POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Commission européenne

Nouveau rejet du budget italien par Bruxelles



Pour la première fois dans l’histoire de l’Union européenne, l’Italie s’expose donc à des sanctions financières de la part de Bruxelles, qui avait refusé une première fois, le 23 octobre dernier, ce projet de budget italien. (Photo: Shutterstock)

Pour la première fois dans l’histoire de l’Union européenne, l’Italie s’expose donc à des sanctions financières de la part de Bruxelles, qui avait refusé une première fois, le 23 octobre dernier, ce projet de budget italien. (Photo: Shutterstock)

La Commission européenne a une nouvelle fois rejeté, ce mercredi, le budget du gouvernement italien, et a annoncé que l’ouverture d’une «procédure de déficit excessif» était justifiée. Le ministre de l’Intérieur italien n’a pas tardé à réagir.

La rupture semble proche entre l’Italie et la Commission européenne. L’exécutif européen a annoncé ce mercredi qu’il rejetait à nouveau le budget du gouvernement italien, et le vice-président de la commission en charge de l’Euro, Valdis Dombrovskis, a expliqué que l’«ouverture d’une ‘procédure de déficit excessif’ fondée sur la dette est justifiée», comme le rapportent plusieurs médias.

Et alors que le gouvernement populiste transalpin avait réaffirmé il y a une semaine sa volonté de garder le cap sur son budget qui est, selon Luigi Di Maio, vice-Premier ministre, ministre du Travail et leader du Mouvement 5 étoiles, «celui dont le pays a besoin pour redémarrer», chacune des deux parties semble donc camper sur ses positions.

Échanges de tweets entre Moscovici et Salvini

Pour la première fois dans l’histoire de l’Union européenne, l’Italie s’expose donc à des sanctions financières de la part de Bruxelles, qui avait refusé une première fois, le 23 octobre dernier, ce projet de budget italien.

La Commission européenne craint que le budget du gouvernement italien, tel qu’il est prévu, augmente le déficit à 2,9% du PIB en 2019 et à 3,1% en 2020. Rome, de son côté, affirme que ce budget lui permettra de maintenir un déficit à 2,4% du PIB.

Et c’est par des échanges de tweets que se sont répondus Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Fiscalité et Douanes et Matteo Salvini, vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, et chef de file de la Ligue.

Après avoir précisé dans un second tweet que la «procédure de déficit excessif» n’était pas encore ouverte, et que les États membres avaient d’abord deux semaines pour donner leur avis avant que la Commission ne prépare la procédure, Pierre Moscovici a ajouté dans un troisième tweet que «notre porte reste ouverte au dialogue avec l’Italie. Alors que nous nous rapprochons de l’ouverture d’une procédure (...), il est d’autant plus essentiel que les autorités italiennes s’engagent de manière constructive avec la Commission européenne.»

Ce à quoi a donc répondu le ministre de l’Intérieur italien: «Je demande du respect à l’Europe pour le peuple italien, puisque nous payons au moins 5 milliards de plus chaque année que ce qui nous revient. Le droit au travail, le droit à la santé et à l’éducation, moins d’impôts et plus de sécurité: nous avançons! Je vous aime, mes amis.»

Pour rappel, les sanctions financières auxquelles s’expose l’Italie correspondent à 0,2% de son PIB (soit environ 3,4 milliards d’euros).