COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Communication

Mike Koedinger

«Le marché des médias se professionnalise»



mikekoedinger_rentree.jpg

Paperjam fera son retour en un cahier unique en fin d'année, annonce Mike Koedinger, CEO et fondateur de Maison Moderne. (Photo: David Laurent / archives)

Maison Moderne a fait sa rentrée hier soir aux Rotondes en compagnie de ses clients et partenaires. L’occasion de présenter les nouveautés de la saison et les résultats de la première édition de l’étude Brand Duchy consacrée aux enjeux de communication des marques au Luxembourg. Le point avec Mike Koedinger, CEO et fondateur de Maison Moderne à l’entame de cette saison.

Mike, quels sont les constats majeurs qu’il faut retenir de l’étude Brand Duchy?

«Au travers de cette étude, Maison Moderne s’est intéressée à la vie des marques en interviewant 100 CEO ou directeurs de la communication d’entreprises dont le centre de décision est au Luxembourg, représentant un chiffre d’affaires total de plus de 2 milliards d’euros. Cette étude a permis de cerner les priorités de ces entreprises et leur approche en matière de communication. Il se dégage de ces entretiens plusieurs constats. Tout d’abord le fait que 82% des entreprises considèrent leur département communication comme un réel moteur pour le développement de leur activité et non comme un simple centre de coûts.

67% des entreprises considèrent aussi que le premier objectif d’une action de communication doit se situer au niveau du développement, du maintien ou du renforcement du branding. Quant aux challenges pour les entreprises, celui de la croissance vient en premier lieu, suivi par l’innovation, l’adaptation aux nouvelles réglementations et la volonté de rester concurrentiel. Les premiers challenges cités concernant les marques est renforcer sa notoriété, se différencier par rapport à la concurrence, se repositionner et surveiller sa réputation. Ce dernier fait naturellement penser aux médias sociaux, ce qui montre aussi que les entreprises ont réellement pris conscience de cette dimension dans leur communication.

Qu’en est-il des pratiques médias dits classiques? 

«Nous avons aussi mesuré les évolutions en média above the line et il ressort du classement que la presse magazine est de loin le média plébiscité parmi les 100 entreprises. Avec des intentions d’investissements en croissance. Dans le domaine du digital, en première position des outils préférés, même avant le SEO, on retrouve la newsletter électronique. Alors qu’il y a 5 ou 6 ans d’aucuns estimaient que l’outil n’avait plus sa raison d’être, l’enquête montre le contraire, en faisant plus que jamais un outil important pour les annonceurs. 

Le Maison Moderne Show marque aussi la rentrée pour la première entreprise média indépendante du Luxembourg, quels sont les éléments importants à l’agenda? 

«Paperjam, qui demeure le fer de lance de Maison Moderne, va connaître un changement important en fin d’année avec un retour à un cahier unique, toujours 10 fois par an. Il sera plus gros et interviendra en réponse aux attentes des lecteurs qui étaient demandeurs du retour à ce volume unique. Ce choix va de pair avec une évolution de notre offre digitale. Nous allons en effet créer des dossiers digitaux proposant une véritable nouvelle expérience de lecture. Ce passage au digital permettra d’enrichir les contenus des dossiers thématiques avec les possibilités techniques offertes par le canal digital. Les annonceurs et experts de différents secteurs continueront donc d’être sollicités par la rédaction durant l’année. Les annonceurs auront également plus de possibilités et de visibilité en disposant, dans ces dossiers, de leur véritable mini site. En parallèle, nous allons lancer les 'coffee break', des newsletters s’adressant à différentes communautés. Technologies, Place financière, Human Capital, Stratégie et Management et communication, pas moins de 37 Paperjam Coffee Break seront diffusés à des communautés ultra ciblées durant la saison.

Comment se positionne la marque Paperjam sur le marché en tenant compte de ces évolutions?

«Nous remarquons que nos lecteurs et annonceurs recherchent un véritable contenu qualitatif. Les résultats compilés sur 10 ans de l’étude Plurimédia menée par TNS-Ilres et qui font autorité dans la mesure de l’audience indiquent que, contrairement à la majorité des titres de presse écrite, Paperjam et plus largement les produits de Maison Moderne ont progressé. Paperjam compte ainsi 60.000 lecteurs résidents auxquels il faudrait ajouter les frontaliers qui ne sont pas pris en compte dans l’étude. Quant à Paperjam Digital, il a été pour la première fois repris dans l’édition 2015 de Plurimedia, nous certifiant une audience de 13.500 personnes par jour online, également sur une base de résidents auxquels il faudrait ajoute un millier de frontaliers. Ces résultats montrent une belle confiance et font de Paperjam le premier média pour les décideurs économiques, à la recherche d’une information ciblée. Notre plus grande fierté est d’avoir réussi à fédérer sur un certain nombre d’années, 15 depuis le lancement de Paperjam, un lectorat fidèle à chaque édition.

Qu’en est-il des autres titres?

«Delano, notre média à destination de la communauté anglophone, verra son volume augmenter et passer à un dos carré. Archiduc se présentera en octobre sous une autre maquette, avec une approche revue et un volume augmenté à 164 pages. City Mag paraîtra sous une autre formule en janvier prochain, en un seul cahier et sous le nom de City. Nous préparons aussi la nouvelle formule de Flydoscope pour le printemps 2016. 

Maison Moderne a aussi dévoilé un changement de logo hier soir et la précision de quatre business lines. Quelle est la genèse de ce choix?

«Nous avons connu une forte croissance ces dernières années grâce à la confiance de nos partenaires, à nos marques fortes et au travail de nos 90 collaborateurs. Il était important à la rentrée de (re)préciser nos métiers qui sont désormais rassemblés autour de quatre business lines clairement définies: l’édition, l’agence, la régie et le business club. Nous avons accompagné cette clarification d’un changement au niveau de l’identité visuelle et de notre couleur, désormais un rouge strawberry. Ceci s’accompagnera d’un nouveau site internet corporate dans les prochains jours.

À l’entame de cette nouvelle saison, quel est votre regard global sur le marché des médias au Luxembourg?

«J’observe que le marché média au Luxembourg se professionnalise. Beaucoup d’acteurs, voire l’ensemble des acteurs, ont compris qu’il était nécessaire de revoir les business models, de se réinventer et de se battre plus que jamais pour continuer d’exister dans un marché où la compétition est importante. Cette émulation est positive car elle donne envie à ceux qui s’en donnent les moyens de se dépasser. Il est toujours plus intéressant d’entreprendre dans un contexte où tous les acteurs sont éveillés et en mouvement. L’autre tendance rassurante est la place centrale occupée par le journalisme: au centre du développement de l’industrie média. C’est une bonne nouvelle pour le lecteur et les entreprises de médias telles que la nôtre.»