POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Conseil des gouverneurs

La BCE relance un vaste programme de prêts



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Mario Draghi repousse à nouveau l’idée de relever les taux d’intérêt. (Photo: Shutterstock)

La BCE a choisi de maintenir ses taux inchangés au moins jusqu’à la fin de l’année. Face à la dégradation du climat économique en zone euro, elle lancera aussi un nouveau programme de prêts avantageux (TLTRO) à destination des banques.

Pour ceux qui espéraient une hausse des taux d’intérêt encore cette année, il va à nouveau falloir attendre. Étant donné la dégradation du climat économique en zone euro, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a décidé ce jeudi de maintenir le statu quo «au moins jusqu’à la fin de l’année et aussi longtemps que nécessaire» pour retrouver un taux d’inflation le plus proche possible de la barre des 2%. Le taux principal de refinancement reste donc bloqué à 0% alors que le taux auquel les banques commerciales européennes déposent leurs liquidités auprès de la BCE reste en territoire négatif (-0,40%).

Bienvenue à TLTRO

Ces derniers mois, la BCE avait envisagé la possibilité d’une hausse des taux à partir de septembre de cette année. Mais les prévisions de croissance sont de moins en moins bonnes. Mercredi, l’OCDE a abaissé ses estimations pour la zone euro de 1,8% à 1% pour 2019.

Le président Mario Draghi, qui quittera son poste en octobre, ne devra donc pas infléchir la politique de l’institution de Francfort avant son départ.

Ce 7 mars toujours, la banque centrale de la zone euro a annoncé le lancement d’un nouveau programme de TLTRO, des prêts destinés aux banques à des taux favorables. L’opération – la troisième du genre depuis la crise de 2008 – démarrera en septembre de cette année pour se terminer en mars 2021.

Les TLTRO («targeted longer-term refinancing operations») doivent, selon le communiqué de la BCE, permettre de maintenir des conditions de financement bancaire favorables.

Une politique accommodante reste donc nécessaire.

Mario Draghi,  président,  Banque centrale européenne

Pour expliquer ce choix, Mario Draghi a pointé, lors de sa conférence de presse, la persistance d’incertitudes au niveau géopolitique mondial, les menaces de protectionnisme et les faiblesses des marchés émergents. Il a aussi revu les prévisions de croissance à la baisse. La hausse du PIB de la zone euro, selon la BCE, devrait être de 1,1% cette année (contre 1,7% prévu précédemment) et 1,6% en 2020. Le taux d’inflation devrait être de 1,2% (contre 1,6% lors des dernières estimations).

«Une politique accommodante reste donc nécessaire», a jugé le président de la BCE, insistant auprès des gouvernements de la zone pour qu’ils mettent en place des mesures structurelles afin d’assurer la résilience de la zone.