelligence artificielle , publié en décembre dernier.

La supervision, un argument de vente 

«L’intelligence artificielle ne date pas d’hier, mais d’il y a une quinzaine d’années», souligne le directeur de la CSSF d’emblée, pour mieux décrire le chemin parcouru et une situation où des technologies différentes se superposent, s’additionnent et se remplacent, créent de nouveaux marchés, dans une compétition que le régulateur doit avoir à l’œil.

«Tout le monde ne doit pas forcément être régulé», dit-il. «Mais certains le demandent», ce qui souligne indirectement la valeur que les entrepreneurs du numérique accordent aux positions de la CSSF. 

Ce n’est pas vraiment une surprise. Deux éléments différencient les acteurs traditionnels du secteur bancaire et les fintech: la confiance et la base client. En voulant gagner en confiance, les fintech trouvent dans la supervision un argument rassurant.

De nouveaux risques arrivent

M. Marx souligne aussi l’arrivée de «nouveaux risques à prendre en compte, comme le cloud computing et ses différents types de cloud, l’intelligence artificielle et le machine learning ou encore la blockchain. La CSSF publiera des lignes de conduite en fin d’année.»

Au-delà de la stratégie «CSSF 4.0», destinée à améliorer les processus internes, à optimiser les engagements externes comme avec le SnT, l’approche basée sur le risque ou la transparence des marchés, le directeur du régulateur financier souligne aussi deux autres missions, pour lesquelles il est très actif.

L’éducation, une priorité concrète

La premier mission correspond à la finance soutenable, qui devrait, à terme, signifier une réorientation de la manière dont les banques financent certaines activités privées et le besoin d’actions et d’investissements pour répondre à l’urgence climatique.

La seconde est l’éducation financière. Il s’agit de développer la compréhension et l’autonomie financière, que ce soit à l’école ou pour les retraités, afin de lutter contre le surendettement ou préparer les pensions privées du futur.

La transition sera longue et difficile, et des emplois seront probablement perdus au début. Mais c’est un voyage fantastique qui me laisse optimiste devant votre énergie.

Claude Marx,  directeur,  Commission de surveillance du secteur financier

Concrètement, la CSSF a ainsi participé à la création de SimplyFI, un portail et une application de gestion de compte bancaire, mais aussi une application pour que les plus jeunes gèrent mieux leur argent de poche ou encore un chatbot sur Facebook Messenger.

«La transition sera longue et difficile, et des emplois seront probablement perdus au début», conclut-il. «Mais c’est un voyage fantastique qui me laisse optimiste devant votre énergie.»