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L'ALFI et son nouveau président veulent être plus proactifs



L'Association luxembourgeoise des fonds d'investissement a, depuis ce mardi, un nouveau président. Thomas Seale, CEO de la société EFA (European Fund Administration) succède à Guy Legrand et entend bien poursuivre l'expansion de l'ALFI dans la lignée du travail déjà accompli par ses prédécesseurs. Il dispose, pour cela, de deux ans... et peut-être quatre.

"Lead industry efforts to make Luxembourg the most attractive international centre for investment funds": tel est le nouveau "mission statement" de l'ALFI, issu d'une étude menée en 2002 sur la stratégie de communication à adopter.

Initialement, cette introspection, engagée avec l'aide d'une société de conseil parisienne, était limitée à la seule volonté d'analyser et optimiser la politique de communication interne et externe de l'association. Bien vite, c'est la vocation et les objectifs mêmes de l'ALFI qui ont dû être révisés, ceux-ci n'étant, semble-t-il, plus clairement perçus par tous les membres, notamment après l'ouverture de l'association à l'ensemble de l'industrie des fonds d'investissement.

Aider les membres à tirer profit des grandes tendances de l'industrie; contribuer à optimiser le cadre réglementaire; favoriser le professionnalisme, l'intégrité et la qualité et, enfin, promouvoir l'industrie luxembourgeoise des fonds d'investissement: voilà les quatre objectifs majeurs définis par l'ALFI pour les années à venir.

Et pour effectuer les premiers pas vers ces nobles desseins, c'est un nouveau guide, Thomas Seale, qui se trouve à la tête de l'association, dont le conseil d'administration a été renouvelé ce mardi. 32 candidats briguaient les 24 sièges du Conseil, preuve d'un engouement assez fort de la part des membres de l'ALFI. Au sortir du vote, 8 nouveaux venus intègrent le Conseil.

Thomas Seale, Chief Executive Officer de la société European Fund Administration a été choisi à l'unanimité par les membres du Conseil. Il succède à Guy Legrand, qui n'a pas souhaité solliciter le renouvellement de son mandat - un président de l'ALFI élu pour deux ans, ne peut se représenter qu'une seule fois à sa propre succession - en raison d'un changement de fonction au sein de Dexia-BIL (il quitte la direction du département "Fund Services" pour s'occuper, désormais, du private banking international).

Dans la situation économique actuelle et une certaine déprime des marchés financiers, la tâche s'annonce ardue, mais cela n'effraie en rien le nouveau président de l'ALFI: "Je suis personnellement très optimiste pour l'avenir de l'industrie des fonds. Je pense que les meilleures années sont encore devant nous" estime ainsi M. Seale, qui a axé son programme des deux années à venir sur trois points précis. Les nouveaux produits, tout d'abord, portés par les développements législatifs de la place luxembourgeoise, notamment la transposition des directives européennes UCITS III, la législation sur les hedge funds ou encore les produits à capital risque.

Ensuite, le pays se trouve devant de réelles opportunités en matière de distribution: les produits luxembourgeois représentent 80% des produits "cross-border" distribués en Europe, mais cela ne constitue que 20% de la totalité du marché des fonds sur le vieux Continent. "On doit continuer à faire en sorte que les barrières et les entraves soient abolies afin que nous puissions vendre vraiment nos produits partout en Europe. L'élargissement de l'Union à 25 Etats représente forcément une grande opportunité pour nous, car la plupart des nouveaux membres reconnaissent déjà le Luxembourg comme centre de compétences international en matière de fonds".

Dernier axe, enfin: la facilité d'accès et de mise en oeuvre des produits luxembourgeois pour l'ensemble des acteurs, alliée à une parfaite maîtrise des coûts: "il est évident que nous devons offrir le plus haut degré de qualité et de protection pour l'investisseur, tout en ayant des coûts raisonnables" conclut M. Seale.