POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Trois questions à Catia Fernandes

«Nous allons dépasser les 185 signataires de la Charte»



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Coordinatrice de la Charte de la diversité Lëtzebuerg chez IMS Luxembourg. (Photo: Focalize pour IMS Luxembourg)

Ce jeudi se tiendra la neuvième session de signatures officielles de la Charte de la diversité Lëtzebuerg, organisée par IMS, en présence de la ministre Corinne Cahen. L’occasion pour Paperjam de revenir sur l’intérêt d’une telle charte, avec Catia Fernandes, porteuse du projet chez IMS. 

Quels sont les retours tangibles de la Charte sur le terrain?

Catia Fernandes.- «Depuis son lancement en 2012, la Charte de la diversité Lëtzebuerg a permis aux organisations signataires de s’engager en faveur d’une gestion proactive de la diversité. Pour ce faire, la Charte a développé un cadre méthodologique leur permettant de structurer leur démarche de gestion de la diversité, et ainsi d’agir concrètement au quotidien.

Notre dernier baromètre ‘ Diversité et Entreprise ’ publié en 2018 nous a permis de constater que 66% des signataires ont créé un cadre de travail pour établir un plan d’action diversité. Parmi les signataires les plus anciens (ayant signé la Charte avant 2015), 56% sont dans une démarche d’évaluation des progrès et de communication, alors que 51% des signataires plus récents fixent des objectifs.

En termes d’actions concrètes mises en place, 82% de nos signataires travaillent sur l’équilibre vie professionnelle/vie privée, et 57% ont adopté le télétravail, notamment.

Quels sont les objectifs mesurables?  Le nombre de signataires?

«Avec la vingtaine d’organisations qui signeront ce jeudi, nous devrions dépasser les 185 signataires. Chaque année, des dirigeants d’entreprise font le choix de signer la Charte et de s’engager ainsi publiquement en faveur de la gestion et promotion de la diversité. Cette signature marque le début d’un véritable mouvement de fond qui s’inscrit sur le moyen et long terme.

En effet, les signataires de la Charte de la diversité Lëtzebuerg ont deux engagements principaux. Ils doivent d’abord rendre compte de leurs pratiques en les publiant sur notre plate-forme www.chartediversité.lu . À ce jour, nous en comptabilisons plus de 300, qui peuvent être consultées par tout le monde – n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil pour vous inspirer. Ils sont également tenus de compléter un questionnaire permettant la réalisation d’un baromètre qui analyse les tendances sur le terrain.

Les entreprises sont volontaires, et bon nombre de pratiques mises en ligne sur notre site sont répliquées et deviennent des démarches intégrées dans de nombreuses autres structures.
Catia Fernandes

Catia Fernandes,  coordinatrice de la Charte de la diversité Lëtzebuerg,  IMS Luxembourg

Nous ne leur imposons pas d’objectifs spécifiques, car chaque organisation doit identifier ses priorités et fixer ses objectifs en fonction du contexte dans lequel elle évolue. En revanche, la Charte, et sa signature, s’inscrit dans un principe d’amélioration continue. Les entreprises sont volontaires, et bon nombre de pratiques mises en ligne sur notre site sont répliquées et deviennent des démarches intégrées dans de nombreuses autres structures.

D’ailleurs, le réseau autour de la Charte de la diversité Lëtzebuerg encourage notamment les signataires à s’inspirer les uns des autres et à répliquer les pratiques qui marchent en organisant des Diversity Network, rendez-vous dédiés aux signataires et la présentation de leurs pratiques, ou en envoyant une newsletter dédiée aux bonnes pratiques.

C’est l’intégration et la normalisation de ces pratiques qui témoignent des progrès réalisés par les signataires. Par exemple, en ce qui concerne le recrutement, nous avons pu constater qu’une majorité des signataires ont implémenté des descriptifs de poste basés sur les compétences. D’autres créent des partenariats avec des structures pour l’emploi dédiées au public discriminé.

En tout et pour tout, elles sont 65% à constater des améliorations de l’image et de la réputation de l’entreprise, ainsi que des comportements plus respectueux entre les personnes.

Comment la gestion de la diversité peut-elle contribuer aux objectifs de développement durable?

«Notre monde est en mutation permanente. Les entreprises en ont bien conscience et savent qu’elles doivent se repositionner et innover pour prospérer. La diversité s’inscrit comme un axe stratégique essentiel pour aborder les questions liées au développement durable: pour lutter contre le réchauffement climatique, par exemple, l’entreprise va avoir besoin de recourir à de nouvelles compétences, et donc à un pool de talents différents.

En effet, ce n’est qu’en diversifiant les expériences et les profils (en âge, genre, culture, etc.) des collaborateurs et en permettant à chaque individu de s’épanouir que l’innovation viendra. Des équipes diversifiées seront plus à même de trouver des solutions ingénieuses que des groupes de personnes – même brillantes – qui pensent de la même manière.»