POLITIQUE & INSTITUTIONS
EUROPE

Secteur automobile européen

«D’autres alternatives que le tout-électrique»



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Face aux propositions de la Commission, les constructeurs s’inquiètent du devenir de la compétitivité de l’industrie automobile européenne. (Photo: DR)

Les choix et les propositions de la Commission européenne en matière de véhicules à faibles émissions sont critiqués par les constructeurs qui craignent pour la compétitivité du secteur.

Alors que les ventes de voitures neuves ont progressé de 3,4% en Europe l’an dernier, à 15 millions d’unités pour la première fois depuis 2007, cette progression ne devrait atteindre qu’à peine 0,8% cette année, vient d’indiquer ce mercredi – alors que se déroule au Luxembourg l’Autofestival – l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea).

Par la voix de son président Carlos Tavares, par ailleurs président du conseil d’administration du groupe PSA, l’association basée à Bruxelles précise tirer cette prévision des incertitudes liées au Brexit mais surtout aux règles d’émissions de gaz polluants, dont notamment le dioxyde de carbone (CO2).

Sur ce second point, l’Acea s’est dite préoccupée par le fait que les propositions actuelles de la Commission européenne en matière de réduction de CO2 «ne sont pas totalement neutres sur le plan technologique».

D’autres options à prendre en compte

Pour Carlos Tavares, si l’exécutif européen encourage à travers ses propositions les véhicules à faibles émissions – autrement dit les véhicules 100% électriques –, «il ne prend pas suffisamment en compte d’autres alternatives que ceux-ci».

Évoquant une part de marché «faible et fragmentée» des véhicules électriques en Europe, l’Acea estime que les propositions de la Commission doivent dès lors être examinées attentivement. «Nous avons besoin d’une vision à 360 degrés sur cette situation, y compris dans ses aspects économiques et sociaux», a souligné hier le président de l’Acea.

Selon lui encore, la baisse des parts de marché du diesel en faveur de l’essence en Europe pose également de sérieux défis en matière d’objectifs de CO2, non seulement ceux à préciser pour l’horizon 2030, mais également ceux déjà fixés pour 2021.

D’où l’appel de l’Acea pour une approche ambitieuse, mais surtout réaliste, en matière de normes de rejet. Et un plan bien équilibré pour une transition progressive vers les véhicules à faibles émissions «limitant l’impact direct sur la compétitivité de l’industrie automobile européenne».