POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Communication culturelle

Nouvelle identité graphique pour le Casino



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La nouvelle identité graphique du Casino Luxembourg est réalisée par Bunker Palace. (Photo: Casino Luxembourg)

Le Casino Luxembourg a décidé de renouveler son identité graphique, qui datait de la création de l’institution. C’est Bunker Palace qui a relevé le défi de créer le nouveau visage du centre d’art.

En 2016, le Casino Luxembourg fêtait ses 20 ans. À cette occasion, les espaces du rez-de-chaussée du centre d’art ont été réaménagés par Kaell Architecte, et les salles d’exposition au premier étage, transformées. «Le projet de changer d’identité visuelle a commencé à germer pendant cette transformation», explique Kevin Muhlen, directeur du Casino Luxembourg. «Cette transformation a été l’occasion de réfléchir à l’utilisation de nos espaces, à notre rôle. Mais avant de changer notre identité graphique, nous voulions prendre possession des nouvelles salles, que l’équipe puisse travailler sereinement avec le nouveau rythme de travail et la nouvelle configuration d’équipe avant d’introduire encore un autre changement.»

2019 s’est donc avéré être le bon moment pour le Casino Luxembourg pour se pencher sur une nouvelle charte graphique. Il faut souligner que la précédente identité visuelle datait de la création du centre d’art, en 1996, et était très fortement liée à l’espace muséographique et à son principe de «box in the box», qui a aujourd’hui complètement disparu. Le Casino Luxembourg a alors organisé un concours sur invitation passée à quatre bureaux. C’est l’agence Bunker Palace qui a su convaincre le jury de sélection, et qui signe donc le nouveau visage graphique de l’institution culturelle.

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Le nouveau logo du Casino Luxembourg, qui ne stipule plus la mention «Forum d’art contemporain». (Photo: Casino Luxembourg)

Être plus visible

L’objectif de cette nouvelle identité est de se remettre dans l’air du temps, que ce nouvel outil puisse être utilisé encore de nombreuses années, sans pour autant effacer le passé. «Nous voulions aussi que ce changement apporte une nouvelle dynamique, une nouvelle présence au Casino Luxembourg, que nous souhaitons plus visible. Jusqu’à présent, l’identité visuelle était très discrète, plutôt au second plan, pour laisser le devant de la scène aux artistes», explique Kevin Muhlen.

«Nous voulons que cette nouvelle identité graphique soit le reflet de ce que nous sommes, à savoir un lieu ouvert, dynamique et adaptable aux projets qu’il accueille.» Les modifications s’appliquent à l’ensemble des supports du centre d’art, qu’ils soient print ou digitaux, ainsi qu’à la signalétique intérieure et extérieure.

Bien plus qu’un simple nouveau logo

Un cahier des charges avait été écrit par le Casino, et les agences sont venues défendre leur projet à l’occasion d’une présentation orale. «Les propositions reçues étaient très différentes les unes des autres, et nous ont donné l’occasion de mener de nombreuses discussions sur notre communication et de notre présence dans l’espace public. Mais la proposition de Bunker Palace a finalement retenu tout notre intérêt», détaille Kevin Muhlen. «Il s’agit d’un projet qui va bien au-delà de la simple création d’un nouveau logo», explique Thomas Tomschak, directeur de Bunker Palace. «Le Casino est un lieu d’exposition et ouvert aux projets d’artistes. Il ne s’agit pas d’un lieu de conservation comme peut l’être un musée. C’est donc un lieu qui permet l’émancipation, la création, l’expérimentation. Nous avons voulu faire ressortir ces caractéristiques dans la nouvelle proposition visuelle.»

Cette dernière est à la fois simple, mais forte dans son expression. Elle se base sur le principe de texte encadré, des «boxes» qui s’ouvrent et se referment en fonction de la taille du texte ou de l’image qu’elles doivent accueillir. La répétition de ces encadrés crée une dynamique, calme quand il y en a peu, plus nerveuse quand elle est multipliée. La couleur dominante est déterminée en fonction de la couleur du visuel choisi. 

L’affiche de la prochaine exposition montre une possibilité de la déclinaison de l’identité visuelle. (Photo: Casino Luxembourg)

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Pour les expositions de la Black Box, les fonds seront toujours noirs. (Photo: Casino Luxembourg)

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Pour le cycle de conférences «Penser l’écran», l’identité visuelle a été déclinée en une variation autour d’un même thème. (Photo: Casino Luxembourg)

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Une mise en œuvre évolutive

Pour la partie administrative, les éléments sont plus calmes: le logo (directement lisible), des aplats de couleur (rouge orangé, vert, bleu, blanc), l’utilisation d’une seule et même typographie. «Le caractère institutionnel est souligné, mais l’identité visuelle est clairement inscrite dans le 21e siècle», explique Lionel Demarville, directeur artistique qui a piloté ce projet chez Bunker Palace.

Pour les documents liés aux expositions, l’expérimentation reste possible, l’identité graphique pouvant être modulée pour chaque projet. «C’est une identité plus vivante, qui vibre, qui montre qu’il se passe des choses à l’intérieur de nos murs», justifie Kevin Muhlen.

Le logo, quant à lui, joue du contraste noir et blanc. Il se compose d’une juxtaposition de trois cases: une qui encadre le mot «Casino»; une qui encadre le mot «Luxembourg»; et une dernière, placée entre les deux autres, qui est à géométrie variable pour accueillir un autre élément. «Ce sont les visuels des artistes qui apportent la vie et la couleur. Ce n’est en fait que le reflet de l’activité du Casino: il s’agit d’un bâtiment, sobre, qui est une machine au service des artistes. Ce sont eux qui animent le lieu, le font vivre», souligne Thomas Tomschak.

Entre art et graphisme

«La proposition de Bunker Palace est un juste équilibre entre l’art et le graphisme. Elle met en avant les artistes, mais ne cache pas pour autant l’identité de l’institution. Elle permet d’affirmer de manière plus forte l’identité du lieu, tout en respectant le travail artistique», éclaire Nadine Clemens, responsable du service Communication et Presse au Casino. «Il s’agit d’une nouvelle identité corporate, mais qui n’agit pas comme un coup de poing. Elle garde une sensibilité à l’art contemporain», ajoute Kalonji Tshinza, son collègue. Une identité graphique avec un fort potentiel de déclinaison qui devrait permettre au centre d’art de travailler pendant de nombreuses années avec cet outil.