ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Avec Mich Hoffmann (CEO)

Giftable, «parce que je crois en la bienveillance»



Avec Giftable, Mich Hoffmann entend «vérifier» que la bienveillance est toujours présente en ces temps compliqués de confinement partiel, de restrictions et de suspicion. (Photo: Giftable)

Avec Giftable, Mich Hoffmann entend «vérifier» que la bienveillance est toujours présente en ces temps compliqués de confinement partiel, de restrictions et de suspicion. (Photo: Giftable)

Giftable, c’est probablement l’occasion de terminer l’année de la tech de la meilleure façon qui soit. Ou comment un entrepreneur, Mich Hoffmann, lance une application qui permet de faire des petits cadeaux à ceux qu’on aime. Par bienveillance.

Il manque un sapin qui brillerait de mille boules de Noël, de ses guirlandes, de petites bougies disséminées ici et là non loin, quelques notes de ces musiques de Noël qu’on ne supporte rarement plus que quelques minutes. Il manque quelqu’un qui vous proposerait un vin chaud âcre et parfumé à la cannelle, au moment où vous vous installez pour discuter avec un entrepreneur de la tech.

Il manque tout cela, lors de ce dernier tête-à-tête par téléphone: lui, dans sa voiture, et vous, masqué à votre bureau. Mais le projet de Mich Hoffmann, Giftable , lancé il y a peu, est une de ces nombreuses initiatives optimistes de la tech, qu’on appelle la Tech4Good quand on ne sait pas quoi en faire au milieu des fintech, des algorithmes, du cloud et autres data.

Mich, c’est presque étrange de voir l’ancien directeur technique de Reborn se lancer dans une aventure autour d’une application de cadeaux. D’où vient cette idée?

«Probablement du temps que j’avais lors des allers-retours à Berlin. J’avais de plus en plus envie de faire quelque chose qui me dépasse. De ne plus être l’employé de quelqu’un, mais de me confronter à quelque chose de plus grand. Avec une question: les gens sont-ils toujours aussi bienveillants? Je veux dire, en dehors de notre propre réseau où nous savons à peu près qui est bienveillant et qui ne l’est pas forcément ou spécialement.

J’étais tombé sur une citation brandie lors d’Occupy Wall Street, en 2011, qui parlait de créativité et de joie. Je me suis demandé comment utiliser la technologie pour permettre de faire des petits cadeaux à ceux qu’on aime, parce que je crois en la bienveillance.

L’aventure est partie en 2019. J’ai croisé des amis investisseurs qui m’ont demandé de combien j’avais besoin, parce qu’ils aimaient l’idée. Nous avons survécu à la crise: nous sommes sept, plus deux externes aujourd’hui.

Alors, c’est quoi, Giftable?

«C’est une application qui permet de faire simplement des petits cadeaux, envoyés par SMS, à quelqu’un. Aujourd’hui, nous avons plus de 300 cadeaux à proposer, de plus de 70 partenaires, dont Oberweis, Fischer ou Ferber – j’aimerais les citer tous. L’utilisateur télécharge l’application, choisit le cadeau. Il peut le personnaliser, paie par le moyen qu’il veut, et son cadeau est envoyé selon deux manières: soit l’utilisateur n’est pas débité et celui qui doit recevoir le cadeau a sept jours pour aller chercher son cadeau. Au moment où il va le chercher, le compte de l’utilisateur est débité; soit il donne 90 jours à celui à qui il destine le cadeau. Mais dans ce cas, le montant est débité.

Nous ne sommes pas matérialistes. Je veux dire que nous avons surtout des «expériences», comme aller boire un café, se faire faire un massage, suivre une séance de yoga, faire appel à des coachs, aller dans des musées. Vous savez, si vous avez un compte sur Facebook ou sur Instagram, les likes déclenchent la production de dopamine, qui vous fait du bien. J’espère que Giftable ajoutera un supplément à ce bien-être.

Pardon, mais, à Luxembourg, c’est presque plus facile d’amener le cadeau soi-même que de passer par l’application…

«Oui, même si le ‘social distancing’ modifie les règles du jeu des interactions sociales. C’est pour cela que nous avons directement inscrit Giftable dans une optique européenne. C’est vrai, ici, en 30 minutes, on est à peu près partout. Mais nous voulons ouvrir assez vite dans sept villes européennes. En mars-avril à Berlin, trois mois plus tard à Bruxelles et à Amsterdam, trois mois encore plus tard à Vienne et à Zurich et, en 2022, à Paris.

Depuis le lancement de l’app, nous avons déjà enregistré 1.100 utilisateurs qui ont envoyé plus de 1.000 cadeaux, à aller récupérer dans un des 150 points au Luxembourg, ce qui n’est pas mal du tout. Pour moi, c’est un succès, en attendant que nous lancions aussi un mode B2B2. Par exemple, quand un employeur veut récompenser ses employés au quotidien