LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Sorties

Biennale de Venise

Que voir à Venise lors de la Biennale d’art?



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Sélection d’expositions à voir pendant la 58e Biennale d’art de Venise. (Photo: Paperjam)

La 58e Biennale d’art de Venise se tient jusqu’au 24 novembre. En plus du pavillon luxembourgeois où expose Marco Godinho avec «Written by Water» et de l’exposition internationale «May You Live In Interesting Times» à l’Arsenale et dans les Giardini, Paperjam.lu a repéré plusieurs expositions à ne surtout pas rater.

Pour qui se rend à la Biennale d’art de Venise, il y a une offre immense d’expositions à découvrir. En plus de l’exposition principale «May You Live In Interesting Times», dont le commissaire est Ralph Rugoff, il y a les 90 pavillons nationaux, ainsi que plusieurs expositions présentées ailleurs dans Venise. Sans avoir pu tout voir lors de notre séjour vénitien, Paperjam.lu a repéré quelques expositions qui valent la peine de prendre son temps pour les découvrir.

Le pavillon lituanien, «Sun & Sea (Marina)»

Récompensé par le Lion d’or pour la meilleure participation nationale, «Sun & Sea (Marina)» de Lina Lapelyte, Vaiva Grainyte et Rugile Barzdziukaite est un «opera-performance» dénonçant le dérèglement climatique en mettant en scène à la fois des comédiens professionnels et des volontaires sur une plage artificielle observée par les visiteurs depuis la mezzanine de la Marina militare.

Tour à tour, les protagonistes entament un chant portant sur des préoccupations aussi légères que les risques de coup de soleil ou les projets des prochaines vacances, aux craintes persistantes de catastrophes environnementales, mais tout en restant lascivement couchés.

Ces micro-histoires viennent briser ce tableau vivant où l’œil est attiré par la mosaïque de serviettes de bains colorées, une symphonie globale pour des problèmes à l’échelle planétaire, incarnés par des corps fatigués, à l’image de la Terre.

Commissaire: Lucia Pietroiusti. Magazzino No. 42, Marina militare, Arsenale di Venezia, Fondamenta Case Nuove 2738c. Jusqu’au 24 novembre.

Vue de l'exposition «Sun & Sea (Marina)» Andrej Vasilenko

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Vue de l'exposition «Sun & Sea (Marina)» Andrej Vasilenko

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Vue de l'exposition «Sun & Sea (Marina)» Andrej Vasilenko

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Lina Lapelyte, Rugile Barzdziukaite, Vaiva Grinyte Andrej Vasilenko

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Vue de l'exposition «Sun & Sea (Marina)» Andrej Vasilenko

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Le pavillon français, «Deep See Blue Surrounding You»

Le pavillon mené par l’artiste Laure Prouvost a beaucoup fait parler de lui pendant les journées presse de la Biennale et été nommé comme favori pour le Lion d’or. Si le pavillon n’a finalement pas reçu de récompense, il n’en reste pas moins un des meilleurs pavillons présentés cette année. Laure Prouvost a choisi d’articuler son exposition autour de la notion de génération et d’identité, de l’idée de la déconnexion, de l’incompréhension et du décalage, notamment au travers des éléments de langage, et finalement du voyage, une échappée vers un ailleurs idéal.

L’exposition se dessine telle une invitation à se fondre au sein d’un univers liquide et tentaculaire parmi les différentes réalités dévoilées et partagées qui s’y entremêlent. Après avoir contourné le pavillon, le visiteur entre par la cave pour émerger dans un espace au sol en verre bleu-vert recouvert d’objets divers, tels des détritus, des branchages, des mégots, des carcasses de vieux téléphones portables, de vieilles baskets. Le tout est figé et acquiert une certaine préciosité à y regarder de plus près puisque réalisé en verre de Murano.

Une liquidité devenue solide. Puis on pénètre dans la salle de projection où on s’enfonce dans une moquette molle. On est captivé par la vidéo au rythme effréné et à la bande-son parfaitement maîtrisée, une ode à la jeunesse, aux vivants, des quartiers défavorisés de son Nord natal jusqu’au pavillon français dans les Giardini. Se mêlent ici la pieuvre dont les cerveaux sont dans les tentacules, le Palais du facteur Cheval, les Tours Nuages de Nanterre, la magie, un air de flûte…

Autour de la salle de projection, se trouvent deux salles dans lesquelles on retrouve des objets vus dans le film, une immense tapisserie, une fontaine avec des poissons en verre soufflé, la colombe du magicien. Un univers libre et insolent, d’une sensibilité exacerbée qui donne à réfléchir. «Un voyage vers notre inconscient. À l’aide de nos cerveaux situés dans nos tentacules, nous creuserons des tunnels vers le passé et le futur en direction de Venise. Suivons la lumière», déclare Laure Prouvost.

