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Énergie: le Luxembourg à contre-courant



La consommation intérieure brute d’énergie a diminué de manière générale en Europe ces 25 dernières années. À l’exception de quelques États membres, dont le Luxembourg du fait de sa démographie galopante et de son retard en matière d'énergies renouvelables.

La consommation d’énergie dans l’Union européenne a atteint 1.626 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2015, vient d’indiquer Eurostat, soulignant que ce niveau était inférieur de 2,5% à celui observé en 1990 et surtout de 11,6% par rapport à un pic de 1.840 Mtep atteint en 2006.

Mais l’Union européenne reste toutefois loin de l’objectif qu’elle s’est fixé pour 2020, à savoir un niveau de 1.483 Mtep.

Autres enseignements tirés des données publiées par l’institut statistique européen: si la part des énergies fossiles a elle aussi diminué de 83% en 1990 à 73% en 2015, le recours à leurs importations est de plus en plus important, puisqu’il est passé de 50% en 1990 à 73% en 2015.

À raison de 314 Mtep, l’Allemagne est le plus gros consommateur d’énergie de l’Union européenne, devant la France (253 Mtep), le Royaume-Uni (191 Mtep), l’Italie (156 Mtep) et l’Espagne (121 Mtep), autrement dit les plus grands États membres.

Les 28 pris dans leur ensemble ont vu leur consommation évoluer de manière différente, puisque si la Lituanie (-57%), la Roumanie (-44%) ou la Bulgarie (-33%) ont vu leur consommation d’énergie nettement diminuer, l’Espagne (+35%), l’Irlande (+38%) et surtout Chypre (+41%) ont elles enregistré des hausses très importantes.

Dépendance

Du côté des énergies fossiles, si leur part dans la consommation d’énergie totale a diminué dans tous les États membres, elle n’est inférieure à 50% que dans trois d’entre eux, à savoir la Suède (30%) et la Finlande (46%) – en avance sur leurs partenaires en matière d’utilisation des énergies renouvelables –, et la France (49%) qui, elle, se distingue par un parc nucléaire conséquent.

Dans le concert européen, le Luxembourg – principalement du fait de son évolution démographique et d'un toujours trop faible recours aux énergies renouvelables – a quant à lui vu sa consommation totale d’énergie passer de 3,5 Mtep à 4,2 Mtep entre 1990 et 2015, avec un pic à 4,8 Mtep en 2005.

Dans le même temps, au cours de ces 25 ans, il a cependant réussi à réduire sa part de combustibles fossiles de 90% à 84% dans l’ensemble de sa consommation d’énergie.

Mais de 100% en 1990, il est aujourd’hui toujours dépendant à… 99% de ses importations de ces combustibles fossiles que sont le charbon ou le pétrole.