POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Vote au Parlement

Le traité Ceta adopté par les eurodéputés



Avec 408 voix sur 751 possibles, l’accord commercial entre le Canada et l’Union européenne a été approuvé mercredi par le Parlement européen réuni à Strasbourg. Une adoption avec une confortable avance, malgré les nombreuses réticences exprimées au sein de l’UE.

Pourtant décrié, l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne a été adopté mercredi à une majorité plus importante que prévu. Avec 408 voix pour, 254 contre et 33 abstentions, le texte entrera en application provisoire dans les semaines à venir – a priori au mois d'avril -, avant d’être ratifié par l’ensemble des Parlements nationaux et régionaux de l’Union européenne. Un processus qui devrait, lui, s’étaler sur plusieurs années.

Soutenu par les eurodéputés du PPE, des libéraux et de la plupart des socialistes européens, le texte prévoit notamment la suppression de 99% des droits de douane entre les deux parties ou l’instauration d’une coopération en matière sociale, sanitaire et environnementale.


Bien qu’adopté, l’ensemble des dispositions de cet accord bilatéral ne seront pas applicables dans l’immédiat, seules quelques-unes pourront l’être dans deux mois. Cela devrait concerner notamment la hausse des quotas d’importation de viande canadienne en Europe ou le meilleur accès des entreprises européennes aux marchés publics canadiens. Les discussions concrètes ont par ailleurs débuté, comme l'indique Olivier Nicoloff, l'ambassadeur canadien en Belgique et au Luxembourg, présent mardi à la Chambre de commerce du Grand-Duché.


Pour les opposants au texte, cet accord n’est qu’un «cheval de Troie» des partisans du libéralisme voué à détricoter tous les éléments de protectionnisme européen et à faire tomber les derniers garde-fous en faveur de «la préférence locale». Une crainte exprimée notamment par les agriculteurs, qui redoutent l’arrivée de nouveaux produits venus de l’autre côté de l’Atlantique, dans un marché qu’ils estiment déjà saturé. Autre crainte, celle de la gestion des différends entre États et investisseurs, jugée déséquilibrée et non transparente. C’est ce point qui s’était retrouvé au cœur du blocage du Parlement wallon, en octobre dernier, avant de donner son accord suite à la mise en place d’un nouveau système, public et présenté comme plus indépendant.