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Xavier Bettel

«Pas question de brader quoi que ce soit»



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Xavier Bettel: «S'il [Juncker] n'avait pas été tête de liste, je ne suis pas sûr que le parti aurait obtenu un aussi bon score.» (Photo: Christophe Olinger)

Le nouveau Premier ministre a été assermenté le 4 décembre et a prononcé son discoursprogrammatique le 10 décembredevant les députés.

En matière de fiscalité de l’épargne, il n’entend pas remettre en cause ce qui a été signé par le précédent gouvernement, mais il restera attentif à l’évolution des négociations avec les autres États non-membres de l’UE, en particulier la Suisse.

Plus qu’une «méthode Bettel», le président du parti libéral mise sur un vrai travail d’équipe au sein dugouvernement.

Monsieur Bettel, que s’est-il passé exactement le soir de ce dimanche 20 octobre? Comment la coalition à trois est-elle née?

«Nous avions déjà évoqué, avant le scrutin, l’hypothèse d’une coalition à trois, mais il ne s’agissait que de spéculations. Mais le comportement du CSV ce soir-là, répétant qu’il avait gagné les élections et qu’il allait choisir un partenaire de coalition, nous a confirmé que l’on était parti pour prendre les mêmes et recommencer. Seul aurait changé le partenaire de coalition, c’est tout.

Depuis le temps que nous répétions qu’il fallait changer les choses, nous avions une occasion unique qui se dessinait.

Qui d’Étienne Schneider ou de vous-même a fait le premier pas?

«La prise de contact a été naturelle entre nous deux. Nous avons constaté que 32 sièges pouvaient suffire pour bâtir quelque chose.

Il faut bien avoir à l’esprit que, contrairement à ce que tout le monde attendait, les socialistes n’ont pas perdu ces élections! Il est en effet très rare qu’un parti de coalition partenaire du CSV se maintienne au scrutin suivant. Ils l’ont fait et n’ont pas démérité.

En ce qui nous concerne, nous avons fait un carton et j’ai alors très vite réalisé qu’il était important de mettre le Luxembourg à l’heure de l’an 2013. Cela dit, il est très dur de dire à un partenaire potentiel de coalition que les choses qu’il a faites auparavant ne sont pas toutes bien et ne correspondent pas à ce que nous souhaitons.

L’ensemble du parti a-t-il tout de suite adhéré au projet?

«Non, le soir même, notre comité directeur était partagé, mais une grande majorité était tout de même en faveur du lancement des discussions à trois. Nous avons néanmoins posé des conditions préalables, avec des choses qu’il n’était pas question de jeter par la fenêtre. Nous avions fixé des thèmes principaux: les finances publiques, le logement, l’éducation et le travail. Quand je vois ce que nous avons récupéré comme portefeuilles ministériels, je suis content d’y voir l’ensemble de ces priorités.

Certains – à commencer par Charles Goerens, qui a souhaité rester député européen à Strasbourg alors qu’il a fait un carton dans la circonscription Nord – vous ont reproché de ne pas avoir du tout pris contact avec Jean-Claude Juncker. N’était-ce pas un peu trop violent comme démarche?

«Si le comité directeur avait décidé de discuter avec lui, je l’aurais évidemment fait. Mais j’avais tout de même du mal à imaginer entrer dans une coalition où l’on risquait de faire la même chose qu’avant, j’avais du mal.

Les socialistes, qui sortaient de la coalition, disent pourtant qu’ils étaient prêts à négocier certains points…

«Je n’étais pas autour de la table avec eux, je ne peux pas me prononcer. C’est la philosophie globale du parti qui me gêne. Quand je vois le comportement de Michel Wolter (le président du CSV s’est «illustré» pour avoir accueilli à la Chambre le député Déi Lénk Justin Turpel d’un retentissant «eh, Ducon», ndlr) par la suite…

À notre niveau, que ce soit pour le programme ou pour les hommes et les femmes en place, je peux vous affirmer que nous avons une équipe bien soudée. Le programme que nous avons élaboré montre que nous avons pris les bonnes décisions. J’ai entendu certaines personnes dire que je participais à l’Histoire du Luxembourg. Non, je dirais plutôt que c’est notre programme qui va contribuer à faire avancer le Luxembourg. Je n’ai pas envie de parler de révolution, car le terme cache une connotation violente, mais plutôt d’une évolution dans le bon sens.

N’y avait-il pas, pourtant, une certaine volonté du CSV de provoquer, peut-être trop tardivement, une rupture avec certains de ses propres principes, voire figures historiques?

