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Bilan

Commerce : 20 millions rapatriés par an



Le Luxembourg commercial séduit les autochtones et les adeptes de la destination shopping. (Photo : David Laurent/wide/archives)

Le Luxembourg commercial séduit les autochtones et les adeptes de la destination shopping. (Photo : David Laurent/wide/archives)

Il y a cinq ans, le Luxembourg se lançait un défi : éviter la fuite du chaland local vers les zones frontalières. La confédération luxembourgeoise du commerce constate la réussite de l’opération : sur cette période, plus de 100 millions d’euros ont été dépensés au Grand-Duché plutôt qu’ailleurs.

Le monde du commerce luxembourgeois avait décidé de ne pas rester au pied du mur des lamentations. Il y a cinq ans, s’ouvrait l’opération « Luxembourg, pôle de commerce de la Grande Région ». Mue par le ministère des Classes moyennes, la CLC (confédération luxembourgeoise du commerce), la fédération des artisans et le secteur Horeca, cette action entendait relancer une attractivité commerciale parfois victime d’une désaffection du public, garder le client local enclin à faire ses courses sur les zones limitrophes et promouvoir en même temps le pays en tant que « destination shopping » pour, au contraire, attirer le chaland d’outre-frontières…

C’est de là que sont, notamment, (re)partis des projets de centres commerciaux – libérés par la fin du moratoire sur les grandes surfaces – ou des concepts de dynamisation et de communication, comme le site web goodidea.lu et ses déclinaisons…

Aujourd’hui, une enquête fait le bilan de tout cela. Et il est manifestement positif. Si, avec la crise, les consommateurs ont réduit leurs dépenses depuis 2008, les Luxembourgeois ont recentré leurs achats… sur le Grand-Duché.

Inversion du flux : 100 millions

La CLC observe que, avec moins de dépenses à l’étranger et davantage dans le pays, on peut estimer que ce sont quelque 100 millions d’euros qui ont été « rapatriés » vers le Luxembourg, durant cette période, rien que par une inversion de flux de chalandise.

Il faut ensuite remarquer l’apport non négligeable des consommateurs non-résidents. Par exemple ces 720.000 consommateurs habitant dans un hinterland de 30 kilomètres derrière les frontières belge, française ou allemande, qui déclarent faire leurs courses au Grand-Duché au moins une fois par mois. C’est environ 40 % de mieux qu’en 2006.

En outre, le serpent de mer qui voit le frontalier repartir dépenser chez lui l’argent gagné au Luxembourg ou le touriste spécialisé dans l’achat furtif de carburant, de cigarettes et d’alcool, est une nouvelle fois battu en brèche. L’étude révèle par exemple que 6% seulement des non-résidents se cantonnent à des achats de produits en stations-services.

Un bon retour sur investissement

Financièrement parlant, il n’y a pas photo : le double effet (moins de fuite du pouvoir d'achat et apport accru de l’étranger) aurait permis à l’État de récolter, entre 2009 et 2011, environ 37,2 millions d’euros en TVA, sur un chiffre global de 318 millions d'euros.

Le retour est d’autant plus appréciable, lorsque que l’on sait que l’investissement public dans l’opération « Luxembourg, pôle de commerce en Grande Région » avoisine les 10 millions d’euros.

Le rendement vaut aussi pour une belle amélioration de l’image du commerce luxembourgeois. Une enquête TNS-Ilres, menée cette année, souligne des contrastes bien marqués. Si une personne sur deux au Luxembourg pense que c’est plus cher au Grand-Duché, elles sont 4 sur 5 à affirmer acheter avec plaisir au Luxembourg. C’est une progression spectaculaire, de quelque 15 %, par rapport à 2009. De même, près de 73% des résidents jugent l'offre disponible au Grand-Duché bonne, voire excellente. Et là, c’est 19% de mieux en deux ans.