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Législatives 2018

Déi Gréng, dans la cour des grands



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Au terme d'une première participation gouvernementale, Déi Gréng a gagné son statut de partenaire crédible pour une coalition. (Photo: LaLa La Photo / archives)

Série (3/6): l’évolution des résultats de partis. Déi Gréng participent cette année à leur huitième scrutin législatif. Né dans la mouvance antinucléaire et pacifiste, le parti partage les commandes du gouvernement depuis cinq ans en dépit d’un résultat en repli aux dernières élections.

À en croire un sondage de TNS-Ilres publié en juin dans les médias luxembourgeois, une coalition CSV-Déi Gréng est la plus souhaitée pour un tiers des personnes interrogées, alors que 16% voient plutôt une alliance CSV-DP et 13% une coalition CSV-LSAP. 

Même si ce sondage n’a pas grande valeur de prédiction, il est symptomatique pour les Verts. Participant pour la première fois de leur jeune histoire à une coalition gouvernementale, ils sont considérés comme une des formations ayant le plus de chances de rester au gouvernement après les élections du 14 octobre.

En termes de résultats, le parti écologiste se positionne en quatrième position derrière les trois grandes formations traditionnelles. Fondé en 1983 sous le nom de Gréng Alternativ Partei (GAP), il participe dès l’année suivante aux élections législatives et recueille plus de 4% des suffrages, un score qui ne lui permet pas d’entrer à la Chambre, mais qui constitue un succès prometteur pour les scrutins suivants. 

La formation politique connaît à ses débuts une phase tourmentée. En 1986, une scission est consommée et un de ses animateurs de la première heure, Jup Weber, crée un parti concurrent sous le nom de Gréng Lëscht Ekologesch Initiativ (GLEI). Lors des élections de 1989, les deux partis remportent chacun deux sièges et font leur entrée au Parlement.

Quelle capacité mobilisatrice?

Aux élections suivantes, les deux partis présentent des listes communes et obtiennent cinq sièges, ce qui leur permet en même temps de constituer un groupe parlementaire. En 2004, Déi Gréngremportent deux sièges supplémentaires et confirment leurs sept mandats cinq ans plus tard, recueillant à chaque fois plus de 11% des suffrages. 

En 2013 par contre, ils perdent un siège et se retrouvent à six élus, dépassant tout juste les 10% des suffrages. Cela n’empêche pas les Verts de former une majorité avec les libéraux et les socialistes de manière à entrer au gouvernement. 

En analysant les résultats des cinq derniers scrutins où le parti s’est présenté à l’unisson, on peut se demander si les Verts ont atteint leur capacité mobilisatrice avec un maximum de sept mandats sur soixante et avec un nombre de suffrages tournant autour des 11%. 

Cette question se pose d’autant plus que sur le plan local, le parti parvient encore à progresser comme l’ont montré les dernières élections communales lorsque les Verts ont remporté un total de 77 mandats.

Deux épisodes de cette législature semblent confirmer cette double évolution: quand il s’est agi de désigner un nouveau président du syndicat ProSud, c’est un Vert qui a été élu à la surprise générale alors que les socialistes étaient convaincus qu’un des leurs parviendrait à s’imposer. 

À l’inverse, quand il a fallu désigner un nouveau membre au Conseil d’État, la prétendante choisie par Déi Gréng s’est fait brûler la politesse par une autre candidate qui s’était présentée en dernière minute pour ce même poste. Chez les Verts, on espère que ce n’était qu’un simple accident de parcours.