«Ce n’est pas à moi de faire le ménage chez les chrétiens sociaux, ni de choisir qui fait quoi chez eux. La seule chose que je vois, c’est que nous avons une majorité de 32 sièges et que, début décembre, une très grande majorité des trois partis concernés a soutenu cette majorité.

Je note tout de même qu’il est toujours très facile de tirer sur quelqu’un, une fois que les élections sont terminées. Mais avant, personne ne disait rien et tout le monde était bien content au CSV d’avoir Juncker avec soi. S’il n’avait pas été tête de liste, je ne suis pas sûr que le parti aurait obtenu un aussi bon score.

Vous exprimiez à l’instant votre satisfaction d’avoir une «équipe bien soudée». Pourtant, avant même que le gouvernement ne soit assermenté devant le Grand-Duc, le député socialiste Franz Fayot a émis des réserves quant au choix de Pierre Gramegna en tant que ministre des Finances, remettant en cause sa légitimité politique. Un premier couac?

«Un gouvernement n’est pas élu, il est nommé. Personnellement, je me refuse à dire ce que je pense de l’un ou de l’autre choisi par les autres partis de la coalition. Par le passé, il faut bien se rappeler que personne ne savait à l’avance qui allait être nommé à quel poste. En ce qui nous concerne, nous avons toujours beaucoup échangé et discuté de tous les profils. Il y a vraiment eu une très grande confiance au niveau de la coalition.

J’ai reçu une mission, en tant que formateur, de former le gouvernement et de choisir une équipe à proposer au comité exécutif. Et au final, le choix proposé a fait l’unanimité des 42 votants. Cela me fait du bien et m’a conforté dans mes choix. Quand je repense à la situation au soir du 21 octobre, le lendemain des élections, lorsque nous avons pris la décision d’ouvrir les discussions avec les deux autres partis pour savoir si une telle coalition était possible, j’aurais pu m’attendre à un autre résultat. À ce moment-là, un certain nombre ne partageait pas le point de vue de la majorité du parti. Au final, les gens sont unanimes…

Pierre Gramegna était-il votre premier choix? Claude Meisch semblait avoir le profil…

«Claude Meisch m’a très rapidement indiqué qu’il souhaitait se voir attribuer les responsabilités de l’Éducation. Il aura d’ailleurs un superministère d’avenir, qui va couvrir le cycle de vie, depuis la crèche jusqu’à l’université et la recherche, mais aussi la jeunesse dans son ensemble. Pour les Finances, cela aurait aussi pu être Alain Kinsch (le managing partner d’EY, ndlr), mais il a préféré rester dans le privé.

Pierre Gramegna m’a toujours impressionné. J’apprécie les gens compétents qui savent expliquer les choses et que l’on arrive à comprendre. N’oublions pas qu’il a une double formation d’économiste et de juriste et qu’il a été diplomate. Je sais qu’il a des capacités. Et si jamais il y en a sur lesquelles il n’est pas à la pointe aujourd’hui, il le sera demain. Il est compétent et vif. Même Luc Frieden a jugé qu’il serait la bonne personne à la bonne place.

Que va-t-il advenir de toute l’équipe déjà en place au sein du ministère des Finances?

«Je n’ai pas la prétention d’avoir la science infuse. J’ai besoin de l’expérience de tout le monde. Il n’y aura évidemment pas de chasse aux sorcières. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est très important de remplacer la fonction d’administrateur général par celle de secrétaire d’État. Un administrateur général restait généralement en place après un scrutin, quel qu’en fût le résultat. Un secrétaire d’État est directement lié à une équipe gouvernementale.

L’un des premiers dossiers «financiers» qu’aura à traiter Pierre Gramegna concerne la fiscalité de l’épargne et l’échange automatique d’informations. Le Luxembourg va-t-il remettre en cause l’élargissement à d’autres produits que ceux prévus dans le cadre de la directive originelle de 2003? Y a-t-il un risque de veto en la matière?

«D’après mes informations, il y a une négociation en cours entre la Commission européenne et cinq autres pays, parmi lesquels la Suisse. Lors du prochain sommet européen des 19 et 20 décembre, il n’est évidemment pas question pour nous de faire marche arrière. Le principe d’échange automatique d’informations au 1er janvier, on n’y touche pas. Mais il y a encore des points à clarifier. S’il y a effectivement un engagement de négocier avec cinq autres pays, j’aimerais savoir où ça en est. Nous consacrerons en tous les cas une journée complète de préparation à ce sommet européen, avec Pierre Gramegna et Alphonse Berns (le directeur chargé des questions de fiscalité, ndlr).

