PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Étude BCE

Le Luxembourg, premier pôle européen du shadow banking



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La Banque centrale européenne a calculé le poids du shadow banking en Europe en 2018. (Photo: Shutterstock)

Le shadow banking représente 40% du total des investissements en Europe, même s’il a légèrement régressé en 2018. Selon les chiffres de la BCE, le Luxembourg est de loin le premier acteur en Europe, avec 14.000 milliards d’euros d’actifs gérés dans le pays.

Dans son rapport de juillet 2019 sur le shadow banking, la Banque centrale européenne estime son poids à 41.900 milliards d’euros pour l’ensemble de l’Union européenne. Pour la zone euro, le total atteint 33.600 milliards d’euros.

Le terme de «shadow banking» – finance de l’ombre – regroupe toutes les activités de financement de l’économie hors du secteur bancaire. Les fonds d’investissement en représentent donc une grande partie.

À noter que le terme ayant une connotation négative, alors que les activités sont tout à fait légales, la BCE a fait le choix de le remplacer par le terme d’«intermédiation financière non bancaire».

Si la BCE s’intéresse de plus en plus à ce pan de la finance, c’est que son poids a fortement augmenté au cours des dernières années. Il a quasiment doublé de volume en 10 ans (22.000 milliards en 2008). Comptant pour 40% du total des financements de l’économie dans l’Union européenne, il a cependant légèrement reculé en 2018.

Suite à la forte baisse des marchés financiers à la fin de l’année 2018, le poids du shadow banking a été réduit de 1,8% au niveau de l’UE en 2018 (42.600 milliards d’euros en 2017) et de 1,3% dans la zone euro (34.100 milliards d’euros).

14.000 milliards d’euros au Luxembourg

Selon les statistiques de la BCE, six pays contribuent pour 80% à ce total: la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas. Mais avec un total de près de 14.000 milliards d’euros, le Luxembourg est largement en tête de ce classement. En deuxième position, le Royaume-Uni dépasse à peine les 6.000 milliards.

La situation du Luxembourg est notamment liée au poids du secteur des fonds d’investissement (4.300 milliards d’euros d’actifs sous gestion), mais encore plus à celui des sociétés financières de différents types qui ne sont ni des intermédiaires financiers ni des prestataires de services financiers auxiliaires (holdings, sociétés de financement internes aux multinationales, etc.). Selon la BCE, cette catégorie pèse plus de 7.000 milliards au Grand-Duché.