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Big data ou comment valoriser les données de l’entreprise



Plus l’exploitation de la donnée est simple, plus elle joue un rôle de catalyseur de la transformation numérique. (Photo: Fotolia / Jakub Jirsák)

Plus l’exploitation de la donnée est simple, plus elle joue un rôle de catalyseur de la transformation numérique. (Photo: Fotolia / Jakub Jirsák)

Les entreprises détiennent une ressource précieuse quand il s’agit de mieux vendre, de personnaliser le service client ou de mieux cibler une offre: leurs bases de données, alimentées au fil des années. Les projets big data se multiplient, avec un bonheur variable selon le niveau de maturité des entreprises en termes d’exploitation et de sécurisation des données.

Après des années passées à guetter la révolution et les avancées promises par les experts du numérique, ça y est, les entreprises sont entrées de plain-pied dans l’ère de la donnée reine. Après le temps des fantasmes attachés au big data, place au réalisme et au pragmatisme opérationnel.

Plus l’exploitation de la donnée est simple, plus elle joue un rôle de catalyseur de la transformation numérique. Pendant longtemps, la vraie problématique a consisté avant tout à collecter la donnée, puis à la stocker. Désormais, la nécessité de valoriser les données est admise. Problème: toutes les entreprises n’ont pas la même maturité technique ou stratégique requise pour exploiter pleinement leurs données.

Big data: pour quel usage? 

L’usage-clé, c’est celui de la compréhension des données acquises auprès des clients et des fournisseurs de l’entreprise. En analysant les multiples informations collectées auprès d’un consommateur (navigation sur un site web, achats, questions au SAV, etc.), il est possible de cerner ses goûts, voire d’anticiper ses besoins. Dans une étude intitulée «Big Data & Data science: les entreprises partent à la conquête d’un nouveau monde», Umanis, leader de la data, dresse le tableau des usages que font les entreprises de leurs données.

On apprend ainsi que 23% d’entre elles envisagent prioritairement l’exploration des données; 17% œuvrent à développer leurs capacités prédictives; 15% en attendent des outils plus intuitifs à usage des opérationnels métiers; enfin, 11% aspirent à déployer des fonctionnalités de stream analytics. En résumé, si les données permettent de mieux comprendre les clients, c’est d’abord et avant tout un moyen de devancer leurs aspirations et d’être les premiers à répondre à leurs besoins dans un environnement ultraconcurrentiel.

Au bénéfice de qui? 

Tout dépend par ce que l’on entend par «bénéfice». S’il s’agit de tirer un profit financier de l’usage des données, les entreprises les plus matures sont nettement gagnantes. Mais le consommateur, le citoyen, peut aussi tirer avantage de l’exploitation des data. Chez nos voisins français, la ville de Rennes a institué un Bureau des temps. Ce dernier exploite les données de localisation générées par les opérateurs de téléphonie mobile pour mieux comprendre les flux de population et adapter les horaires de l’ensemble des transports en commun.

Des chaînes de magasins ont recours également à ce type de données pour implanter leurs points de vente. En analysant les déplacements au sein d’une ville, des cartes de chaleur symbolisant la fréquentation sont établies et serviront à redessiner les stratégies d’implantation commerciale. Dans tous les cas, les données doivent êtes anonymisées afin de préserver la vie privée de chacun. Enfin, en théorie du moins, car malheureusement, l’actualité a démontré que les géants de la high-tech eux-mêmes pouvaient commettre des impairs.

Le faux pas de Facebook et ses liaisons dangereuses avec Cambridge Analytica auront ainsi coûté quelques dizaines de milliards de dollars de capitalisation au réseau social, et quelques millions d’utilisateurs qui ont perdu confiance dans la société.

L’enjeu de la sécurité

Au bout du compte, loin des usages, loin des ambitions et des perspectives tant pour les marques, les institutions et in fine les citoyens, ce qui prime, c’est bien la nécessaire sécurisation de ce qui constitue l’or noir du 21e siècle: les données personnelles des citoyens. Les pouvoirs publics ont parfaitement saisi les enjeux. L’Europe occupe une place de pointe, le RGPD posant un cadre législatif cohérent. Est-il pour autant une garantie absolue? Seul l’avenir le dira.