Dans ce dossier, la pression est énorme, mais tout est aussi question d’interprétation. Et j’aimerais connaître la vraie position officielle de Luc Frieden sur le sujet. On entend tellement de choses sur la question! En tout état de cause, il n’est pas question pour moi de brader quoi que ce soit.

Quelles sont les pistes que vous comptez explorer pour maintenir, voire développer, l’attractivité fiscale du Luxembourg? Étienne Schneider, pendant la campagne, évoquait l’idée de baisser le taux d’affichage des entreprises pour le mettre sous la barre des 20% et dans le même temps élargir la base imposable. On n’en trouve pas trace dans votre programme…

«Non, car nous pensons qu’une hausse de l’imposition des entreprises faite de manière aveugle serait totalement contre-productive. Ce serait un très mauvais signal pour la compétitivité du pays et pour la création d’emplois. Regardons d’abord ces entreprises qui ne paient pas d’impôt en usant d’artifices. Nous devons y remédier.

Le programme gouvernemental évoque également la mise en place d’un mécanisme d’intérêts notionnels, afin d’encourager les entreprises à renforcer le financement par fonds propres. En Belgique, le système est dans le collimateur de la Commission européenne. Comment comptez-vous éviter de vous attirer les foudres de Bruxelles?

«Actuellement, à ma connaissance, le système d’intérêts notionnels n’est pas non conforme. Il n’est marqué nulle part que c’est interdit! Même si elle regarde le dossier à la loupe, la Commission n’a pas dit que cela n’était pas possible. Il est évident que, quoi que nous fassions, nous resterons conformes aux dispositions européennes.

En matière de ruling, le gouvernement veut instaurer «une procédure uniforme et un cadre solidement ancré en matière de décisions fiscales anticipées dans un but de transparence, de cohérence et de sécurité juridique pour les opérateurs». Concrètement, comment cela va-t-il se traduire?

«Nous n’excluons aucune piste pour l’instant. Le Luxembourg a toujours su trouver des niches aux moments importants. On sait que certaines de ces niches commencent à être à bout de souffle, comme le commerce électronique. Pour ce qui est du ruling, nous voulons tout simplement être transparents et innovants et faire des choses conformes aux textes.

De quelle façon entendez-vous faire travailler votre gouvernement?

«Je tiens tout d’abord à insister sur la notion de travail d’équipe. J’en ai ras le bol que l’on me parle de compétences verticales, de silos et d’imaginer que chaque ministre a sa compétence propre et rien d’autre. Je veux vraiment un travail collectif. Et chaque mois, je veux que l’on fasse le point sur le logement, sur l’emploi, sur les nouvelles entreprises qui se créent… Bref: faire une sorte d’état de la nation mensuel pour voir où sont les problèmes et pour voir ce qui avance.

Vous aviez déclaré, lors de la table ronde organisée par paperJam, le 1er octobre dernier, qu’il était illogique et irresponsable d’augmenter les impôts et la TVA et, en même temps, d’augmenter les salaires de la fonction publique. Or, le programme gouvernemental prévoit une hausse de la TVA et vous ne remettez pas en cause l’accord salarial sur la fonction publique. Est-ce une approche «durable», comme vous souhaitez que soit votre politique?

«Il s’agit d’un des points négociés en coalition. Je vous rappelle que le DP n’a pas les 32 sièges à lui tout seul. L’accord financier sur la fonction publique sera en effet mis en vigueur. Dire, comme certains le souhaitent, ‘on va payer, mais on va renégocier’, c’est aller au casse-pipe.

Le problème est que le gouvernement a signé! C’est très délicat de dire aujourd’hui ‘non, on ne peut pas’. Cela étant dit, si l’année 2015 est une annus horribilis sur le plan économique, il est évident que nous devrons voir ce que nous pouvons faire.

Quant à la TVA, oui, nous allons l’augmenter. On sait très bien que les pertes des recettes dues à la TVA sur le commerce électronique vont être de l’ordre d’un milliard d’euros. Le problème est que la façon de dépenser cet argent que nous n’aurons plus a déjà été décidée. Nous n’avons donc pas d’autre choix que de trouver d’autres moyens de faire rentrer de l’argent.

Le gouvernement annonce également revoir, pour les personnes physiques, la progression et les taux d’impôt pour toutes les tranches. Quelles dispositions comptez-vous mettre en œuvre?

