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e-initiative citoyenne

Logements vides: premier «répertoire» privé



60 logements inoccupés à travers le pays figurent au jour d'aujourd'hui sur le site leerstandsmelder.de. (Photo: DR)

60 logements inoccupés à travers le pays figurent au jour d'aujourd'hui sur le site leerstandsmelder.de. (Photo: DR)

Le site leerstandsmelder.de fait la chasse aux logements vides à travers l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse et, depuis peu, le Luxembourg. Cette initiative citoyenne milite pour la taxation de ces maisons et appartements inoccupés. Chacun peut y apporter sa propre contribution en signalant les biens.

La question des logements inoccupés résonne un peu partout en Europe. Et au Luxembourg, elle ne laisse pas indifférent.

Selon des estimations collectées par nos confrères britanniques du Guardian en février, il y en aurait 11 millions à travers toute l’Union européenne. On en dénombrerait notamment 700.000 en Angleterre, 700.000 également au Portugal, 1,8 million en Allemagne, 2 millions en Italie ainsi qu’en France, et plus de 3,4 millions en Espagne.

Toujours selon le Guardian, dans le sud de l’Europe, la plupart de ces logements inoccupés sont relativement récents. Ils ont été construits après le début de la crise par des personnes qui n’ont jamais souhaité vivre dans ces maisons ou appartements, mais plutôt y investir.

Face à cette situation, Michael Ziehl, du site allemand leerstandsmelder.de – littéralement «détecteur de vacance» – estime que ces propriétaires de logements inoccupés devraient être mis à l’amende, sinon être sujets à une taxe, particulièrement là où il est difficile – en termes d’offre ou de prix – de se loger.

Fiches descriptives

Mais encore faut-il pouvoir répertorier, officiellement cette fois, tous ces logements vides et leurs propriétaires, une volonté sur laquelle – dit-il – bon nombre de pays européens semblent aujourd’hui s’accorder, mais qui trouve difficilement une réelle traduction dans les faits.

Pour tenter d’apporter sa pierre à l’édifice, il a donc lancé, en 2010 à Hambourg, son site servant aux internautes qui le consultent à pointer sur une carte, en Allemagne, en Autriche en Suisse et désormais au Luxembourg, les logements vides.

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Chacun de ces logements – il y en a 60 de répertoriés à travers le Grand-Duché (au moment où nous écrivons cet article, ndlr) – dispose d’une fiche descriptive mentionnant, outre son adresse, sa durée d’inoccupation. Certaines d’entre-elles sont parfois illustrées d’une ou de plusieurs photos.

Base de données, base de travail

«Cette base de données est une modeste contribution à cette question de la prolifération des logements vides», précise encore Michael Ziehl, qui voit en son site «une possible base de travail pour les autorités».

Au Luxembourg, c’est sous le gouvernement Juncker qu’il a été décidé – en 2013 – de répondre à la crise du logement par le biais d’une taxation des maisons ou des appartements inoccupés, un règlement type ayant été adressé par les ministères du Logement et de l’Intérieur aux communes.

Dans une réponse formulée début mai à une question parlementaire, l'actuelle ministre du Logement, Maggy Nagel, indiquait que seules les communes de Beckerich, Diekirch, Esch-sur-Alzette et Redange-sur-Attert l’avaient adopté à ce moment. Et que Beckerich était la seule à l’appliquer.