POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Partenariat public-privé

131 millions investis pour booster l'énergie verte



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Deux structures fonctionnant à la biomasse et l'implantation de 15 nouvelles éoliennes vont permettre en partie au Luxembourg de combler son retard en matière de consommation d'énergie verte. (Photo: Licence C.C.)

Avec actuellement, selon les derniers chiffres disponibles, 4,5% d’énergies renouvelables dans sa consommation énergétique finale, le pays fait figure de mauvais élève européen. Pour atteindre ses objectifs d’ici à 2020, de nouvelles structures ont été dévoilées mercredi.

Rattraper le retard accumulé pour enlever l’étiquette de plus mauvais élève européen en matière de consommation d’énergie verte. Tel est l’objectif des trois projets présentés ce mercredi par Étienne Schneider (LSAP), ministre de l’Économie. À eux seuls, ils doivent ainsi représenter «un peu moins de 10% de l’objectif 2020» selon le ministre, un objectif luxembourgeois fixé à 11% d’énergie verte dans la consommation énergétique totale. Réalisés dans le cadre de partenariats public-privé, les projets concernent l’éolien et la biomasse, deux types d’énergies capables d’être produits directement au Grand-Duché.

Le premier projet dévoilé n’est autre que celui de la transformation de la centrale de cogénération du Kirchberg. Opérationnelle depuis 2001 avec une alimentation au gaz, l’unité carburera d’ici au deuxième semestre 2017 aux pellets, comme l’avait voté en mai dernier le conseil communal de la capitale. Les trois chaudières à gaz et les cinq moteurs de cogénération céderont donc leur place à une chaudière à vapeur, couplée à une turbine capable de produire jusqu’à 76.000 MWh annuels de chaleur et 22.400 MWh annuels d’électricité.

Biomasse valorisée à Sanem

Soit un peu plus de chaleur qu’actuellement, mais moins d’électricité. «Cela va nous permettre d’augmenter de plus de 50% l’énergie issue de la biomasse dans le réseau et faire économiser 22.000 tonnes d’émissions de CO2 par an», assure Paul Weis, administrateur délégué de LuxÉnergie. Coût de la transformation: 20 millions d’euros, aux frais de la société, propriété à hauteur de 60,3% d’Enovos.

La société autrichienne Kronospan, implantée depuis 1994 à Sanem, a également fait le choix de la biomasse pour sa future unité de production. Spécialisée dans la réalisation de panneaux de fibres, l’entreprise mettra en service, à compter du deuxième semestre 2017, une structure fonctionnant au bois et capable de délivrer jusqu’à 8 MW d’électricité et 32 MW de chaleur via sa turbine à vapeur. Le tout représentant un investissement de 37 millions d’euros.

Promotion des biocarburants et de l'électromobilité

Le dernier projet présenté est sans nul doute le plus spectaculaire, puisque lié à l’éolien. La société Soler, propriété à 50/50 entre Enovos et la Société électrique de l’Our, va ainsi déployer 15 nouvelles éoliennes, entre août et novembre 2016. Les implantations se feront sur les parcs éoliens existants de Hengischt, Rulljen-Géisdref et Housen-Pëtschent. À noter que les huit anciennes éoliennes du site d’Hengischt seront remplacées dans le courant de l’année par deux nouvelles, plus hautes et plus puissantes. Au total, l’investissement pour Soler s’élève à 73,8 millions d’euros.

Au total, ce sont donc quelque 131 millions d’euros d’investissements privés. La participation de l’État, elle, se retrouve «au travers des aides accordées pour les utilisateurs d’énergie verte et dans les participations dans les sociétés impliquées dans ces projets», a indiqué le ministère de l’Économie. Outre la hausse de la part d’énergie verte produite sur le territoire national, présentée comme «la priorité» par Étienne Schneider, les objectifs luxembourgeois d’ici à 2020 doivent également passer par la promotion des biocarburants et de l’électromobilité, mais aussi par des mécanismes de coopération avec d’autres pays.

Mais alors que le premier point a fait l’objet de mesures incitatives, notamment au travers de la future réforme fiscale, le second fait encore l’objet «de discussions», mais ces dernières «n’ont pas encore abouti à d’accords définitifs», selon le ministre.