PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Alfi Global Distribution Conference

Digitalisation et éducation



Denise Voss a annoncé une progression des actifs de 6% au cours du premier semestre. La barre des 4.000 milliards d’euros est très proche. (Photo: Marion Dessard)

Denise Voss a annoncé une progression des actifs de 6% au cours du premier semestre. La barre des 4.000 milliards d’euros est très proche. (Photo: Marion Dessard)

Les robots arrivent, les capitaux aussi. Alors que les chiffres montrent encore des progressions importantes pour l’industrie des fonds luxembourgeoise, les enjeux de la digitalisation se font de plus en plus présents, ont pointé les premiers orateurs de la conférence annuelle de l’Alfi.

L’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement a entamé la 26e édition de l’Alfi Global Distribution Conference par des chiffres encourageants. Au cours du premier semestre 2006, les actifs nets ont augmenté de 6% dans les fonds gérés depuis le Luxembourg, plaçant la barre des 4.000 milliards d’euros d’actifs à une distance tout à fait abordable pour les prochains mois.

«Au cours du premier semestre 2016, les chiffres n’avaient augmenté que de 2%», a constaté Denise Voss, présidente de l’association. L’augmentation est due à la fois à la souscription nette et au bon comportement des marchés.

L’inconnue reste de savoir pourquoi plus d’argent a été placé dans les fonds. «Il y a un plus grand optimisme en Europe que l’an dernier», observe Freddy Brausch, vice-président de l’Alfi. «En plus, la faiblesse des taux d’intérêt fait que des gens qui n’auraient peut-être pas investi dans des fonds s’y sont finalement résolus.»

Faire connaître le secteur

L’industrie luxembourgeoise des fonds constate d’ailleurs qu’il reste un important travail pour faire connaître les possibilités qu’elle offre au public le plus large. «En Europe, 8% à peine des ménages investissent dans les fonds», note Marc-André Bechet, directeur Legal & Tax à l’Alfi. «Aux États-Unis, le taux est trois fois plus important et les familles investissent en moyenne 125.000 dollars dans cinq fonds différents.»

L’éducation à la finance est donc un des défis qu’entend relever l’association. Il y en a d’autres. La conférence qui se tient ces mardi et mercredi au Centre de congrès sur le plateau du Kirchberg insiste aussi beaucoup sur les enjeux de la digitalisation. L’urgence n’est peut-être pas encore très perceptible en Europe, mais les fameux robots-conseillers font déjà de très grands pas sur le continent asiatique.

Barbara Wall, managing director de Cerulli Associates, a ainsi fait part des résultats d’une enquête réalisée auprès de 1.000 investisseurs asiatiques. 54% d’entre eux se déclarent prêts à recourir aux fameux robots dans le futur et 17% admettent qu’ils y ont déjà eu recours pour construire des portefeuilles d’investissement.

Par rapport au Brexit, nous n’avons pas besoin de déployer une grande agressivité.

Freddy Brausch, vice-président Alfi

Par rapport au Brexit et aux opportunités d’attirer de nouveaux acteurs, l’association luxembourgeoise maintient son discours sobre, faisant toujours du Royaume-Uni un partenaire très important. La preuve par les chiffres. À la fin du premier semestre, les investisseurs britanniques ont investi 688,3 milliards d’euros dans les fonds luxembourgeois, ce qui en fait le deuxième plus important investisseur derrière les États-Unis.

«Nous nous plaçons dans la compétition pour attirer de nouveaux acteurs», confirmait Freddy Brausch en marge de la conférence. «Mais nous n’avons pas besoin de déployer une forte agressivité. Les acteurs du secteur nous connaissent et ils viendront s’ils y voient un intérêt pour eux.»