«Cela va s’inscrire dans le cadre de la réforme fiscale que nous voulons réaliser. Il ne faut pas mal le comprendre, mais il est important que l’effort soit fait par tous. Même si c’est pour 3 euros, tout le monde doit participer…

Y compris les personnes touchant le RMG?

«Non. On ne peut pas non plus déshabiller quelqu’un qui est déjà nu. Mais nous pensons qu’il est indispensable de faire participer tout le monde et ne pas taper uniquement sur les classes moyennes. Nous allons donc travailler sur une redéfinition des tranches d’imposition.

Le logement fait partie de vos priorités. Le programme de coalition ne fournit aucun objectif chiffré sur vos ambitions en termes de nombre de logements à construire ou, par exemple, de niveau de prix de l’immobilier résidentiel. Est-ce voulu?

«À quoi cela servirait-il de dire que le prix des loyers ou du mètre carré doit arriver à tel ou tel niveau? On ne peut pas le faire. Oui, bien sûr, nous voulons arriver à faire baisser les prix du logement et à faciliter les procédures en travaillant étroitement avec les communes. Mais il y a tellement de critères externes qui ont une influence. Nous nous sommes fixé des objectifs clairs, mais à ce stade, donner des chiffres pour en donner serait une idiotie.

Il faudra bien tout de même établir un budget…

«Oui, et nous avons trois mois pour le faire, puisque le système des douzièmes a été établi pour le premier trimestre. Nous allons évidemment procéder au grand ‘screening’ de l’ensemble des dépenses.

Par quel bout allez-vous commencer?

«Chaque ministère aura sa responsabilité. Il est évident qu’avant de demander à la population de participer à l’effort, nous allons déjà voir ce qu’il est possible de faire au niveau du gouvernement. Son train de vie peut être largement réduit, en améliorant certains automatismes. Je me rappelle qu’à la Ville, nous avons été en mesure d’économiser 10% sur le budget de fonctionnement, sans que cela ne fasse de mal à quelqu’un.

Vous tablez sur 10% aussi pour le fonctionnement de l’État?

«Si nous atteignons ces 10%, ce serait évidemment remarquable. Notre but sera de fixer très rapidement un objectif réel. Et là, vous aurez un chiffre…

Vous avez régulièrement dénoncé, lors de la campagne électorale, la politique d’arrosoir social qui a été menée ces dernières années. Cela veut-il dire que tous les robinets vont être coupés?

«Non, mais nous allons évidemment mettre davantage de filtres! Je vais vous donner un seul exemple très significatif. Pendant 10 ans, un particulier peut avoir un plan d’épargne logement assorti de déductions d’impôts. C’est une très bonne chose. Mais au bout de 10 ans, il n’y a aucune obligation d’investir dans un projet immobilier! Autrement dit, on a, là, un produit d’épargne déductible des impôts. Ce n’est pas normal! Et des exemples comme ça, il y en a plein…

Les chèques-services vont-ils vraiment être supprimés, comme vous l’avez laissé entendre?

«Nous partons du principe que les structures d’accueil des enfants, en particulier dans la tranche 0-3 ans, font partie intégrante du système éducatif et que l’éducation doit être gratuite. Compte tenu de l’état des finances publiques, il sera difficile de mettre en œuvre cette gratuité à court terme. Mais à long terme, oui, c’est ce que nous souhaitons.

Aujourd’hui, nous avons tout de même l’honnêteté de dire que nous ne savons pas si nous serons en mesure de tenir cet objectif dans un délai de cinq ans.

Quels seront les premiers dossiers que vous allez traiter?

«Je souhaite déjà régler celui de Cargolux. Mais je tiens aussi à ce que nous fixions tout de suite les règles du jeu. Il est important de dire ce qui va, ce qui ne va pas et de travailler la méthode.

Quelle sera la méthode Bettel?

«Ce sera une méthode d’équipe avant tout.

On accorde traditionnellement une période de 100 jours à un nouveau gouvernement pour faire ses preuves. Avez-vous le sentiment que, dans le cas présent, vous êtes encore plus attendus au tournant et que vous ne bénéficierez peut-être pas de ces 100 jours de grâce?

«Je n’ai jamais raisonné en termes de trêve des confiseurs, de rentrée ou quoi que ce soit de ce genre. Dans l’intérêt du pays, il faut faire de la politique de manière intelligente plutôt que de vouloir déposer des peaux de banane aux uns et aux autres. Toute idée constructive est importante. Et connaissant Jean-Claude Juncker (désormais chef de fraction du CSV, ndlr), il ne s’agit pas, là, du système de politique qu’il voudra faire.

