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Big Four

PwC fédère autour des crypto-actifs



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L'évolution des crypto-actifs rend incontournable leur considération par les acteurs des services et du secteur financier. (Photo: Shutterstock)

Le Big Four a décidé de placer les crypto-actifs parmi ses priorités. Le signe d’une maturation des nouvelles valeurs et de leurs canaux d’échange. Et surtout d’opportunités économiques pour le Luxembourg.

Cet article est paru dans l’édition d’avril 2019 de  Paperjam .

Celui qui est capable de prédire le futur de la blockchain et des cryptomonnaies est devin. Mais il faudra compter avec le protocole informatique basé sur la décentralisation et les nouvelles formes de monnaies dites «virtuelles».

«2017 a été marquée par le décollage des cryptomonnaies, c’était une très belle année. 2018 a marqué en quelque sorte un retour à la réalité », observe Jean-Michel Pailhon, VP corporate development & strategy chez Ledger.

Il représentera la jeune société – qui compte pourtant parmi les références dans la sécurité entourant les crypto-actifs – lors d’une conférence organisée par PwC Luxembourg ce mardi 2 avril. La croissance de l’activité de Ledger se reflète dans les ventes: plus d’un million et demi de son hardware wallet Ledger Nano S, une sorte de porte-clés virtuel pour ouvrir les portes de la blockchain, a été vendu.

«Le management de ces clés est essentiel, ajoute Jean-Michel Pailhon. Nous ne parlons pas encore de chiffres égaux aux ventes d’un nouveau modèle de smartphone, mais pour une entreprise née en 2014, c’est déjà significatif.»

Notre vision repose sur l’échange de monnaies et de valeurs avec le moins de frictions possible.

Marjan Delatinne,  Global head of banking,  Ripple

Ledger vise aussi les institutions financières en leur proposant de conserver leurs clés privées tout en mettant en place une gouvernance de transactions collant avec les exigences du secteur bancaire «traditionnel». Un secteur que Ripple, également présent à cette conférence, disrupte aussi. Son réseau, RippleNet, met en relation différents organismes bancaires ou de paiements pour assurer des transactions plus rapides.

«Notre vision repose sur l’échange de monnaies et de valeurs avec le moins de frictions possible, déclare Marjan Delatinne, global head of banking chez Ripple. La blockchain permet de prévalider les données et l’identité des émetteurs et récepteurs de la trans­action.» La demande des utilisateurs finaux joue aussi en faveur de la société née en 2012.

«La demande provient tant des banques qui veulent se différencier en proposant une autre expérience à leurs clients que des clients eux-mêmes, ajoute Marjan Delatinne. Il nous a fallu deux ans pour avoir nos 100 premiers clients (institutionnels, ndlr) et seulement un an pour atteindre les 200.»

Le Grand-Duché se tient prêt et sait être réactif, comme le dé­montre le récent vote du projet de loi 7363.

Michael Delano,  Associé et block­chain & crypto-assets leader,  PwC Luxem­bourg

Après que Malte, Gibraltar et plus récemment la France ont ouvert la voie, le Luxembourg doit aussi se positionner. «L’orga­nisation de cet événement est en effet l’occasion pour nous de positionner le Luxembourg comme une Place forte des crypto-actifs, déclare Michael Delano, block­chain & crypto-assets leader et associé de PwC Luxem­bourg. Le Grand-Duché se tient prêt et sait être réactif, comme le dé­montre le récent vote du projet de loi 7363.»

Il a créé un cadre juridique sécurisé pour recourir à la blockchain lors de l’achat ou de la vente de parts d’OPCVM auprès d’un agent de transfert. Les transactions effectuées via la block­chain seront ainsi considérées comme des virements entre comptes-titres.

«Depuis quelques mois, les États s’emparent du sujet, car ils sont conscients que la numé­risation change de manière irréversible et définitive les usages et les pratiques économiques», déclare Cyril Lamorlette, PSF leader et associé de PwC Luxem­bourg.

Reste au Luxem­bourg a être, sinon un leader dans tous les segments, du moins un des «fast followers».