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Nouvelle présidence

Franz Fayot veut régénérer le LSAP



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Franz Fayot a obtenu 88% des suffrages. (Photo: Matic Zorman)

Le LSAP devait renouveler presque intégralement son comité directeur lors de son congrès de Bascharage mardi soir. Franz Fayot, le nouveau président, est face à des défis de taille.

Franz Fayot est le nouveau président du LSAP. Il ne pouvait être question de surprise puisqu’il était le seul prétendant à la succession de Claude Haagen. Il a obtenu 88% des suffrages.

En réalité, le parti devait renouveler la quasi-intégralité de son comité directeur. Seule Christine Schweich étant (unique) candidate à sa propre succession en tant que trésorière générale. Tom Jungen (bourgmestre de Roeser) devient le nouveau secrétaire général du parti, la ministre Paulette Lenert sa vice-présidente et Dan Biancalana, député-bourgmestre de Dudelange, son vice-président.

Le changement est donc profond. Il est vrai que les socialistes doivent maintenant utiliser des remèdes radicaux pour retrouver de la vigueur. Le dernier scrutin a de nouveau été éreintant pour le LSAP, dont les cadres étaient pourtant convaincus d’un succès, les sondages hélas trompeurs venant renforcer le sentiment d’avoir mené une campagne efficace. La déconvenue ne sera que plus rude, même si la coalition avec le DP et Déi Gréng a été reconduite. 

Face à des défis fondamentaux

L’arbre qui cache la forêt? Ils sont nombreux à le penser, dont le nouveau président. «On ne peut continuer ainsi. Notre parti fait maintenant face à des défis fondamentaux qui doivent être relevés en équipe», a indiqué Franz Fayot. Qui veut communiquer autrement («Les gens ne viennent plus aux réunions, il faut trouver un autre format»), recruter de jeunes talents («Ce qu’on a oublié de faire depuis des années»), repenser les thématiques majeures du parti («Cela via des groupes de travail»), s’intéresser aux enjeux climatiques, revoir les structures du LSAP...

On doit apporter des réponses aux questions de notre temps.

Franz Fayot, président du LSAP

En «conservant notre identité et nos idées claires». Relayant là Claude Haagen qui peu avant avait souligné, sous les applaudissements, que les valeurs de base du socialisme, comme la solidarité ou l’attention aux plus démunis, étaient des valeurs sans doute plus modernes que jamais. «On doit apporter des réponses aux questions de notre temps», a souligné Franz Fayot. Conscient que c’est peut-être «la dernière chance de relancer le parti et de rester une vraie force politique». Le nouveau président veut régénérer le LSAP. Car la perspective de disparaître «comme le PS en France, hélas», hante les esprits.

Les jeunes sont là

Des surprises, il y en a cependant eu. Et des bonnes aux yeux des élites du LSAP. Tout d’abord, en ce qui concerne le nombre de candidats au comité directeur. Ils étaient plus de 40, proposés par les sections ou bien en lice à titre individuel. «Cela faisait très longtemps qu’il n’y avait plus eu autant de candidats», savourait le vice-Premier ministre, Étienne Schneider. «C’est la preuve que le parti est vivant.»

Ensuite, le nombre de délégués présents a aussi surpris. Ils étaient 348 au total. Ce qui, avec la présence de nombreux sympathisants, a contribué à constituer une salle bien garnie à Bascharage. Enfin, les jeunes ont aussi montré que leur heure avait sonné. Ils ont ainsi déposé une motion appelant à un renouveau, mais aussi pris la parole pour défendre leurs arguments, leurs idées, leurs projets... Faisant souffler un vent de fraîcheur, fort bienvenu. Franz Fayot l’a dit: il compte sur eux. Le parti aussi.

Au moment de l’Internationale, ils étaient nombreux à être convaincus que l’espoir venait de renaître, notamment pour «un Luxembourg qui a besoin de plus de social-démocratie», a fait valoir son nouveau président. «Tout doit changer, tout va changer», le LSAP ferait bien sien ce slogan. S’il n’avait pas été aussi celui du maréchal Mobutu, dictateur du Zaïre, devenu ensuite le Congo. Un homme pas vraiment réputé pour sa fibre socialiste.