COMMUNAUTÉS & EXPERTISES
COMMUNICATION

Médias

Pas de «Télé 100,7» pour le moment



1007_1.jpg

Les dirigeants de radio 100,7 feront des propositions en vue d’une nouvelle convention avec l’État. (Photo: 100.7)

La commission parlementaire des médias s’interroge sur l’avenir du paysage télévisuel au Luxembourg. Les dirigeants de la radio publique 100,7 se verraient mal se positionner aux côtés de RTL et opérer une chaîne télévisée.

La question de l’avenir du paysage télévisuel au Luxembourg a suscité ce lundi l’intérêt de la commission parlementaire des médias. Le député LSAP, Roger Negri, a profité de la visite des dirigeants de la radio publique à la commission pour les interroger sur l’idée d’opérer une chaîne télévisée.

La présidente de l’Établissement de radiodiffusion socioculturelle qui gère 100,7, Françoise Poos, et le directeur, Jean-Paul Hoffmann, auraient été surpris par la question, nous ont indiqué certains députés de la commission. Les dirigeants de la radio auraient répondu qu’a priori, ils ne caresseraient pas un tel souhait, mais que si le gouvernement et le parlement le souhaitaient, ils ne seraient pas opposés à en discuter. Dans l’état actuel des choses, l’établissement public n’aurait ni les moyens financiers ni l’infrastructure nécessaire pour un tel projet.

La question d’une deuxième chaîne télévisée luxembourgeoise avait refait surface en début d’année. La présidente de la commission des médias, Simone Beissel, avait estimé sur radio 100,7 qu’une deuxième chaîne télévisée serait «bonne pour l’équilibre». Simone Beissel a répété ce lundi qu’«une situation de monopole n’est pas bonne».

La concession avec RTL intrigue

La question de l’avenir du paysage télévisuel se pose également, car le gouvernement négocie actuellement un nouveau contrat de concession avec RTL Group pour l’exploitation des fréquences luxembourgeoises à destination des chaînes de RTL. Simone Beissel (DP) avait, toujours sur 100,7, laissé entendre que RTL Group pourrait bien vouloir se débarrasser des chaînes luxembourgeoises et laisser à l’État le soin de prendre en charge le financement.

En réponse aux propos de Simone Beissel et à une question parlementaire du CSV, le Premier ministre Xavier Bettel a souligné que «le gouvernement n’a nullement l’intention de promouvoir la création d’une deuxième station de radio de droit public». Or, comme l’avait déjà indiqué l’hebdomadaire d’Lëtzebuerger Land le 13 janvier, ce serait du côté de la télévision que «ça coince». Le Premier ministre n’a d’ailleurs pas évoqué la chaîne télévisée luxembourgeoise de RTL dans sa réponse.

Pour savoir où les négociations avec RTL en sont et en déduire des réflexions pour l’avenir de RTL Télévision et éventuellement pour l’offre audiovisuelle publique, les députés de la commission parlementaire devront attendre une entrevue avec le Premier ministre prévue dans les prochaines semaines.

Nouvelle convention pour 100,7

En ce qui concerne la radio 100,7, la commission parlementaire a demandé aux dirigeants de la station de présenter des propositions en vue d’une nouvelle (et deuxième) convention pour les années 2019-2023. Étant donné que les paysages médiatique et démographique du pays ont beaucoup changé depuis la création de l’établissement en 1991-1992, les députés veulent connaître les nouveaux besoins de la radio publique. Les engagements financiers pour 100,7 seront liés à ce qui sera retenu dans cette convention.

Pour les années à venir, les dirigeants de la radio publique préfèreraient agrandir l’offre de programmes en anglais, nous ont indiqué les membres de la commission parlementaire. L’émission «Time Out», tous les soirs de la semaine, entre 18h30 et 19h30, connaîtrait de plus en plus de succès. Le vétéran de la radio, Benny Brown, a effectué un transfert de RTL vers 100,7 en 2015, où désormais il intègre des informations nationales dans son émission.

L’Établissement de radiodiffusion socioculturelle attend par ailleurs toujours que sa deuxième fréquence soit opérationnelle pour enfin couvrir des zones non couvertes dans l’est et dans le nord du pays. La fréquence est accordée, mais la mise en œuvre en suspens suite à une procédure de commodo et incommodo.