PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Wealth management

World Wealth Report 2021 de Capgemini

La gestion de fortune vers un modèle hybride



Pour Robert van der Eijk, les sociétés de gestion de patrimoine vont devoir investir dans les talents et la technologie pour fournir aux clients fortunés les services de conseil hybrides qu’ils demandent, reposant sur la relation humaine et des outils digitaux. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Pour Robert van der Eijk, les sociétés de gestion de patrimoine vont devoir investir dans les talents et la technologie pour fournir aux clients fortunés les services de conseil hybrides qu’ils demandent, reposant sur la relation humaine et des outils digitaux. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Selon Capgemini, investir dans la technologie et les talents est une nécessité cruciale pour les sociétés de gestion de patrimoine afin de préserver leur part de marché alors que les wealthtech continuent de croître, et que le profil et les besoins de la clientèle changent rapidement.

Le nombre de millionnaires explose – il a quadruplé en 25 ans –, tout comme leurs actifs, qui ont également quadruplé. Et ces «personnes fortunées» (PF), comme on les appelle, sont particulièrement investies. Dans leurs portefeuilles, mais également dans le suivi de leurs actifs. Une tendance qui s’est développée depuis la fin des années 90. «Les PF se sont de plus en plus personnellement impliquées dans leurs investissements au cours des 25 dernières années et recherchent maintenant plus de soutien de la part de leurs conseillers. Alors que les acteurs technologiques progressent dans ce secteur, les sociétés de gestion de patrimoine doivent désormais offrir un conseil reposant sur la technologie et des modèles de services hyper personnalisés afin de répondre à la tendance qu’ont les PF à autodiriger leurs investissements dans un marché haussier, mais à revenir vers les services de conseil en cas de crise et de volatilité des marchés», résume Robert van der Eijk, managing director de Capgemini Invent Europe Cluster.

Pour qui les services de conseil hybrides, reposant sur la relation humaine et des outils digitaux, sont le nouvel eldorado pour les sociétés de gestion de patrimoine.

Combiner deux mondes

«Les percées technologiques, l’évolution de la dynamique sociale, les nouveaux acteurs de l’écosystème, la démocratisation de la gestion des investissements et l’essor des canaux et des actifs digitaux auront tous un impact sur le succès ou l’échec des sociétés de gestion de patrimoine à l’avenir. Les PF d’aujourd’hui s’intéressent aux modèles hybrides et recherchent de plus en plus un mélange de digital et d’interaction directe. D’ailleurs, 34% des PF déclarent qu’elles utilisent activement des services wealthtech – des start-up spécialisées dans les solutions de gestion de patrimoine numérique. Les sociétés de gestion de patrimoine se doivent de voir dans les wealthtech – et leur expertise du cycle de vie des consommateurs – des collaborateurs bien adaptés qui peuvent améliorer leurs capacités, leur portée et leur réactivité face aux tendances du marché. Selon elles, les deux principales raisons de s’associer aux wealthtech sont l’accès à de nouveaux segments de clientèle et la proposition de nouvelles offres uniques aux clients.»

Toute la difficulté sera donc de promouvoir les compétences des «entreprises technologiques de l’ère nouvelle» tout en renforçant l’identité des «institutions traditionnelles de gestion de patrimoine», la gestion de patrimoine restant une activité axée sur les relations, pour faire face aux mutations du secteur combinant consolidation et apparition d’acteurs issus du monde des nouvelles technologies, environnement macroéconomique difficile pour les investisseurs et une évolution dans le profil et les besoins de la clientèle.

Une insatisfaction croissante de certains clients

Sur ces derniers points, Robert van der Eijk souligne que 47% des personnes fortunées de moins de 40 ans se disent insatisfaites de la maturité digitale de leurs gestionnaires d’actifs. Notamment dans le domaine en plein essor de l’investissement de détail à commission nulle. 39% des PF déclarent qu’elles souhaitent réaliser des opérations sans frais, mais que leur société de gestion de patrimoine n’a pas encore répondu à cette demande. Autre exemple: 59% de la clientèle LGBTQ+ estiment que leurs gestionnaires de fortune ne comprennent pas leurs besoins. 

Les demandes en matière de placements évoluent également. 

Avec la flambée actuelle du marché boursier, les PF cherchent également à diversifier leur portefeuille avec des investissements alternatifs. L’investissement durable arrive maintenant à maturité, avec 43% des ultrafortunés et 39% des jeunes PF susceptibles de demander un score ESG pour les produits proposés par leurs conseillers. De plus, 72% des PF interrogées ont déclaré avoir investi dans des cryptomonnaies et 74% dans d’autres actifs digitaux, tels que des noms de domaine de sites web ou des applications. Les sociétés d’acquisition à vocation spéciale (SPAC) deviennent de plus en plus populaires, tandis que les jetons non fongibles (NFT) gagnent lentement en crédibilité dans la classe d’actifs. Autant de domaines où la demande de conseil reste forte.