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Luc Brucher (Deloitte)

«Il faut oser prendre des risques»



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«L’attraction de start-up innovantes est également un point crucial», estime Luc Brucher, healthcare and life sciences leader chez Deloitte. (Photo: DR)

Face à l’augmentation des maladies chroniques, Deloitte et la Fédération des hôpitaux luxembourgeois s’intéressent aux avantages de la prévention, lors de leur conférence annuelle sur le secteur de la santé. Celle-ci a lieu mercredi matin dans les locaux du Big Four. Luc Brucher, healthcare and life sciences leader chez Deloitte, revient sur les opportunités qui existent au Luxembourg dans ce domaine.

Monsieur Brucher, pourquoi avoir choisi ce thème pour votre conférence annuelle?

«De par l’évolution démographique, nous vivons de plus en plus longtemps et, a priori, nous serons de plus en plus atteints par des maladies chroniques (troubles cardio-vasculaires, diabètes, cancers… ndlr). Ces maladies affectent énormément les systèmes de santé en termes de coûts et demandent d’en repenser la gestion. Dans ce contexte, la prévention joue un rôle désormais clef. L’idée de cette conférence est donc d’analyser la situation mondiale et de faire le tour des initiatives qui se mettent en place.

Et le Luxembourg peut-il jouer un rôle dans ce domaine?

«Beaucoup d’initiatives ont été lancées dans le domaine de la prévention. En tant qu’État membre, il applique notamment toutes les recommandations définies par l’OMS et l’Europe. Mais des progrès restent à faire, notamment dans la coordination et le suivi des programmes en cours où le nombre d’acteurs peut devenir très important. Aussi, la mise en place d’une réglementation plus souple pourrait permettre une meilleure exploitation des données médicales et/ou biologiques et permettre la définition de politiques de santé publique mieux adaptées aux réels besoins de la population luxembourgeoise.

La petitesse de notre État en fait un bon laboratoire.

Luc Brucher, healthcare and life sciences leader chez Deloitte

L’utilisation des technologies de télémédecine, par exemple, pourrait facilement être introduite au Luxembourg. La petitesse de notre État en fait un bon laboratoire pour l’adoption rapide de ce type de technologie qui pourrait faciliter grandement la prise en charge des patients et en augmenter la qualité.

Plus généralement, le Luxembourg peut-il devenir un acteur important de la santé?

«En 2006, le gouvernement a lancé une stratégie de diversification de son économie avec, entre autres, un focus important sur les technologies de la santé autour du thème fédérateur de la médecine personnalisée. Un investissement important a été fait par le gouvernement pour se doter d’une infrastructure de recherche publique de haut niveau, avec l’idée de devenir un hub européen en biomédecine. Des progrès restent à faire, mais nous sommes sur le bon chemin. Je pense qu’il est important de revoir la stratégie du gouvernement afin de repositionner nos actions et nos efforts.

Le crédit-impôt recherche pourrait être un outil de financement attractif.

Luc Brucher, healthcare and life sciences leader chez Deloitte

Le développement du eHealth pourrait être une opportunité intéressante pour le Luxembourg. Nous pourrions notamment bénéficier de l’infrastructure informatique, déjà disponible et héritée de notre longue expérience du secteur financier. L’attraction de start-up innovantes est également un point crucial. Mais pour cela, il faut mettre en place des outils de financement attractifs. Le crédit-impôt recherche pourrait être une option. Le Luxembourg a toutes les cartes en main, il faut aujourd’hui oser prendre des risques.»