Commissariat: Martha Kirszenbaum. Dans les Giardini, jusqu’au 24 novembre.

Vue de «Deep See Blue Surrounding You»  (Photo: Paperjam)

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Vue de «Deep See Blue Surrounding You» (Photo: Paperjam)

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Vue de «Deep See Blue Surrounding You» (Photo: Paperjam)

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Vue de «Deep See Blue Surrounding You» (Photo: Paperjam)

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Vue de «Deep See Blue Surrounding You» (Photo: Paperjam)

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Laure Prouvost, Deep See Blue Surrounding You / Vois Ce Bleu Profond Te Fondre, Pavillon français à la 58e Biennale d’art de Venise, 2019. (Photo: Giacomo Cosua)

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Laure Prouvost, Deep See Blue Surrounding You / Vois Ce Bleu Profond Te Fondre, Pavillon français à la 58e Biennale d’art de Venise, 2019. (Photo: Giacomo Cosua)

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Laure Prouvost, Deep See Blue Surrounding You / Vois Ce Bleu Profond Te Fondre, Pavillon français à la 58e Biennale d’art de Venise, 2019. (Photo: Giacomo Cosua)

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Laure Prouvost, Deep See Blue Surrounding You / Vois Ce Bleu Profond Te Fondre, Pavillon français à la 58e Biennale d’art de Venise, 2019. (Photo: Giacomo Cosua)

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Laure Prouvost, Deep See Blue Surrounding You / Vois Ce Bleu Profond Te Fondre, Pavillon français à la 58e Biennale d’art de Venise, 2019. (Photo: Giacomo Cosua)

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Laure Prouvost, Deep See Blue Surrounding You / Vois Ce Bleu Profond Te Fondre, Pavillon français à la 58e Biennale d’art de Venise, 2019. (Photo: Giacomo Cosua)

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Laure Prouvost, Deep See Blue Surrounding You / Vois Ce Bleu Profond Te Fondre, Pavillon français à la 58e Biennale d’art de Venise, 2019. (Photo: Giacomo Cosua)

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Laure Prouvost, Deep See Blue Surrounding You / Vois Ce Bleu Profond Te Fondre, Pavillon français à la 58e Biennale d’art de Venise, 2019. (Photo: Giacomo Cosua)

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Le pavillon belge, «Mondo Cane»

Ce pavillon polarise: on adore ou on déteste. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé lors de la remise des prix pendant laquelle le pavillon a reçu une mention spéciale pour la participation nationale: les artistes se sont fait à la fois huer et applaudir.

«Mondo Cane» des artistes Harald Thys et Jos de Gruyter est une exposition mettant en scène des poupées blêmes et peureuses, animées mais mutiques, qui dressent le constat d’une société repliée sur elle-même, où la tradition est érigée en valeur refuge. Un musée folklorique où deux univers cohabitent sans se fréquenter: au centre, des poupées représentant des artisans dans l’exercice de leur fonction, dans les niches latérales, derrière des barreaux, on trouve des zombies, des voyous, des psychotiques.

Le guide du visiteur présente chacun des personnages, dont les mouvements sont activés par la présence des spectateurs. Une exposition à l’univers référencé et au langage singulier dont la lecture critique dégage un humour corrosif.

Commissaire: Anne-Claire Schmitz. Dans les Giardini, jusqu’au 24 novembre.

Vue de l'exposition «Mondo Cane» (Photo: Paperjam)

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Vue de l'exposition «Mondo Cane» (Photo: Paperjam)

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Le pavillon des États-Unis, «Liberty/Libertà»

Martin Puryear a été choisi pour représenter les États-Unis à la Biennale de Venise. Il y présente une sélection de sculptures grand format, parfaitement maîtrisées, ayant toutes un lien avec la notion de liberté et les complexités inhérentes qui s’en dégagent. Commissaire: Brooke Kamin Rapaport. Dans les Giardini, jusqu’au 24 novembre.

