PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

CONTRE LA CRISE

Les États-Unis envisagent la «monnaie hélicoptère»



Le gouvernement américain pourrait «larguer» 500 milliards USD directement à destination des ménages. (Photo: Shutterstock)

Le gouvernement américain pourrait «larguer» 500 milliards USD directement à destination des ménages. (Photo: Shutterstock)

Le secrétaire américain au Trésor a lancé l’idée, le 19 mars, de donner un pécule fixe à chaque ménage, selon sa composition, pour les pousser à dépenser et relancer la machine économique. La crise pourrait faire passer la «monnaie hélicoptère» de la théorie un peu loufoque au rang de nouvel outil pour les banques centrales.

L’idée gagne du terrain un peu partout et pourrait bien devenir le nouvel outil des États pour gérer cette crise subite et violente. On l’appelle «monnaie hélicoptère» pour donner l’image de billets de banque qui seraient déversés vers la population depuis les airs. Comme les sacs de nourriture dans les régions victimes de famine.

L’objectif est de donner directement de l’argent aux ménages pour tenter de relancer la machine économique en dopant la consommation par de nouvelles sources de revenus.

Jeudi 19 mars, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, en a clairement lancé l’idée en soutien à l’économie américaine. Il a proposé le versement de 1.000 dollars par adulte et 500 dollars par enfant dans un délai de trois semaines s’il recevait l’accord du Congrès.

Dans les 1.300 milliards de dollars d’aide que le gouvernement américain vient de réclamer au Congrès pour affronter la crise, 500 milliards seraient dédiés aux versements directs aux ménages.

Chèque-consommation

L’idée de «monnaie hélicoptère» a été envisagée, de manière théorique, pour faire grimper le taux d’inflation et ainsi éviter une phase de déflation. Comment? De manière imagée, la solution serait que la banque centrale d’un pays offre une certaine somme aux ménages sans contrepartie. Ce «cadeau» serait alors censé augmenter la masse monétaire en circulation et pousser les consommateurs à se procurer plus de biens et services. De quoi relancer la machine économique.

À utiliser avec prudence

Les opérations de «quantitative easing», lancées par les grandes banques centrales, s’en approchent. Sauf que, dans ces cas précis, elles injectent de l’argent frais en contrepartie de dettes. Alors que dans l’hypothèse d’une «monnaie hélicoptère», il n’existe aucune contrepartie.

Cette pratique ne peut être envisagée que dans des cas extrêmes. Sans être certain d’ailleurs de son efficacité. Rien ne dit en effet que les bénéficiaires ne choisiront pas de placer cette somme sur un livret plutôt que de procéder à des achats.