POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Soupçons de fraude sociale

Jost: l’ITM a-t-elle joué son rôle?



Le groupe de transport aurait employé pas moins de 1.100 salariés roumains et slovaques aux conditions de travailleurs détachés entre 2014 et 2016. (Photo: Renault Trucks)

Le groupe de transport aurait employé pas moins de 1.100 salariés roumains et slovaques aux conditions de travailleurs détachés entre 2014 et 2016. (Photo: Renault Trucks)

La vague d’arrestations et de mises en examen depuis lundi intervient après une enquête menée principalement en Belgique. Le LCGB met en cause l’ITM pour n’avoir pas décelé les pratiques de dumping social imputées au transporteur luxembourgeois.

Après une série de perquisitions lundi et de mises en examen mardi, mettant notamment en cause l’administrateur délégué Roland Jost, mais aussi la directrice des ressources humaines, le secrétaire général et un administrateur, le Parquet de Diekirch a confirmé mardi dans un communiqué l’arrestation en Belgique de trois personnes. Le ministère public indique avoir enquêté au Luxembourg, où l'entreprise a son siège à Weiswampach, en collaboration avec le Parquet fédéral de Bruxelles ainsi qu’avec un juge d’instruction spécialisé de Liège.

Suspecté de faire travailler en Belgique quelque 1.100 salariés issus des pays d’Europe de l’Est aux conditions sociales de leur pays d’origine, Jost Group aurait pratiqué du dumping social qui se serait traduit par un manque à gagner de plus de 55 millions d’euros pour la Sécurité sociale belge entre 2014 et 2016. Des salariés résidant en Belgique auraient également été déclarés auprès de la CNS. Selon le magistrat en charge de l’enquête, cette pratique pourrait bénéficier à un vaste réseau criminel actif entre la Belgique, le Luxembourg et la Roumanie.

L’ITM a à nouveau cruellement fait défaut quant aux contrôles des conditions de travail des salariés concernés.

LCGB Transport

Mercredi, c’est le rôle de l’ITM que le syndicat LCGB met en cause. «Le LCGB Transport revendique pour la énième fois un contrôle préventif plus restreint de l’ITM quant aux conditions de travail des sociétés du secteur de transport», indique le syndicat chrétien-social dans un communiqué. Il estime que l’ITM a «à nouveau cruellement fait défaut quant aux contrôles des conditions de travail, sans parler des conditions de logement (dans les camions), des salariés concernés». Et réclame «l’instauration de vrais contrôles valables afin d’arrêter ces agissements frauduleux pratiqués au sein du secteur».

L’Administration judiciaire précise que l’ITM avait déposé une plainte auprès du Parquet de Diekirch pour faux décomptes de salaires l’an dernier. Une enquête «tenue en suspens afin de ne pas entraver les perquisitions de grande envergure» des derniers jours. Des instructions sont en cours aussi en Belgique, au Luxembourg, en Slovaquie et en Roumanie.