ENTREPRISES & STRATÉGIES

Success-story grand-ducale

«Notre priorité pour 2016: recruter 50 personnes!»



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Talkwalker aide les marques et entreprises à optimiser leur présence sur les réseaux sociaux et à gérer leur réputation. (Photo: Mike Zenari)

Outil de veille et d’analyse des médias sociaux, Talkwalker, success-story grand-ducale, connaît une croissance impressionnante depuis sa création en 2009. Après un lancement réussi aux États-Unis en février 2015, Robert Glaesener, son CEO monté à bord en 2010, s’apprête à recruter une cinquantaine de nouveaux collaborateurs cette année.

Forte de 70 employés d’une vingtaine de nationalités, Talkwalker, start-up luxembourgeoise devenue une PME de belle taille, s’est spécialisée dans la veille de contenus sur le web, la collecte et l’agrégation de données. Nouvellement installée sur trois étages avenue Monterey, la société devrait atteindre les 120 personnes d’ici la fin de l’année. Jouant le rôle de moteur de recherche et d’analyse de données sur les réseaux sociaux, l'outil aide les marques et entreprises à optimiser leur présence sur les réseaux sociaux et gérer leur réputation. Mine d’informations pour les spécialistes du marketing et des relations publiques, la plateforme permet notamment de détecter les influenceurs d’une communauté, de comprendre sa réputation, de détecter où sont les posts négatifs qui circulent à son encontre… En juin 2014, sa reconnaissance par le géant Twitter comme partenaire officiel lui a donné un push appréciable et une visibilité accrue hors Europe. Coca-Cola, Benetton, Microsoft ou encore Publicis sont quelques-uns des 500 clients séduits.

Monsieur Glaesener, qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet de Thibaut Britz et Christophe Folschette, les deux fondateurs de Talkwalker?

«Ces deux entrepreneurs luxembourgeois avaient une vision sur l’importance des réseaux sociaux pour les marques et tout type d’entreprise. J’y ai tout de suite adhéré, même si, à l’époque, des tendances comme le 'social media analytics', la 'social data intelligence', ou encore le 'social media search' étaient encore balbutiantes. Jusqu’alors managing director de TD Direct Investing, je venais du web et du marketing. Je connaissais le secteur et apercevais déjà tout le potentiel du big data.

Aujourd’hui, nous avons 1.500 serveurs qui opèrent nos systèmes.

Robert Glaesener, CEO de Talkwalker

À quoi ressemblait la société quand vous l’avez rejointe?

«Talkwalker était installée dans une petite salle au Technoport d’Esch. J’ai démarré en juillet 2010, soit environ un an après la création de la société. J’étais alors le troisième membre de l’équipe aux côtés des deux jeunes fondateurs. Nous sommes rapidement passé à six personnes les mois suivant mon arrivée. Nous n’avons fait que croître depuis lors. En quelques chiffres, aujourd’hui, nous avons 1.500 serveurs qui opèrent nos systèmes. Un demi-milliard de nouvelles données sont traitées chaque jour. Nous screenons également plus de 150 millions de sites web, forums ou blogs dans 187 langues et 247 pays. L’Allemagne, la France, le Benelux, l'Italie, les États-Unis ou encore le Royaume-Uni font partie de nos marchés centraux. Talkwalker existe aujourd’hui en cinq langues: français, allemand, anglais, néerlandais et espagnol.

Qu’est-ce qui fait la force de votre modèle aujourd’hui?

«Nous ne sommes à présent plus une start-up, même si nous continuons à croître. À mes yeux, ce sont nos collaborateurs qui font la différence et expliquent ce succès. À la fin de l’année 2014, nous étions 45. Ce chiffre ne cesse de progresser. Nous sommes actuellement près de 70, dont une majorité d’ingénieurs. Notre culture est pragmatique et notre mantra est 'get things done'. Ensuite, la puissance de notre outil est pour beaucoup dans notre croissance. C’est un des meilleurs qui existent au niveau mondial. Il évolue constamment. Des mises à jour sont programmées tous les trois mois. Le fait d’être au Luxembourg est une autre force. Toute notre infrastructure y est hébergée et nous bénéficions de sa main-d’œuvre très qualifiée.

Nous avons beaucoup travaillé pour avoir les bonnes personnes aux bonnes places.

Vous envisagez de recruter près de 50 personnes d’ici la fin 2016, quels seront leurs profils?