Vue de l'exposition «Liberty» (Photo: Paperjam.lu)

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Vue de l'exposition «Liberty» (Photo: Paperjam.lu)

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Vue de l'exposition «Liberty» (Photo: Paperjam.lu)

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Vue de l'exposition «Liberty» (Photo: Paperjam.lu)

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Vue de l'exposition «Liberty» (Photo: Paperjam.lu)

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Vue de l'exposition «Liberty» (Photo: Paperjam.lu)

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Le pavillon australien, «Assembly»

Trois écrans sont installés en cercle et se répondent les uns les autres autour d’une agora dans laquelle les visiteurs s’installent pour découvrir «Assembly». Cette installation de l’artiste Angelica Mesiti explore les possibilités de la communication qui passe par l’interprétation et le langage non-verbal, la polyphonie, la dissonance, la cacophonie et la recherche ultime d’harmonie. À travers la traduction, elle attire l’attention sur les nuances de l’écoute, et le rôle que cela peut avoir dans les mouvements protestataires.

Commissaire: Juliana Engberg. Dans les Giardini, jusqu’au 24 novembre.

Angelica Mesiti, Assembly, 2019 (production still) three-channel video installation in architectural amphitheater. HD video projections, colour, six-channel mono sound, 25 min, dimensions variable. (Photo: Bonnie Elliott)

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Angelica Mesiti, Assembly, 2019 (production still) three-channel video installation in architectural amphitheater. HD video projections, colour, six-channel mono sound, 25 min, dimensions variable. (Photo: Bonnie Elliott)

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Angelica Mesiti, Assembly, 2019 (production still) three-channel video installation in architectural amphitheater. HD video projections, colour, six-channel mono sound, 25 min, dimensions variable. (Photo: Bonnie Elliott)

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Angelica Mesiti, Assembly, 2019 (production still) three-channel video installation in architectural amphitheater. HD video projections, colour, six-channel mono sound, 25 min, dimensions variable. (Photo: Josh Raymond)

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Angelica Mesiti, Assembly, 2019 (production still) three-channel video installation in architectural amphitheater. HD video projections, colour, six-channel mono sound, 25 min, dimensions variable. (Photo: Josh Raymond)

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Angelica Mesiti, Assembly, 2019 (production still) three-channel video installation in architectural amphitheater. HD video projections, colour, six-channel mono sound, 25 min, dimensions variable. (Photo: Josh Raymon)

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Le pavillon suisse, «Moving Backwards»

Le duo Pauline Boudry et Renate Lorenz présente l’installation vidéo «Moving Backwards» qui fait écho à la situation politique actuelle, animée par ses forces régressives et réactionnaires de fermeture envers l’autre et tout ce qui peut être différent. Sur un écran géant, des danseurs réalisent des performances dansées «en arrière», où les représentations sont remises en question, les genres questionnés, dans un univers proche d’une boîte de nuit. L’installation est complétée par un journal qui est distribué à la sortie avec des textes issus des domaines de la philosophie, de l’art, de l’activisme politique, des théories post-coloniales et queer.

Commissaire: Charlotte Laubard. Dans les Giardini, jusqu’au 24 novembre.

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Vue du pavillon suisse «Moving Backwards» (Photo: Paperjam)

Jannis Kounellis à la Fondation Prada

Cette rétrospective majeure depuis la mort de Jannis Kounellis en 2017 est curatée par Germano Celant. Plus de 60 œuvres de 1959 à 2015 sont rassemblées ici et proposent une vision complète et précise de ce travail d’une immense intelligence. Une de ces expositions qui nourrissent pleinement et durablement les amateurs d’art.

Fondation Prada, Ca’Corner della Regina, jusqu’au 24 novembre

Vue de l’exposition de Jannis Kounellis à la Fondation Prada. (Photo: Paperjam)

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Vue de l’exposition de Jannis Kounellis à la Fondation Prada. (Photo: Paperjam)

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Vue de l’exposition de Jannis Kounellis à la Fondation Prada. (Photo: Paperjam)

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Vue de l’exposition de Jannis Kounellis à la Fondation Prada. (Photo: Paperjam)

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Vue de l’exposition de Jannis Kounellis à la Fondation Prada. (Photo: Paperjam)

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Vue de l’exposition de Jannis Kounellis à la Fondation Prada. (Photo: Paperjam)

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Vue de l’exposition de Jannis Kounellis à la Fondation Prada. (Photo: Paperjam)

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