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Structuration

VW dans une tourmente à 5,8 milliards



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VW a publié des résultats trimestriels en hausse, dans un contexte délicat pour la marque. (Photo: Licence CC)

Le constructeur allemand est sous les feux des critiques pour avoir optimisé sa facture fiscale via des structures luxembourgeoises. Sur un autre plan, VW a implanté au Luxembourg une structure dédiée aux solutions d’e-paiements.

Voilà de nouvelles révélations dont Volkswagen se serait bien passé, tant le risque de réputation est crucial pour les marques. Après le dieselgate — des tests d’émissions de particules polluantes truqués — , voici VW empêtré dans une «affaire» où les notions de légalité et de moralité apparaissent au premier plan. 

Une enquête menée par le réseau European Investigative Collaborations (EIC), dont font partie plusieurs rédactions européennes, a relayé depuis vendredi des informations concernant les montages qui ont permis à Volkswagen de loger au Luxembourg quelque 5,8 milliards d’euros entre 2014 et 2016 et de ne payer que 1,7 million d’euros.

Or, en 2013, Hans Dieter Pötsch, directeur financier à l’époque, démentait tout recours à des montages fiscaux pour échapper à l’impôt.

Entre Luxembourg et les Pays-Bas

La réalité de ces opérations — légales — est donc tout autre, selon nos confrères. La pierre angulaire du groupe est Volkswagen Finance Luxemburg (VFL), une holding créée en 2012 et qui a fusionné en 2014 avec la société de droit néerlandaise Global VW Automotive BV. 

L’histoire de VFL remonte en effet aux Pays-Bas. Selon le site du groupe, Volkswagen International Finance NV (basée à Amsterdam) a été établie en 1977 et est désormais une filiale de Volkswagen Finance Luxemburg SA. La structure néerlandaise emploie une quinzaine de personnes, selon Bloomberg, cinq pour la structure luxembourgeoise.

«L’objet principal de la société est le financement et la prise de participation des sociétés appartenant au groupe Volkswagen AG», indique le site du groupe au sujet de Volkswagen International Finance.

Les médias à l’origine des révélations précisent que Volkswagen Finance Luxemburg (VFL) a accueilli à partir de 2014 la majorité des actifs non allemands de Volkswagen, soit 26 sociétés, dont une quinzaine de filiales nationales (France, Japon, Australie, Pologne, Irlande, notamment). Elle détient aussi la propriété de plusieurs constructeurs contrôlés par le groupe, comme le Tchèque Škoda et l’Espagnol Seat.

Les auteurs de cette enquête précisent que VFL possède 14,8 milliards d’euros d’actifs. Les dividendes des filiales nationales sont en effet versés vers VFL, où ils ne sont pas imposés.

Des révélations publiées alors que VW annonçait vendredi ses résultats pour les neuf premiers mois de l’année, en hausse malgré les secousses du dieselgate, qui entraînent le besoin pour le constructeur de se repositionner. En investissant notamment dans l’électrique.

Le bénéfice d’exploitation pour le 3e trimestre de cette année a augmenté de 15% à 4,31 milliards d’euros, contre 3,75 milliards un an auparavant.

Une structure pour la «révolution digitale»

Sur un autre plan, VW a récemment choisi Luxembourg pour implanter une autre structure: Volkswagen Finance Luxemburg II, qui se présente comme un fournisseur de solutions de paiement en ligne à destination du secteur automobile. Une entité destinée au groupe VW afin de «supporter la révolution digitale de la mobilité en offrant des solutions innovantes pour le groupe Volkswagen», selon les informations de Paperjam.

Le constructeur veut en effet se positionner en fournisseur de solutions de mobilité numérique — un accord avec IBM a été conclu dans cette optique. Volkswagen Finance Luxemburg II n’est pas enregistrée auprès de la CSSF, mais elle est logée à la même adresse que Volkswagen Finance Luxemburg, à savoir au 291, route d’Arlon.

Volkswagen Finance Luxemburg II dispose d’un CEO en la personne d’Ernst Ohmayer, ancien d’Unicredit.