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Politique étrangère

Iran: Kersch prêt à démissionner



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Dès vendredi sur Facebook, Dan Kersch indique qu’il n’est pas question de soutenir une intervention américaine en Iran. (Photo: Anthony Dehez / Archives)

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, Dan Kersch, a annoncé vendredi qu’il démissionnera du gouvernement si le Luxembourg soutient une guerre américaine contre l’Iran.

«NON, NON et encore une fois NON à une guerre contre l’Iran», écrit le ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire Dan Kersch vendredi sur sa page Facebook, en appuyant son «non» de majuscules. Selon lui, «nous vivons en ce moment une campagne médiatique» de préparation à ce conflit. Les mots «attaque» et «manipulation» à propos de l’attaque des deux pétroliers, le 13 juin, en mer d’Oman, «doivent préparer nos cerveaux à une grande guerre contre l’Iran. C’est évident: une guerre contre l’Iran se prépare.»

«Si ce scénario d’horreur redouté arrive», prévient-il, «la guerre contre l’Iran par les États-Unis, il ne peut y avoir qu’une position possible du gouvernement luxembourgeois: ce n’est pas notre guerre, nous ne paierons pas pour cela et Luxembourg ne donnera aucune forme d’aide logistique.»

«Si le Luxembourg devait avoir une autre position, cela voudrait dire que je quitterai automatiquement mes fonctions.»

Asselborn appelle à la retenue

48 heures plus tard, dimanche vers 16 heures, le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn , diffusait une déclaration sur les tensions dans le Golfe.

«Il est nécessaire et urgent que toute la lumière soit faite sur ces attaques et que les responsabilités soient établies. Nous rejoignons l’appel lancé vendredi à New York par le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, pour qu’une enquête impartiale soit effectuée», écrit le chef de la diplomatie avec beaucoup plus de retenue que son collègue et membre du même parti.

«Nous appelons l’ensemble des acteurs concernés à la retenue et à la désescalade. Ce n’est pas maintenant le moment de pointer du doigt les uns ou les autres. Une confrontation dans le Golfe serait une grave menace à la paix et à la sécurité de toute la région. J’espère que la raison prévaudra, que les responsables concernés garderont la tête froide et ne s’aventureront pas dans des actions militaires», a dit M. Asselborn.

La vidéo n’est pas suffisante, selon Heiko Maas

«L’histoire nous a enseigné, avec le déclenchement de la guerre en Irak et ses conséquences, qu’on ne résout pas les problèmes en faisant parler les armes. La diplomatie doit primer», conclut-il alors que le conseil «affaires étrangères» de l’Union européenne doit se réunir ce lundi à Luxembourg pour évoquer ce sujet.

Si les États-Unis, l’Arabie saoudite ou encore le Japon ont condamné ces attaques, vidéos à l’appui, d’autres responsables politiques européens appellent à la retenue.

Comme le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, pour qui «la vidéo n’est pas suffisante. Nous pouvons bien sûr comprendre ce qu’on nous montre mais, pour tirer des conclusions, ce n’est selon moi pas suffisant.»

La Russie a aussi indiqué qu’il «ne fallait pas se précipiter sur des conclusions», selon une source diplomatique.

«Que les États-Unis aient immédiatement sauté sur l’occasion pour lancer des allégations contre l’Iran [sans] le début d’une preuve fondée ou circonstancielle fait apparaître en pleine lumière le fait que [Washington et ses alliés arabes] sont passés au plan B: celui du sabotage diplomatique [...] et du maquillage de son #TerrorismeEconomique contre l’Iran», a réagi le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, sur Twitter.