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Étude «2021 Global Climate Survey» de Robeco

Les investisseurs face au réchauffement climatique



Le désinvestissement des actifs à forte intensité carbone augmentera fortement au cours des cinq prochaines années, pour le plus grand bien du climat. (Photo: Shutterstock)

Le désinvestissement des actifs à forte intensité carbone augmentera fortement au cours des cinq prochaines années, pour le plus grand bien du climat. (Photo: Shutterstock)

Selon l’étude de Robeco, 86% des investisseurs veulent mettre le développement durable au centre de leur politique d’investissement.

Robeco publie une enquête sur la manière dont les investisseurs abordent les opportunités et les risques liés au réchauffement climatique. Enquête menée par CoreData Research auprès de 300 des plus grands investisseurs institutionnels et «wholesale» du monde pesant conjointement 23.400 milliards d’actifs sous gestion.

Enquête d’où il ressort que le réchauffement climatique est déjà un élément-clé de la politique d’investissement de 73% des sondés. Il y a seulement deux ans, cette proportion n’était que de 33%. Et dans un proche avenir, ce sera 86% des répondants pour qui les questions climatiques seront un élément-clé dans le processus d’investissement. Autre chiffre pour mieux se rendre compte de cette dynamique: il y a deux ans, 26% des investisseurs ne tenaient absolument pas compte de la question climatique. Ils ne sont plus que 3% aujourd’hui.

Ces proportions dépendent de l’origine géographique des investisseurs. 68% des investisseurs européens ont formellement adopté cette approche. Ils sont 43% en Amérique du Nord et 36% pour la région Asie-Pacifique. Un effet de rattrapage est cependant en cours: 26% des investisseurs nord-américains et 27% des investisseurs d’Asie-Pacifique disent vouloir implémenter ces politiques dans les 12 à 18 mois qui viennent. «La politique verte du nouveau président américain Biden, associée à la détermination de la Chine à vouloir définir l’agenda mondial sur le sujet, ainsi que la prochaine conférence des Nations unies sur le changement climatique en novembre 2021 à Glasgow (COP26) pourraient faire progresser les investisseurs sur ce chemin», note le rapport.

Le défi de la neutralité carbone

L’une des voies possibles vers une économie bas carbone consiste à fixer des objectifs de neutralité carbone. Si le nombre d’investisseurs ayant déjà fixé un tel objectif est encore faible (17%), il progresse fortement et devrait atteindre 52% dans les cinq ans. Ce changement aura lieu principalement en Europe et en Amérique du Nord, où, dans ces deux régions, plus de 60% des investisseurs prévoient d’adopter un objectif zéro carbone endéans ce délai. La région Asie-Pacifique est à la traine, avec seulement 29% des investisseurs qui prévoient de faire de même.

Troisième axe dans cette prise de conscience: la nécessité de décarboniser et de soutenir la transition de la dépendance aux énergies fossiles vers une économie bas carbone. L’étude indique que le désinvestissement des actifs à forte intensité carbone augmentera fortement au cours des cinq prochaines années. Mais on part de beaucoup plus bas. Actuellement, à l’échelle mondiale, 40% des investisseurs n’ont pas diminué leurs actifs à forte intensité carbone ces cinq dernières années. Un chiffre qui devrait atteindre les 20% dans les cinq ans.

Manque d’expertise

Enfin, l’étude révèle une demande évidente d’expertise, de soutien et d’éducation plus spécialisée en matière de réchauffement climatique. Au niveau mondial, 44% des sondés considèrent le manque de données et d’information comme le principal obstacle à la mise en œuvre de la décarbonation. Ce pourcentage est encore plus élevé en Europe (58%). Dans la région Asie-Pacifique, la pénurie de stratégies d’investissement bas carbone est la plus grande préoccupation (54%), et en Amérique du Nord, c’est le manque d’expertise interne en la matière qui est perçu comme le plus grand défi (45%). Conséquences, ces lacunes en matière de compréhension des principaux enjeux laissent de nombreux investisseurs dans l’embarras, ne sachant pas par où commencer ni comment faire la différence.

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