ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Nouvelle approche

La médecine s’empare à son tour de la RV



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La réalité virtuelle constitue un soutien éminent à l’hypnothérapie en élargissant le socle de la population réceptive aux techniques d’hypnose. (Photo: AdobeStock / daniilvolkov)

Le champ d’application de la réalité virtuelle ne cesse de s’élargir. Après les jeux vidéo, après la formation professionnelle dans les milieux à risque, il touche à présent le secteur médical, où les solutions de RV (réalité virtuelle) interviennent pour réduire l’anxiété des patients et suppléer les anesthésies médicamenteuses.

Au Luxembourg, une start-up baptisée Realab a développé des expériences immersives destinées à la relaxation des patients. Son cofondateur, Wesley Deglise, a travaillé avec le centre de recherche RBS pour développer une solution d’hypnothérapie combinée à la réalité virtuelle.

«L’hypnothérapie repose en partie sur la capacité des sujets à se projeter mentalement dans un univers visuel qui les apaise. Mais lorsque le thérapeute les invite à visualiser un tel environnement, une large part de la population ne voit que du noir. Avec la réalité virtuelle, nous pouvons les aider à s’immerger dans un environnement propice au bien-être.» Avec sa solution reVResh, Realab espère élargir le spectre de la population réceptive à l’hypnothérapie. 

Démocratiser l’hypnothérapie 

Le dispositif n’a rien d’un gadget. L’un des fondateurs de l’entreprise est chirurgien aux Hôpitaux Robert Schuman et pratique l’hypnothérapie dans le but de réduire l’usage des anesthésiants chimiques. Après trois années de recherche et de mise au point, la solution est commercialisée depuis le mois de septembre 2018. Si elle s’adresse principalement au secteur médical, elle devrait être à terme utilisée en entreprise en vue de réduire le stress des collaborateurs.

«Les séances peuvent être menées en toute autonomie par l’utilisateur», précise Wesley Deglise. «C’est l’une des particularités de reVResh. Mener des séances seul, lancer des séances à distance, de quoi démocratiser l’hypnothérapie.» Si Realab cible avant tout la gestion du stress, d’autres acteurs se sont également lancés dans la course. Ainsi, plusieurs expérimentations sont en cours dans le domaine de la thérapie cognitive comportementale, qui consiste à traiter un mal donné en plongeant le patient dans une situation qui l’expose sans risque à ses phobies. 

Un outil supplémentaire pour lutter contre la douleur 

La réalité virtuelle peut servir par ailleurs dans le cadre de la rééducation de personnes souffrant de difficultés motrices suite à un accident vasculaire cérébral (AVC). C’est l’objet des solutions de réhabilitation fondées sur la VR et développées par les sociétés suisses Mindmaze et Lambda Health System.

La réalité virtuelle représente une avancée majeure dans le traitement de la douleur, notamment en phase postopératoire. De récentes recherches menées par l’UCLA (la prestigieuse université californienne) portant sur près de 500 patients démontraient une réduction massive de la douleur grâce aux technologies immersives. L’attention du patient est ainsi détournée et concentrée sur un univers virtuel, un environnement qui l’apaise, ce qui permet de réduire le traitement antidouleur médicamenteux.

Lutte contre les addictions, contre les phobies, réduction du stress ou de la douleur, la réalité virtuelle constitue un soutien éminent à l’hypnothérapie en élargissant le socle de la population réceptive aux techniques d’hypnose.