POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Législatives britanniques

«Un coup d’épée dans l’eau», affirme Asselborn



Pour nombre d’observateurs européens, Theresa May est sortie affaiblie des législatives organisées ce jeudi au Royaume-Uni, y compris au sein de son propre parti. (Photo: DR)

Pour nombre d’observateurs européens, Theresa May est sortie affaiblie des législatives organisées ce jeudi au Royaume-Uni, y compris au sein de son propre parti. (Photo: DR)

Selon le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, l’échec de Theresa May pour renforcer sa majorité au Parlement britannique risque de compliquer les négociations sur le Brexit qui doivent débuter dans dix jours.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a évoqué «un coup d’épée dans l’eau» pour qualifier le résultat obtenu par les Conservateurs britanniques à l’issue des législatives anticipées organisées ce jeudi au Royaume-Uni.

Si les électeurs ont accordé une majorité de sièges au parti de la Première ministre Theresa May – 319 sur 650 –, celui-ci ne dispose cependant plus d’une majorité absolue, alors que Theresa May souhaitait au contraire la renforcer.

«En politique, il ne faut jamais être trop sûr de soi», a encore ajouté Jean Asselborn, qui s’exprimait ce vendredi matin sur RTL, ajoutant que le parti travailliste avait réussi à grignoter des voix aux Conservateurs durant la campagne «en occupant le terrain avec des thèmes sociaux».

May «clairement affaiblie»

«Les Conservateurs sont toujours le parti le plus fort, mais Theresa May est clairement affaiblie», a aussi indiqué le ministre des Affaire étrangères, selon lequel il difficile de prédire comment le parti va réagir à ce qui est – pour la Première ministre – un échec.

Pour Jean Asselborn, la situation est désormais «compliquée» en vue des négociations sur le Brexit, qui doivent débuter dans dix jours.

Le ministre des Affaires étrangères s’est également déclaré content que le discours des Conservateurs sur un «hard Brexit» n’ait pas séduit les électeurs, même si la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne n’a pas été remise en question par les résultats.

Parmi les autres réactions quant aux enseignements à tirer de ces élections organisées en Grande-Bretagne, on retiendra également celle du commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, qui a fait part de son inquiétude quant aux conséquences de ce scrutin, estimant que Theresa May était aujourd’hui «dans une situation beaucoup moins simple».

Des négociations en danger

Évoquant le Brexit, le commissaire européen au Budget, Günther Oettinger, a, lui, rappelé la nécessité pour l’Union européenne de pouvoir compter sur un gouvernement britanique «capable d’agir et qui peut négocier la sortie de la Grande-Bretagne».

«Les Britanniques doivent négocier la sortie mais, avec un gouvernement faible, il y a un danger que ces négociations soient mauvaises pour les deux parties.»

Enfin, pour le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, cette défaite des Conservateurs sanctionne principalement la position «dure» de Theresa May qui a «quasiment fait de cette élection un vote sur le Brexit».

D’après lui, le «message» du vote est de dire: «Menez des négociations équitables et réfléchissez si c’est vraiment bon pour la Grande-Bretagne de sortir de cette manière là de l’Union européenne.»