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Des policiers belges vont apprendre le luxembourgeois



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Le commissaire divisionnaire arlonais Michaël Collini a exposé son idée au ministre de l’Intérieur Pieter De Crem. (Photo: La Meuse Luxembourg)

Certains policiers de la zone de police Arlon, qui couvre les communes belges d’Arlon, Habay, Martelange et Attert, vont reprendre la direction des salles de cours. Pour y apprendre les bases de la langue luxembourgeoise.

L’idée du commissaire divisionnaire de la zone de police Arlon, Michaël Collini, a déjà été saluée par le ministre belge de l’Intérieur Pieter De Crem, en visite récemment à Attert. Le chef de corps souhaite en effet que, tout prochainement, ses policiers, sur la base du volontariat, suivent des cours de langue luxembourgeoise.

Soigner la communication

Une drôle d’idée? Pas du tout, soulignent nos confrères de La Meuse Luxembourg. Il semble en effet important aux yeux de Michaël Collini que la communication soit la meilleure possible. Car sa zone de police est mitoyenne du Luxembourg, évidemment. Mais aussi car elle dispose d’une unité d’appui spécialisée qui est engagée dans un appui mutuel avec son homologue luxembourgeoise.

De plus, relève encore La Meuse Luxembourg, les policiers belges sont parfois amenés à contrôler des luxembourgophones. «Il y a dans la région des habitants d’expression luxembourgeoise. D’ailleurs, la langue luxembourgeoise est reconnue comme langue endogène au niveau de la Région wallonne, essentiellement sur le territoire de la zone de police et plus particulièrement sur la commune d’Attert», expose Michaël Collini.

Enfin, l’apprentissage du luxembourgeois pourrait être source d’intégration pour des policiers de la zone qui n’en sont pas toujours originaires. Et inciter ceux-ci à y rester plutôt qu’à demander, comme cela arrive souvent, une mutation dans leur région d’origine. Le revers de la médaille? Que la langue luxembourgeoise leur donne l’envie de passer la frontière pour y travailler. Michaël Collini constate en effet que «le Luxembourg attire pas mal d’aspirants policiers de chez nous».

L’appel d’offres pour trouver un professeur est en cours. Toujours attentif, le bourgmestre d’Attert Josy Arens a demandé au ministre si les futurs policiers bilingues auraient droit à la même prime que ceux qui parlent le néerlandais. Là, Pieter De Crem a botté en touche.