«L’engouement autour du projet continue d’augmenter. Tant que la société continue de croître, nous continuerons à recruter! C’est une de mes priorités pour cette année. Nous devrions être 120 d’ici la fin 2016. Nous avons besoin de toute sorte de profils, dont environ 2/3 de juniors. Nous recherchons constamment des entrepreneurs avec des idées et l’envie de créer des choses. La grande majorité des recrutements se fait par notre responsable RH en interne, si ce n’est quelques fonctions pointues. Globalement, je dois dire qu’on parvient toujours à trouver les compétences qu’on recherche. Nous avons la chance d’avoir une image d’employeur attractif et innovant. La société est perçue à juste titre comme en pleine croissance. Nous avons beaucoup travaillé pour avoir les bonnes personnes aux bonnes places. Nous misons sur la responsabilisation et l’autonomie de nos employés.

La diversité de vos équipes est-elle un atout pour servir vos clients?

«Notre équipe commerciale est particulièrement internationale. Si la langue de travail est l’anglais, on y parle 19 langues, c’est un atout majeur. Cette diversité culturelle s’accompagne d’une variété d’expériences, de vécus, d’âges… C’est indispensable pour comprendre et représenter nos clients et en démarcher d’autres. Cela favorise également l’innovation. Nous mettons un point d’honneur à ce que nos équipes échangent, se parlent et partagent ce qu’elles vivent. Chaque collaborateur doit savoir comment notre outil fonctionne.

L’intérêt d’analyser ce qui se dit sur les réseaux sociaux est-il aujourd’hui bien compris par les entreprises?

«Avec les années, nos clients sont devenus plus matures. Nous avons de plus en plus de gros contrats qui courent sur un ou deux ans. Je pense que dans tous les secteurs, B2C, mais aussi B2B, le potentiel des médias sociaux est bien compris. Ce qui change, c’est le nombre grandissant d’entreprises de toute taille qui ont recours à des outils professionnels. Une réputation se gère en temps réel. En monitorant ce qui se dit en ligne, on peut voir les crises arriver et les désamorcer, mais aussi optimiser et professionnaliser ses investissements, voir ce que fait la concurrence...

Chaque collaborateur doit savoir comment notre outil fonctionne.

Presque un an après le lancement de Talkwalker USA, quel premier bilan peut-on faire?

«Notre aventure américaine est née à New York en février 2015. La création d’un bureau de vente local était une première étape dans notre expansion en Amérique du Nord. Cinq personnes composent l’équipe chapeautée par Todd Grossman. Nous allons aussi recruter pour la renforcer. Je dois dire que le premier bilan est très positif. Nos équipes travaillent étroitement ensemble. Nous faisons, par exemple, nos managements meetings ensemble à distance. Les formations sont communes et il y a de multiples voyages prévus. Cela nous permet de partager de nombreuses best practices. La connaissance et le savoir-faire doivent être communs aux deux entités. Si nous avons quelques clients au Luxembourg, la majorité de nos activités sont européennes et américaines. Les États-Unis constituent un marché stratégique pour nous. C’est là que se trouve notre business. Ce marché est exigeant et en constante évolution. Nous avons encore un peu de pain sur la planche pour y faire connaître notre plateforme. Nous allons organiser différents événements dans les mois à venir dans cette optique.

Le marché luxembourgeois est une plateforme de vente pour toute l’Europe.

Quels sont les avantages à opérer depuis Luxembourg?

«Le marché luxembourgeois est une excellente plateforme de vente pour toute l’Europe. C’est un hub central qui permet d’attaquer tout le continent. Étant en contact quotidien avec les États-Unis, le décalage horaire est un atout appréciable pour servir nos clients américains. Nous pouvons travailler quand ils dorment. De manière plus générale, depuis plusieurs années, on sent une prise de conscience nationale qu’il faut aider les jeunes entreprises innovantes à croître. L’environnement devient favorable à ces nouvelles structures. L’infrastructure logistique, financière et légale leur permet de se développer. Nous en sommes une bonne illustration. Nous avons eu un coup de pouce du Technoport, puis fait partie d’un incubateur. Cela nous a mis le pied a l’étrier. Je suis également convaincu que le pays est un excellent vivier de compétences. Il a vu naître des sociétés très innovantes et actives en ligne comme Skype, MyScienceWork, Flashiz ou EuroDNS. La Place parvient à attirer toute sorte de profils intéressants et multilingues. Sans oublier les data centers et les connexions internet qui sont de très haute qualité. Le pays a tous les atouts pour être un partenaire technologique stratégique pour les entreprises qui veulent débuter en Europe. Je ne vois pas du tout Talkwalker déménager ailleurs.»