POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Sécurité routière

Lourd bilan humain sur les routes en 2018



238838.jpg

François Bausch souligne des chiffres désastreux concernant la mortalité des motocyclistes et regrette également le non-port de la ceinture de sécurité, constaté auprès de 6 victimes décédées et 11 blessés graves. (Photo: Camille Frati / Maison Moderne)

L’an dernier, 36 personnes ont perdu la vie sur les routes luxembourgeoises, soit 44% de plus qu’en 2017.

Les chiffres égrainés par le ministre de la Mobilité et des Transports publics sont sans appel: 31 accidents mortels (+29% par rapport à 2017), 234 accidents graves (+4%), et des victimes également plus nombreuses, avec 36 tués (+44%) et 273 blessés graves (+7%). Seul le décompte des blessés légers offre un léger mieux, avec 945 victimes, contre 1.016 (-7%) l’année précédente.

«Nous avons eu deux accidents très graves dans lesquels sept personnes sont décédées», rappelle François Bausch . Comme chaque année, il faut prendre du recul et considérer les chiffres en gardant en tête la taille du Luxembourg et le fait qu’un accident ait beaucoup d’impact sur les statistiques. «L’important, c’est la tendance générale et le fait que nous soyons dans la bonne direction depuis cinq ans», souligne le ministre Déi Gréng, qui se souvient des 45 décès sur la route enregistrés en 2013. Les premiers mois de 2019 semblent aussi s’inscrire dans cette tendance, avec 5 décès contre 13 l’an dernier à la même période.

«Il faut aussi prendre en compte le fait qu’avec la croissance luxembourgeoise, la population augmente, le nombre de frontaliers et le parc automobile aussi», ajoute-t-il. Pourtant, les accidents graves et mortels ont décru de 7,67% entre 2009 et 2018, lorsque les résidents, les frontaliers et le parc automobile augmentaient de plus de 20%, d’après les données fournies par le ministère. Le Luxembourg se place 19e parmi les pays de l’UE en termes de décès par million d’habitants, loin devant les champions britannique et danois, dont la politique de sécurité routière est bien plus drastique.

Presque un quart des victimes mortelles sur les routes sont des motocyclistes, ce qui nous montre que le plan d’action moto est une nécessité absolue.

François Bausch,  ministre de la Mobilité et des Transports publics

Autre chiffre fort de ce bilan 2018: 9 motocyclistes figurent parmi les victimes qui ont péri sur les routes luxembourgeoises. 19 conducteurs ou passagers de voitures ont également perdu la vie, contre trois piétons, trois cyclistes et un conducteur de quad. «Presque un quart des victimes mortelles sur les routes sont des motocyclistes, ce qui nous montre que le plan d’action moto est une nécessité absolue», commente M. Bausch. 80 accidents ont impliqué des motos l’an dernier, soit le double du bilan 2007.

L’objectif 2020 fixé par la Commission européenne s’établissant à 16 décès et 133 blessés graves, la route est encore longue. Même si les «efforts» menés au niveau des piétons ont manifestement porté leurs fruits, puisque 37 ont été blessés ou tués l’an dernier, contre près de 60 en 2015.

«Sans surprise», les accidents se sont le plus fréquemment produits sur des petites routes, hors agglomération et hors autoroute (84% des accidents mortels et 47% des accidents graves). Toutefois, le nombre d’accidents graves et mortels sur autoroute ne cesse de progresser depuis 2014.

238822.png

Les accidents entre véhicules demeurent les plus fréquents. (Illustration: ministère de la Mobilité et des Travaux publics)

Sans surprise non plus, la majorité des accidents graves et mortels sont survenus au printemps, et surtout en été, par temps sec. «Lorsqu’il fait beau, on a tendance à appuyer sur le champignon», explique M. Bausch. Qui déplore amèrement le non-port de la ceinture de sécurité, constaté auprès de 6 victimes décédées et 11 blessés graves.

La vitesse demeure la principale cause constatée lors d’un accident (16 accidents mortels et 67 accidents graves), devant le comportement dangereux, l’alcool et la prise de stupéfiants. Les contrôles réguliers en matière d’alcool et de drogues aidant, les accidents liés tendent à se faire moins nombreux. «Le comportement dangereux, comme le franchissement d’une ligne blanche, le dépassement indu ou la distraction à cause du téléphone, de la tablette, voire du tableau de bord, tend à progresser», dénonce M. Bausch.

238824.png

 Les comportements dangereux provoquent de plus en plus d’accidents. (Graphique: ministère de la Mobilité et des Travaux publics)

Soucieux de montrer que son ministère a à cœur d’agir pour diminuer le nombre de victimes sur la route, M. Bausch a invité Paul Meyers, directeur de l’Administration des enquêtes techniques, à présenter son rapport d’enquête sur les accidents de la route pour 2018. Le rapport fiche les accidents, leurs circonstances et dégage d’éventuelles recommandations pouvant mener à réduire la gravité des blessures, par exemple, lors d’un accident.

Comme le fait d’ajouter ici un rail inférieur sur une glissière de sécurité pour retenir un motard tombé dans un virage, ou ménager davantage d’espace entre une glissière de sécurité et un arbre. «Je transmets ces recommandations à l’Administration des ponts et chaussées pour qu’elle en tienne compte», indique M. Bausch, qui a institué le principe d’une analyse systématique des accidents de la route par l’AET il y a deux ans.