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POLITIQUE

Débat à la Chambre

Des centaines d’emplois grâce au Brexit



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Avec une approche «zen», Pierre Gramegna juge avoir adopté la bonne stratégie dès le départ. (Photo: chd.lu)

Le gouvernement défend son approche d’un «appétit sain» par rapport à la sortie programmée du Royaume-Uni de l’Union européenne. Lors d’un débat au Parlement ce mardi, il déclarait s’attendre à «quelques centaines» d’emplois, tout au plus.

On apprenait ce mardi lors du débat sur «les effets potentiels d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sur la place financière internationale de Luxembourg» que le gouvernement ne s’attend pas à la relocalisation de grandes banques systémiques sur la Place. La place financière luxembourgeoise serait le «back-office» ou une Place «complémentaire» pour la Place de Londres, les maisons mères étant souvent dans la City, tandis que les produits seraient écoulés via le Luxembourg. Une relation que la majorité, DP-LSAP-Déi Gréng, souhaite préserver.

Le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP), ainsi que son collègue, le député André Bauler, et le député socialiste, Franz Fayot, rappelaient cependant, lors de leurs prises de parole respectives, que tandis que le Brexit coûterait à l’économie luxembourgeoise en matière d’exports notamment, il représenterait également des opportunités. On rappelait à la Chambre ce mardi qu’une bonne demi-douzaine de banques et une bonne demi-douzaine de compagnies d’assurances s’établiraient au Luxembourg. Le ministre des Finances expliquait d’ailleurs que le temps des «boîtes aux lettres est terminé» et que «le mot magique est: ‘substance’».

Face aux inquiétudes exprimées notamment par le député de Déi Lénk, Marc Baum, par rapport au fait que le Luxembourg ne disposerait pas des infrastructures nécessaires pour accueillir davantage d’activités, Pierre Gramegna rassurait néanmoins en disant que face à Francfort qui devait s’attendre à 4.000 emplois supplémentaires, le Luxembourg, lui, ne devait pas s’attendre à plus de «quelques centaines».

«Un appétit sain»

Cela dit, les incertitudes provoquées par le référendum britannique du 23 juin 2016 mèneront à la relocalisation de certaines de banques et assurances sur le continent, et le Luxembourg aurait, selon Pierre Gramegna, «de bonnes cartes» à jouer. Le ministre des Finances vantait lors du débat les qualités du cadre légal luxembourgeois qui, à lui seul, suffirait à attirer des entreprises. Il rejetait dès lors la proposition d’une «agence centrale Brexit», formulée par le député du CSV et avocat d’affaires, Laurent Mosar.

Tandis que Laurent Mosar estimait que dans son approche pour attirer des entreprises, le gouvernement ne devrait être «ni naïf ni agressif», André Bauler défendait la ligne du DP d’un «appétit sain». Une approche également saluée par le député de Déi Gréng, Claude Adam.

Pierre Gramegna qualifiait son approche «décidée dès le référendum britannique» de «juste», étant donné que le Luxembourg n’aurait même pas besoin de faire plus d’efforts pour attirer des acteurs économiques, mais aussi qu’une approche trop agressive provoquerait une course vers le bas avec le Royaume-Uni, notamment en matière fiscale. Le ministre des Finances estimait néanmoins que Londres, ayant toujours poussé pour une application rapide du programme Beps (programme contre l’optimisation fiscale trop agressive), ne ferait sans doute pas marche arrière sur ce volet.