ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Diversification

DuPont veut attirer des entreprises sur son site



Le directeur général du site luxembourgeois entend représenter le pays au sein du groupe américain. (Photo: Christophe Olinger)

Le directeur général du site luxembourgeois entend représenter le pays au sein du groupe américain. (Photo: Christophe Olinger)

L’usine de l’industriel américain implanté depuis les années 60 à Contern reçoit la visite aujourd’hui du couple héritier grand-ducal, dans le contexte d’une évolution de ses activités sur le plan mondial. L’occasion de parler de projets d’avenir, dont l’attraction de nouvelles sociétés sur site. 

C’est l’un des grands noms américains de l’industrie, présent depuis 1962, auquel le couple héritier grand-ducal rend visite ce mardi. Le prince Guillaume et la princesse Stéphanie se rendent en effet sur le site de DuPont de Nemours à Contern. 

Fondé en 1802, le groupe produisant au départ de la poudre à canon a entamé successivement des phases de diversification de ses activités dans la chimie (colorants puis matériaux plastiques comme le nylon et les polymères avec des marques connues comme Teflon ou Kevlar).

Le groupe, qui emploie quelque 64.000 personnes à travers le monde, mène actuellement de nouveaux investissements et travaux de R&D autour de trois piliers: agriculture et alimentation, produits industriels biologiques et matériaux «avancés». 

L’acquisition en 2011 de la société danoise Danisco reflète les investissements dans le pilier de l’alimentation. «Cette acquisition veut dire que chaque deuxième glace, chaque 3e fromage, et chaque 4e pain vendus à travers le monde contiennent au moins un des ingrédients de DuPont», déclare Claude Metzdorf, directeur général de DuPont de Nemours Luxembourg depuis un an

Sur les 35 milliards de dollars de revenus générés en 2014, 1/3 provient de l’agroalimentaire. 9 milliards proviennent par ailleurs de produits ayant vu le jour ces quatre dernières années, nés d’un modèle de plus en plus ouvert avec les clients à la recherche de produits répondants spécifiquement à leurs besoins.

Nous allons vers un positionnement en tant que société de science intégrée.

Claude Metzdorf, directeur général, DuPont de Nemours Luxembourg

«Nous sommes dans une phase de transition d’une société active dans la chimie vers un positionnement en tant que société de science intégrée. La création d’une entité séparée en juillet prochain, sous le nom de Chemours, participe à cette démarche. Elle regroupera nos activités de Teflon, de dioxyde de titane et de réfrigérants.»

Valeur ajoutée et productivité 

Actif dans la branche des «matériaux avancés», le site luxembourgeois est amené à garder sa place dans une architecture mondiale. Dédiée notamment à la production de film en polyester ou de film géotextile, l’usine se targue de gagner de nouveaux contrats, qu’il s’agisse d’apporter une solution contre le risque de surchauffe d’éolienne, la protection du sol sous des capteurs solaires ou la pose à grande échelle de géotextile pour le méga projet d’aéroport à Singapour. Le tout mené sous le triptyque productivité, maîtrise des coûts et valeur ajoutée. 

Il est parfois difficile de trouver des effectifs parmi la main-d’œuvre luxembourgeoise.

Claude Metzdorf, directeur général, DuPont de Nemours Luxembourg

«Nous avons besoin d’un personnel très qualifié, ajoute Claude Metzdorf. Or, il faut bien reconnaître qu’il est parfois difficile de trouver les effectifs dont nous avons besoin parmi la main-d’œuvre luxembourgeoise.» Si les profils recherchés sont de plus en plus qualifiés, l’employeur veut aussi donner sa chance aux personnes disposant d’un bagage plus léger et en recherche d’un emploi, dans la continuité de l’accord signé entre le patronat et le gouvernement visant à embaucher 5.000 personnes inscrites à l’Adem d’ici trois ans.

«Nous avons offert une initiation à l’emploi à 10 personnes qui étaient inscrites à l’Adem en janvier dernier. Au-delà du nombre de 5.000 personnes à placer, il est avant tout important d’imprimer une dynamique, que chaque entrepreneur prenne sa responsabilité.»

52 hectares de libres

Logé sur un site de 104 hectares dont seule la moitié est occupée par ses lignes de production et installations où travaillent un millier de personnes, l’industriel entend utiliser à bon escient un patrimoine foncier que d’aucuns peuvent lui envier. À deux pas des axes autoroutiers et de l’aéroport.

Et l’idée d’attirer des entreprises sur le site fait son chemin. «Nous sommes occupés à revoir notre vision du site où nous disposons notamment d’une station d’épuration pour l’équivalent de 60.000 personnes, ce qui conviendrait notamment à toutes les entreprises qui en auront besoin», ajoute Claude Metzdorf.

Gardé secret quant aux contacts pris avec d’éventuelles entreprises intéressées, le projet ne manque pas d’intérêt pour certains secteurs comme les sciences de la santé, proches d’un des cœurs de cible de DuPont de Nemours. Une formule adaptée aux besoins économiques d’un pays qui veut justement attirer de nouvelles entreprises sur son sol et créer des écosystèmes dans les domaines identifiés comme prioritaires pour un avenir économique diversifié.