POLITIQUE & INSTITUTIONS

Le «Club des 5» risques (1/5)

Un risque géopolitique non négligeable



london.jpg

Les risques géopolitiques regroupent le terrorisme, le Brexit et l’impact des sanctions européennes contre la Russie, et qui pourraient affecter l’europhile Grand-Duché. (Photo: Licence CC)

La Fondation Idea asbl a ainsi identifié un «Club des 5» risques qui pourraient gripper la belle mécanique actuelle du Luxembourg et donc remettre en cause le modèle du pays. Premier chapitre d’une série avec les menaces géopolitiques.

Alles gudd, souguer besser, c’est (donc) le moment de parler de risques! Si le Luxembourg peut avoir la tête dans les étoiles (croissance robuste, excédent budgétaire au niveau des administrations publiques consolidées, marché du travail mieux orienté, etc.), il lui est nécessaire de garder les pieds sur terre. «Petit pays ouvert», le Grand-Duché est très «sensible» aux vents contraires et de nombreux risques en présence sont de nature à peser sur sa «socioéconomie».

Ces risques (qui concernent, à des degrés divers, l’ensemble des pays européens) pourraient - s’ils venaient à se matérialiser - avoir des effets significatifs sur les exportations, la démographie, les investissements directs étrangers (IDE), le marché du travail, la cohésion et la protection sociales, les finances publiques ou encore l’attractivité du Luxembourg.

Le premier du Club des cinq risques regroupe un ensemble hétérogène de menaces dites «géopolitiques», que sont notamment le terrorisme, le Brexit et l’impact des sanctions européennes contre la Russie, et qui pourraient affecter l’europhile Grand-Duché.

  • La menace terroriste est désormais un élément qui fait partie de la réalité européenne. Si de nouveaux attentats devaient avoir lieu, les mesures qui pourraient en découler (contrôles aux frontières, moratoire concernant Schengen, etc.) pèseraient sur l’activité au Luxembourg - en pénalisant par exemple les déplacements des travailleurs frontaliers.
  • Le Royaume-Uni est un important partenaire commercial du Luxembourg, (cinquième pays de destination des exportations luxembourgeoises de biens, deuxième pays de destination des exportations de services). Aussi la question du Brexit revêt une importance capitale pour le Grand-Duché. Parce qu’une sortie du Royaume-Uni de l’UE fragiliserait l’économie britannique et le marché unique, elle affecterait également le Luxembourg. Par ailleurs, un Brexit, synonyme d’un nouveau cycle de «questionnements» sur la pérennité du projet européen, obligerait le Luxembourg - Européen par excellence - à évoluer dans un environnement particulièrement incertain. Enfin, l’hypothèse parfois évoquée de déplacement d’activités (notamment financières) de la City vers la place financière du Grand-Duché en cas de Brexit souffre de ne pas intégrer les «coûts» (pression à la hausse sur les salaires et les prix, besoin en infrastructures (logements, écoles, routes, etc.)) potentiellement importants pour l’économie luxembourgeoise que pourrait induire un tel transfert.
  • Les sanctions européennes contre la Russie - parce que les accords de Minsk n’ont pas été intégralement mis en œuvre au 31 décembre 2015 - ont été prolongées jusqu’au mois de juillet 2016. Si la Russie n’est pas un partenaire commercial important du Luxembourg (moins de 1% des exportations luxembourgeoises sont à destination de la Russie), ces sanctions (et les contre-sanctions russes) pénalisent certains de ses principaux partenaires commerciaux (Allemagne, France, Belgique), et donc indirectement le Luxembourg (à travers les exportations indirectes, pas capturées: par exemple si une entreprise luxembourgeoise livre des biens & services à une entreprise allemande qui, elle, exporte en Russie). Aussi, compte tenu des liens financiers étroits entre le Luxembourg et la Russie (50% des flux d’IDE de l’UE vers la Russie provenaient du Luxembourg en 2012), les difficultés russes (et la chute du rouble) peuvent engendrer des contre-performances pour certains agents résidents. Plus inquiétant, une éventuelle reconduite des sanctions en juillet pourrait renforcer les sentiments anti-européens en Russie et déboucher sur des «représailles» dont la teneur et les conséquences sont difficiles à apprécier a priori, mais dont on peut supposer qu’elles pourraient s’accompagner d’effets négatifs pour l’économie luxembourgeoise.

Prochains risques évoqués la semaine prochaine: les risques technologiques.