COMMUNAUTÉS & EXPERTISES
MANAGEMENT

Rachel Gaessler (Project manager, Nyuko)

«Un rôle primordial dans la ‘start-up nation’»



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Rachel Gaessler (Nyuko): «À ce jour, près de 100 entrepreneurs ont été accompagnés – et certains le sont encore – par un chef d’entreprise expérimenté sur une période de 6 à 18 mois.» (Photo: Sven Becker / Archives)

Ce jeudi soir est présentée la promotion 2016 du programme BusinessMentoring de la Chambre de commerce. Rachel Gaessler, project manager chez Nyuko nous explique la valeur ajoutée de cette initiative lancée en 2010.

Madame Gaessler, quel bilan peut-on tirer des six premières années de ce programme de BusinessMentoring?

«Je considère que le bilan est très positif. À ce jour, près de 100 entrepreneurs ont été accompagnés – et certains le sont encore – par un chef d’entreprise expérimenté sur une période de 6 à 18 mois. Cela représente 97 binômes mentor/mentoré constitués.

Par rapport au tout début, en 2010, les principaux changements tiennent dans les domaines d’activité des entreprises, désormais très axées sur le numérique et les nouvelles technologies. Le profil et l’état d’esprit des ‘jeunes’ entrepreneurs ont également changé. Ils ont envie d’autonomie, de devenir leur propre patron, de s’affranchir de toute structure, de créer leur propre emploi. Et je crois que le numérique répond bien à cette demande.

Aujourd’hui, on peut créer facilement et sans investissements élevés: un ordinateur, une connexion et c’est parti! Ces jeunes savent exactement ce qu’ils veulent. Quand ils viennent me voir pour s’inscrire au programme, ils sont conscients de l’énorme plus-value que peut leur apporter un mentor expérimenté.

Malgré ce beau bilan, il reste encore beaucoup à mettre en place. Nos challenges pour les années à venir seraient – entre autres – d’étoffer davantage les compétences au sein du réseau, notamment dans les domaines de l’IT et du numérique et de favoriser plus souvent les échanges entre plusieurs mentors et mentorés, par le biais par exemple de sessions de ‘peer mentoring’, en plus du système classique de suivi de binôme.

La nature de la relation entre mentors et mentorés a-t-elle évolué entre 2010 et aujourd’hui?

«Je ne pense pas que l’essence même de la relation ait évolué au cours des années. Même si les profils des entrepreneurs sont différents, la relation en elle-même fonctionne toujours sur les mêmes bases. Elle dépend de l’alchimie entre les deux personnes concernées et repose sur des valeurs telles que le respect, la confidentialité et la confiance qui constituent la philosophie du programme.

La relation mentorale a été codifiée en quatre phases-clés: créer la confiance et définir les attentes; puis développer la relation; ensuite définir les objectifs à atteindre et les étapes pour y parvenir et, enfin, préparer la phase d’indépendance. Ce schéma a été élaboré par Kathy Kram, un professeur spécialisé en management et conduite organisationnelle à l’université de Boston, qui a fait de nombreuses recherches sur le mentorat. Celui-ci a fait ses preuves et a été largement repris dans beaucoup de programmes de mentorat.

Le taux de satisfaction des mentors et mentorés tourne autour de 85%.

Rachel Gaessler, project manager chez Nyuko

Ce qui est important, c’est que le mentoré ait atteint les objectifs personnels qu’il s’était fixés au début de sa relation avec son mentor et que la relation soit un apprentissage commun. En fait, chaque binôme est différent et vit le mentorat d’une façon unique, en y puisant ce qui lui est nécessaire pour avance. Et cela que ce soit en 2010 ou en 2016!

Si je compare les statistiques depuis le début, je constate que le taux de satisfaction des mentors et mentorés reste inchangé et tourne toujours autour de 85%. Preuve que le modèle appliqué répond bien aux besoins des entrepreneurs…

Quelle valeur ajoutée le programme BusinessMentoring peut-il apporter dans le concept de «start-up nation» que le gouvernement voudrait voir se développer au Luxembourg?

«Je pense que le BusinessMentoring s’inscrit tout à fait dans le cadre de la ‘start up nation’ et a un rôle primordial à jouer. Il est vrai que l’on assiste depuis quelques années à une accélération de la part prise par les start-up dans le tissu économique. Si on a longtemps considéré que c’étaient principalement les grandes entreprises qui faisaient vivre le pays, il est indéniable que les PME – et notamment les start-up – contribuent énormément à la dynamisation et au développement de ce tissu économique local.

Je mentionnais précédemment le fait que le programme accueille plus en plus de start-up. C’est une très bonne chose! Ce n’est pas étranger au fait que le programme est désormais hébergé chez Nyuko, mais je tiens à préciser que nous accueillons toutes les start-up.

Le programme de BusinessMentoring est donc un parfait complément aux initiatives développées par Nyuko, mais aussi par d’autres structures telles que notamment le Technoport ou encore Luxinnovation. Et c’est là où il apporte sa valeur ajoutée, puisqu’il permet d’offrir à des dirigeants de start-up un accès aisé à des mentors expérimentés.

Aussi, quand les start-up s’adressent à nous, c’est précisément parce qu’elles ne trouvent pas cet aspect-là ailleurs. Je pense que la combinaison de toutes les aides proposées aux entrepreneurs est une bonne chose et que tous les acteurs œuvrant pour le développement des start-up ont leur place dans l’écosystème luxembourgeois.»