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Traitement

Que deviennent les déchets nucléaires?



L’ONG évalue à 250.000 tonnes le stock mondial de combustibles usés hautement radioactifs à traiter ou à enfouir. (Photo: AdobeStock / vchalup)

L’ONG évalue à 250.000 tonnes le stock mondial de combustibles usés hautement radioactifs à traiter ou à enfouir. (Photo: AdobeStock / vchalup)

La filière nucléaire est de plus en plus contestée. La faute aux risques d’accident, mais aussi aux incertitudes qui pèsent sur le traitement des déchets issus de la filière.

Selon un rapport publié par Greenpeace au début de l’année, nous sommes à l’aube d’une «saturation mondiale des déchets nucléaires». L’ONG évalue à 250.000 tonnes le stock mondial de combustibles usés hautement radioactifs à traiter ou à enfouir. Il faut y ajouter les enjeux posés par l’arrêt programmé de plus de 200 réacteurs dans le monde, dont 150 en Europe, à l’horizon 2030.

Des installations hautement contaminées qu’il s’agira de démanteler en toute sécurité. Le marché européen des déchets radioactifs représente à lui seul 74% du total et pèse plus de 80 milliards de dollars (sans prendre en considération les déchets issus d’autres filières, comme les médicales).

Creuser des cimetières nucléaires

On classe les déchets nucléaires en deux catégories. Les déchets à vie courte, qui perdent la moitié de leur radioactivité tous les 30 ans, représentent 90% du stock mondial, mais à peine 0,1% de la radioactivité. A contrario, les déchets à vie longue, principalement les résidus des combustibles nucléaires utilisés dans les centrales électriques, ne pèsent que 10% en volume, mais représentent 99,9% de la radioactivité totale.

Les déchets à vie courte sont conditionnés et stockés dans des centres spécialisés. Certains pays ont d’ores et déjà mis en place des filières de retraitement. La gestion des déchets à vie longue et à haute activité s’avère bien plus problématique. Il faut en effet imaginer des solutions pour les confiner durant des milliers d’années – jusqu’à 100.000 ans! –, le temps que le niveau de radioactivité cesse d’être dangereux pour l’Homme.

Le traitement consiste à vitrifier les déchets, puis à les déposer dans un site de stockage géologique préservé des risques naturels (submersion, tremblements de terre, etc.) et des fuites. Le principal obstacle, une fois les sites identifiés, consiste à convaincre les populations que vivre à proximité de ces cimetières nucléaires est sans danger.