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L'Alfi veut donner une meilleure visibilité à l'industrie des fonds



On le sait, le secteur des fonds d'investissement est, à Luxembourg, un des principaux moteurs de la Place financière. Avec une part de marché de plus de 20% en termes d'actifs gérés, le pays occupe la première place européenne en la matière (967,726 milliards d'Euro au 31 mars 2002) et la seconde place mondiale derrière les Etats-Unis. Ce leadership n'empêche pas le secteur d'en vouloir encore davantage et notamment de mieux se faire connaître auprès des pays étrangers. C'est une des missions de promotion que s'est fixée l'Association luxembourgeoise des fonds d'investissement (ALFI, qui regroupe quelque 900 membres représentant plus de 80% du total des actifs gérés sur la Place) qui tenait son assemblée générale ce mardi. 

"Nous devons faire en sorte que si un promoteur américain qui se trouve au 37e étage d'un building de la côte Est des Etats-Unis, il pense automatiquement au Luxembourg lorsqu'il veut domicilier un fonds en Europe. Et il faut aussi que, pour un investisseur italien souhaitant souscrire dans un fonds, ce soit le Luxembourg qui lui vienne immédiatement à l'esprit" résume Guy Legrand, président de l'ALFI, qui, ensemble avec son conseil d'administration, a donc lancé un vague programme de promotion de l'industrie des fonds d'investissement à Luxembourg.

La première étape passe par une vaste étude de positionnement commanditée auprès d'un consultant français: quelle est l'image de marque de l'industrie des fonds luxembourgeoise à l'étranger? Quelle est la perception de la place financière de la part des promoteurs étrangers? Les premiers résultats devraient être entre les mains de l'Association d'ici à la fin du mois de juin. Ce document de travail permettra alors de mieux cerner les directions à prendre, "et de corriger éventuellement l'image, si nécessaire" commente Jean-Jacques Picard, Directeur chargé des relations publiques.

Depuis trois ans, d'abord sous la houlette de Rafik Fischer puis de son successeur Guy Legrand, élu à la présidence l'an dernier, l'ALFI n'a pas ménagé ses efforts pour faire en sorte que les fonds d'investissement soient mieux perçus tant au Luxembourg qu'hors des frontières. Outre de nombreuses publications, on pense aussi aux conférences internationales organisées annuellement à Luxembourg: celle "autonome" au printemps et celle conjointement présentée avec les Américains de la NICSA (National Investment Company Services Association) à l'automne.

Initialement hébergées à l'Hôtel InterContinental (devenu Hilton depuis), elles ont dû migrer vers l'Hémicycle des conférences du Kirchberg, compte tenu du succès sans cesse croissant de ces manifestations. Ainsi, en mars dernier, plus de 400 délégués venant de 18 pays différents étaient présents, et les réservations vont déjà bon train pour l'édition 2003.

"Plus que jamais, nous nous devons de professionnaliser davantage notre approche, tant dans la qualité des projets et des événements organisés que dans la qualité de la documentation diffusée. L'industrie des fonds est très importante à Luxembourg et nous nous devons d'être à la hauteur de ses ambitions" insiste Guy Legrand, qui voit notamment dans la promotion des hedge funds un important potentiel de croissance.

Aux yeux des responsables de l'ALFI, le Luxembourg peut tout à fait se positionner comme pays d'accueil de tels produits, plutôt en vogue actuellement. La place n'en prifite guère actuellement en raison d'un manque de visibilité de la part des promoteurs susceptibles de s'y intéresser, plus souvent 'dirigés' vers les Bahamas, Bermudes, Iles vierges britanniques ou Iles Cayman, traditionnellement spécialistes en la matière.

Mais depuis quelques années, la tendance est clairement à un réorientation, en matière de domiciliation de tels produits, vers des juridictions plus réglementées telles que peuvent l'être Dublin ou Luxembourg.

D'ailleurs, depuis 1991, et la publication de la circulaire CSSF 91/75, il est possible de créer, au Grand-Duché, des produits ayant recours à des stratégies d'investissement alternatives comme les fonds investis en produits dérivés, les fonds utilisant l'effet de levier, les fonds immobiliers, les venture capital funds et les fonds de hedge funds. Encore fallait-il le savoir, car une référence claire et nette aux hedge funds, en tant que tels, étant inexistante, cela impliquait pour un promoteur, de devoir discuter, au cas par cas, avec l'autorité de surveillance, de la mise en place de tels produits.

Une lourdeur d'ailleurs en voie d'être supprimée: des règles spécifiques relatives aux hedge funds sont en phase de finalisation, les propositions concrètes étant actuellement entre les mains de la Commission de surveillance du secteur financier. Et en attendant que le cadre légal soit définitivement clarifié, une première brochure d'information détaillant ce qu'il est déjà possible de faire est en cours de réalisation.

Sur la place financière de Dublin, ces produits sont déjà très en vogue et ce sont quelques parts de marché qui se voient, là, grignotées. "Mais il n'y a aucune raison de s'en inquiéter exagérément note Rafik Fischer, aujourd'hui vice-président de l'ALFI. À partir du moment où le produit sera entré dans les m'urs à Luxembourg, le retour de balancier se fera en notre faveur".