Qu’en est-il de l’avenir de M.Juncker, justement? Vous affirmez que vous le soutiendrez si jamais il briguait un poste européen d’importance. Mais si cela concerne la Commission européenne, comment le ferez-vous alors que le parti socialiste a obtenu, dans l’accord de coalition, de choisir le prochain commissaire européen du Luxembourg?

«Il n’y a aucune ambiguïté sur le sujet: si effectivement M.Juncker est proposé pour être président de la Commission européenne, alors les trois partis de la coalition soutiendront cette candidature. Il serait irresponsable de faire passer l’intérêt d’un de nos partis avant l’intérêt du pays. Si nous avons la chance de pouvoir faire en sorte qu’une telle personnalité politique se retrouve à la tête de l’Europe, alors il faut le soutenir sans réserve.» •

Xavier Bettel (DP), 40 ans (Premier ministre; ministre d’État; Communications et Médias; Cultes). 28 ans de vie politique et tous les échelons gravés: conseiller communal, échevin, bourgmestre, député, président de fraction et de parti…

Étienne Schneider (LSAP), 42 ans (Vice-Premier ministre; Économie; Sécurité intérieure; Défense). Il a passé haut la main le test des urnes après avoir intégré l’équipe gouvernementale précédente en remplacement de Jeannot Krecké. Il sera épaulé par Francine Closener, en tant que secrétaire d’État en charge de la Force publique.

Jean Asselborn (LSAP), 64 ans (Affaires étrangères et européennes; Immigration et Asile). Le doyen du gouvernement rempile pour une troisième législature après avoir été Vice-Premier ministre des deux précédentes.

Félix Braz (Déi Gréng), 47 ans (Justice). Conseiller communal puis échevin d’Esch, il a souvent ferraillé à la Chambre avec l’un de ses prédécesseurs, Luc Frieden.

Nicolas Schmit (LSAP), 60 ans (Travail, Emploi, Économie sociale et solidaire). En dépit d’un faible score aux élections, il conserve un des portefeuilles-clés de l’exécutif.

Romain Schneider (LSAP), 51 ans (Sécurité sociale; Coopération et Action humanitaire; Sports). Cet ancien fonctionnaire de l’Adem, devenu député en 2004, s’occupait de l’Agriculture dans le précédent gouvernement.

François Bausch (Déi Gréng), 57 ans (Développement durable et Infrastructures). Premier échevin de la Ville de Luxembourg, il est un des fondateurs du parti vert et un des déclencheurs du séisme politique qui amena la chute du gouvernement dans l’affaire du Srel.

Fernand Etgen (DP), 56 ans (Agriculture, Viticulture et Protection des consommateurs; Relations avec le Parlement). Bourgmestre de Feulen depuis 1994 (il en était conseiller communal depuis 1979), il était vice-président de la fraction depuis 2009.

Maggy Nagel (DP), 56 ans (Culture; Logement). Vice-présidente du DP et bourgmestre sortante de Mondorf, elle côtoiera, à la Chambre, son premier échevin, Lex Delles, le benjamin du parlement (29 ans).

Pierre Gramegna (DP), 55 ans (Finances, Trésor et Budget). La surprise du chef, alors que l’intéressé occupait, depuis 10 ans, la direction de la Chambre de commerce, après une carrière de diplomate.

Lydia Mutsch (LSAP), 52 ans (Santé; Égalité des chances). Députée depuis 1989 et bourgmestre d’Esch depuis 2000, elle était la vice-présidente sortante de la Chambre.

Daniel Kersch (LSAP); 51 ans (Intérieur; Fonction publique et Réforme administrative); bourgmestre de Mondercange et conseiller d’État, il a aussi présidé le Syndicat des villes et communes Syvilcol.

Claude Meisch (DP), 42 ans (Éducation nationale, Enfance et Jeunesse; Enseignement supérieur et Recherche). Un surdoué de la politique, qui a dirigé le parti de 2004 à 2013 avant de céder le flambeau à… Xavier Bettel. Il sera épaulé par André Bauler, 49 ans, secrétaire d’État.

Corinne Cahen (DP), 40 ans (Famille et Intégration; Grande Région). Novice en politique, mais élue au Centre, cette ancienne journaliste dirige les magasins de chaussures Léon et a longtemps été présidente de l’Union des commerçants.

Carole Dieschbourg (Déi Gréng), 36 ans (Environnement). La benjamine du gouvernement, conseillère communale d’Echternach, mais non élue, devra mettre de côté son travail en tant qu’associée à la direction du moulin familial. Elle sera épaulée par Camille Gira, 55 ans, secrétaire d’État.