ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Impact des évolutions réglementaires

Établir un Cloud de confiance européen, un impératif


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Face à la perte de souveraineté sur ses données et aux risques de cyberattaques, renforcer le digital et construire une infrastructure cloud de confiance est une priorité pour l’Europe. Cette dernière souhaite reprendre la maîtrise de ses données et créer une infrastructure digitale forte.

Nous nous situons aujourd’hui dans un moment charnière où le monde physique bascule vers un monde digital. Si les voitures sont considérées comme des objets physiques que nous conduisons, elles seront demain des objets digitaux connectés à leur écosystème via le cloud. Au sein des hôpitaux, les algorithmes médicaux assureront de meilleurs diagnostics, et amélioreront les traitements et soins. La combinaison humain/digital dans l’interprétation des examens radiologiques permet déjà de mieux détecter certaines maladies.

La crise, un accélérateur

Cette digitalisation a été accélérée par la crise du Covid. «Nous avons gagné 4 à 5 ans. Le digital a permis de sauver l’économie, et nous en sommes aujourd’hui de plus en plus dépendants. Il y a sur Terre autant de données que de grains de sable», déclare Yves Reding, CEO d’EBRC. Deux phénomènes contradictoires sont aujourd’hui observés: d’un côté, une explosion de la globalisation portée par les grands providers cloud américains et chinois, et de l’autre, une importante prise de conscience de l’Europe et de sa dépendance par rapport aux données. «La donnée est le pétrole du futur, une ressource stratégique. La crise du Covid-19 a révélé la perte de souveraineté de l’Europe sur ses données. L’Europe digitale doit reprendre le leadership face au tsunami de l’intelligence artificielle. Il est urgent de reprendre la maîtrise sur cette donnée et de construire une industrie digitale européenne.»

Nous avons gagné 4 à 5 ans. Le digital a permis de sauver l’économie, et nous en sommes aujourd’hui de plus en plus dépendants. Il y a sur Terre autant de données que de grains de sable.
Yves Reding

Yves Reding,  CEO,  EBRC

Redonner de la gouvernance à l’Europe

Voté en juillet 2020 et ratifié par les différents parlements, le projet Next Generation EU consacre 20% du budget au digital. Dans ce cadre, le projet Gaia-X vise à construire cette industrie digitale européenne. En effet, le cloud ne se résume pas à des infrastructures, des data centers ou des ressources, mais concerne également des softwares, applications et cas d’usage. «Demain, tout sera cloud. Gaia-X veut donc porter des valeurs: transparence, portabilité, interopérabilité, sécurité, qualité et souveraineté des données. En Europe, la circulation de ces données est compliquée, car il n’existe que peu de standards.» L’objectif poursuivi est donc de redonner à l’Europe les moyens de gouverner et reprendre le contrôle sur les données des citoyens européens avec davantage de transparence.

Miser sur la qualité et la sécurité des données

Voici maintenant dix ans qu’EBRC prône ces valeurs. «Nous avons lancé Trusted Cloud Europe en 2011 et obtenu plusieurs certifications, dont la sécurité ISO27001 et la continuité ISO22301. Dans le nom EBRC, il est important de retenir le E pour ‘European’, car nous souhaitons faire de Luxembourg une capitale européenne de la confiance, mais aussi le R pour ‘Reliance – Rely on’. Il s’agit donc de notre offre digitale de confiance.»

Avant la crise, la tendance était au low cost. Aujourd’hui, la qualité, la sécurité et la souveraineté des données ont repris le dessus, car le digital a révélé sa criticité et sa fragilité. «Il est primordial de miser sur cette tendance et de chercher à maîtriser ces données, les localiser et s’assurer de leur transparence et gouvernance. La régulation s’accroît également. L’Europe impose par exemple des règles toujours plus fortes.»

Le cloud de confiance, auquel les entreprises peuvent confier leur trésor (les données), est amené à devenir le futur standard européen. «Demain, tout sera digital. Les données seront de plus en plus sensibles et critiques. C’est en phase avec notre vision de devenir un centre d’excellence et de confiance européen dans la protection et la gestion des informations sensibles.»

Demain, tout sera digital. Les données seront de plus en plus sensibles et critiques. C’est en phase avec notre vision de devenir un centre d’excellence et de confiance européen dans la protection et la gestion des informations sensibles.
Yves Reding

Yves Reding,  CEO,  EBRC

Face à ce changement de paradigme et l’évolution du cloud, les sociétés peuvent se sentir perdues. EBRC, partie prenante du projet Gaia-X, accompagne ses clients et les aide face à la régulation. «Le cloud peut être hybride, avec plusieurs couches. Le cœur des données sensibles sera maîtrisé par l’utilisateur et confié à un cloud de confiance certifié et de proximité qui peut également assurer des liens et des garanties vers les grands providers.»

Entre le coût et la qualité, la balance penchera probablement vers un cloud qualitatif et de proximité. «Nous pensons que le cloud sera à l’avenir respectueux et durable. Nous avons une responsabilité par rapport aux clients qui nous confient leurs données. Le prochain virus sera cyber. Il est donc vital de renforcer la protection des services essentiels dépendants du digital: énergie, santé, transports, secteur financier… Il s’agit de penser sécurité et cyberrésilience afin de renforcer le digital.»

Cette cyberrésilience est prônée par l’Europe, qui identifie les providers cloud comme des fournisseurs de services critiques. Des règles toujours plus strictes vont s’appliquer. «Nous sommes heureux que le monde digital s’oriente vers cette direction résiliente et durable, axée qualité et sécurité.»