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Élections législatives

Smartwielen.lu réalise du matching politique



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43 questions réparties sur 12 thèmes sont répertoriées sur la plate-forme. (Photo: Maison Moderne)

Dans le cadre des élections législatives du 14 octobre prochain, l’Uni a développé un outil qui permet, à l’aide d’un questionnaire de 43 questions, de savoir à quels partis et candidats le profil politique des utilisateurs correspond le mieux.

Déjà en place lors des dernières élections législatives de 2009 et 2013, cet outil de «matching» entre électeurs, candidats et partis politiques est proposé par l’Uni pour l’échéance du 14 octobre.

Devenu Smartwielen.lu, ce site web permet aux utilisateurs, par le biais d’un questionnaire de 43 questions, de comparer leurs vues politiques à celles des candidats et des partis politiques des prochaines élections législatives.

La moitié des candidats a déjà répondu

Les 43 questions – réparties en 12 thèmes – ont été élaborées à partir des programmes électoraux des partis, de leurs déclarations publiques ou des débats qui ont eu lieu. Il y a par exemple: «Devrait-on réduire le temps de travail sans réduction du salaire?»; «Devrait-on augmenter l’impôt foncier?»; ou encore «Devrait-on abolir le cumul des mandats (local, national)?»

Les candidats et partis en lice dans les quatre circonscriptions ont été invités par l’Uni à répondre aux questionnaires. «La moitié des candidats nous a déjà répondu, c’est plus qu’en 2013», explique Raphaël Kies, chercheur à l’Université du Luxembourg.

Voir si les candidats se distinguent de leur parti

Les réponses vont de «non», «plutôt non», «plutôt oui», à «oui». Un algorithme s’occupe de calculer et de croiser toutes les réponses des utilisateurs et des candidats/partis. À l’issue du questionnaire, l’utilisateur peut choisir la circonscription dans laquelle il veut voir s’afficher son «matching». Il est également possible de voir les résultats intégrés dans des smartmaps – sorte de carré quadrillé où, en fonction des réponses, les points correspondants aux partis vont plutôt vers la gauche, la droite, vers le libéralisme ou le conservatisme.

«Il est alors intéressant d’observer si les candidats ont suivi la ligne de leur parti ou s’ils s’en distinguent», poursuit le chercheur de l’Uni. On peut notamment observer ci-dessous que les réponses des candidats du DP sont restées fidèles à leur programme électoral.

Car l’intérêt est bien que le plus grand nombre de candidats participent à cette initiative, pour que le «matching» soit le plus précis possible. Mais Raphaël Kies le rappelle: «Notre but n’est pas de dire aux gens pour qui ils doivent voter. Ce que nous souhaitons, c’est leur donner le maximum d’informations sur les élections et les programmes.»

Un modèle suisse pour la plate-forme

De cette manière, en fonction de ce que les candidats des partis ont répondu, il est possible d’établir une «smartspider», qui, comme son nom l’indique, est une toile d’araignée qui permet de voir vers quels grands thèmes tendent leurs propositions.

L’Uni a développé la plate-forme Smartwielen.lu avec la fondation ZpB (Zentrum fir politesch Bildung). Elle est une version adaptée de smartvote, une VAA (Voting Advice Application) développée en Suisse en 2003. «Aujourd’hui, entre 80 et 85% des électeurs utilisent smartvote», appuie Raphaël Kies. «En 2013, notre plate-forme avait été utilisée par 35.000 personnes au Luxembourg. Nous espérons atteindre les 50.000 personnes cette année.»