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Carnet Noir

L’hommage des créateurs luxembourgeois à Lagerfeld



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Le créateur Karl Lagerfeld est décédé ce mardi à Paris. (Photo: Shutterstock)

Au propre comme au figuré, depuis plus de 50 ans, Karl Lagerfeld était aussi incontournable qu’iconique dans la mode. Sa disparition mardi à l’âge de 85 ans provoque un émoi à la hauteur de sa réputation. Témoignages recueillis au Luxembourg.

Le toujours très observé «milieu de la mode» n’avait pas été en deuil de manière aussi intense depuis le décès d’Yves Saint Laurent en 2008. Ce dernier et le «Kaiser» avaient d’ailleurs été amis avant de se brouiller sérieusement à cause du sulfureux Jacques de Bascher, mais sont toujours restés – et resteront toujours – tous deux des allégories de l’élégance française.

Un héritage inestimable

Après des passages relativement courts chez Balmain, Patou et Chloé, Karl Lagerfeld entre chez Fendi en 1965 et va contribuer à faire naître une véritable révolution: le prêt-à-porter. Mondain, mais travailleur acharné, il s’impose alors avec panache et rigueur comme une des figures de proue des podiums et déclarera toujours avoir vu les excès de l’époque de loin, comme «derrière une vitre».

Son accession à la direction artistique de la maison Chanel en 1983 en fera une icône de la haute couture aussi révérée que cynique, une statue du commandeur aux lunettes noires et à la langue acerbe qui marquera des générations de créatrices et de créateurs.

Ses différentes collaborations – avec l’enseigne H&M pour sa première collection capsule du type ou Coca-Cola comme photographe – l’imposeront aussi comme une célébrité populaire, tout comme son slogan «C’est jaune, c’est moche, ça ne va avec rien, mais ça peut vous sauver la vie» lorsqu’il a promu le célèbre gilet jaune...

Un émoi aussi mondial que local

S’il est évident que les hommages pleuvent du monde entier depuis son décès hier à Paris, l’émotion est également présente à Luxembourg, notamment auprès des designers et artisans locaux, à l’instar de Claudie Grisius, créatrice et CEO de la marque vol(t)age, qui regrettera «la féminité, l’élégance, les tissus bouclés et l’audace du luxe hardcore» du style Lagerfeld.

Son âme restera pour l’éternité, tout comme celles de Coco Chanel et d’Yves Saint Laurent.

Claudie Grisius, créatrice et CEO de vol(t)age

Elle ajoute: «Une autre icône de la mode s’en va. C’est triste, mais il nous laisse une image tellement belle de l’abondance audacieuse et de l’élégance féminine moderne. Son âme restera pour l’éternité, tout comme celles de Coco Chanel et d’Yves Saint Laurent».

Le créateur Ezri Kahn salue, quant à lui, l’importance de l’excellence artisanale, toujours mise en avant par Karl Lagerfeld et à laquelle il concourt au quotidien: «Par le biais de la maison Chanel, il a contribué ces dernières années au rachat de plusieurs ateliers qui étaient en perdition, à Paris, mais aussi en province. Sans ces mains rares et exceptionnelles, la haute couture ne serait plus», appuyant ainsi le fait qu’il est possible de soutenir – voire de sauver – des savoir-faire irremplaçables lorsqu’on veut bien y mettre les moyens...