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Rivalité

Bornes de recharge: de l’électricité dans l’air



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Trancher entre la technologie européenne ou la japonaise permettrait d’établir un solide réseau de bornes rapides sur les grands axes routiers. (Photo: Tesla-DR)

Si les bornes de recharge fleurissent dans les villes, le réseau de bornes rapides tarde à se développer sur les grands axes, entravant le développement des ventes de véhicules électriques. En cause, notamment, l’absence d’une norme unique.

En 2017, à peine 150.000 véhicules électriques ont été immatriculés en Europe, comptant pour à peine 1% du marché de l’automobile sur le Vieux Continent. Il est vrai qu’en l’absence d’un réseau suffisant de bornes de recharge en libre-service hors des grandes agglomérations, le choix d’un modèle 100% électrique complique singulièrement les longs déplacements.

Sur une prise électrique standard, une charge complète nécessite de longues heures, parfois une nuit entière. Les constructeurs automobiles ont donc développé deux modes de recharge supplémentaires dits accélérés et rapides. Le premier permet de remplir aux trois quarts une batterie en une heure à peu près, tandis que le second restitue 80% d’autonomie en moins de 30 minutes.

Des bornes rapides devraient rapidement investir les abords des autoroutes, afin de permettre aux Tesla, Audi e-Tron et autres Mercedes GLE de relier Luxembourg à Lyon, séparées d’environ 550km, en une traite, avec un arrêt unique d’une demi-heure.

La guerre des standards fait rage

Si le réseau de stations-service électriques tarde tant, c’est que les acteurs se livrent une guerre pour imposer leurs normes en matière d’interopérabilité, de format de prises et même de type de courant pour faire le plein des batteries! Deux technologies s’affrontent autour de la recharge rapide, l’une développée au Japon, Chademo, présente sur 6.000 bornes en Europe; l’autre d’origine européenne, CCS, qui peut compter sur 3.500 points de recharge.

Pour s’imposer, la solution «made in UE» fait valoir sa plus forte puissance de charge (jusqu’à 350kW contre 150kW pour sa rivale), ce qui se traduit par un gain de temps appréciable quand il faut assurer le plein des batteries. Un autre point en suspens concerne le format des prises embarquées dans les véhicules électriques. Là encore, l’Europe pousse pour rallier un maximum de constructeurs à son standard Type 2 (compatible charge rapide, courant alternatif/continu) face au Type 4 de Chademo.

BMW, Renault, Volkswagen, Mercedes, Tesla ou encore Hyundai ont adopté le format T2, traçant la voie vers une standardisation plus large.