POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Égalité des chances

Des entreprises en phase avec leur époque



Cru 2019 Six entreprises ont reçu le label «Actions positives» dont Foyer, ici représenté par son CEO Marc Lauer, des mains de Taina Bofferding. (Photo: Matic Zorman)

Cru 2019 Six entreprises ont reçu le label «Actions positives» dont Foyer, ici représenté par son CEO Marc Lauer, des mains de Taina Bofferding. (Photo: Matic Zorman)

Six entreprises se sont vu décerner le label «Actions positives» pour leur implication concrète en faveur de l’égalité des sexes. Retours d’expérience.

0net, Foyer, AXA, Atos, Luxair­Group et Brink’s. Les noms des entreprises qui ont reçu, le 13 novembre dernier, le label «Actions positives» reflètent une prise de conscience à travers tous les secteurs de l’économie en faveur de l’égalité des chances dans le monde du travail. Pour la sixième fois, le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes et sa ministre Taina Bofferding (LSAP) ont donc remis ce label à ces employeurs qui ont adopté une démarche volontariste.

Elle débute par une demande d’adhésion au label auprès du ministère qui, à son tour, mandate un bureau d’experts externes pour réaliser une enquête de satisfaction interne et une analyse des données recueillies. La mise en place d’un plan d’action permet ensuite de prétendre à un label. «Il y a trois axes majeurs qui se dégagent, précisait la ministre en marge de la remise des labels. Tout d’abord, une égalité de traitement dans le recrutement, la rémunération, la formation… Ensuite, une égalité dans la prise de décision. Enfin, une égalité au niveau de la ‘work-life balance’, qui concerne aussi beaucoup les hommes!»

En ce qui concerne Onet, qui propose des services d’entretien aux entreprises, ses dirigeants ont démarré le programme «Actions positives» fin 2016. La société a mené une grande enquête en interne qui a permis de déterminer que les salariés demandaient plus d’écoute de la part du management intermédiaire, notamment sur les possibilités d’évolution au sein de l’entreprise.

«Nous comptons 75% de femmes chez nous, la parité n’était donc pas problématique. Mais nous avons travaillé pour que l’ensemble des postes soient accessibles à tous et d’abord à nos salariés en interne. Nous avons donc mis en place des procédures afin de permettre une réelle mobilité en interne. On travaille pour susciter l’envie et la motivation de nos salariés», détaille Pascal Roge, directeur général d’Onet.

Casser les stéréotypes des métiers

Du côté de LuxairGroup, c’est sur la parité hommes-femmes que les efforts ont été placés. De nombreux métiers du groupe aérien gardent en effet une étiquette assez «genrée». Des idées reçues que la direction tente de gommer au quotidien. «Nous avons mis en place des actions de communication autour du recrutement afin d’attirer plus d’hommes pour les postes de personnel de cabine», détaille Dominique Hemmer , directeur RH.

À l’inverse, sur les postes plus axés sur la mécanique ou la logistique, les hommes restent majoritaires. «Nous avons donc mis en place des formations avec l’Adem pour montrer que ces tâches peuvent également être réalisées par des femmes», ajoute Dominique Hemmer. La parité n’est pas encore de mise, mais l’entreprise met tout en œuvre pour s’en approcher.

Dans le secteur de l’informatique également, les clichés peuvent perdurer. On croise en effet nettement plus d’informaticiens hommes que femmes. Pour montrer que les dames peuvent évidemment aussi faire carrière dans l’IT, Atos Luxembourg a créé un réseau féminin interne, entre autres actions. «Nous avons notamment soutenu une jeune cadre en la nommant au management team de Luxembourg et en lui offrant une formation au leadership», explique Véronique Lumen, director Belux.

La parité avant tout

De son côté, AXA a engagé énormément de travail sur la question de la diversité puisque l’assureur a mis pas moins de 41 actions en place sur deux ans. L’audit réalisé a surtout mis en exergue une mau­vaise compréhension de certains processus déjà existants.

«Certains pensaient par exemple qu’on ne pouvait pas évoluer dans la société si on ne travaillait pas à temps plein. Ce qui est loin d’être le cas. Nous avons donc interviewé plusieurs collaborateurs dans le cas et qui avaient bénéficié de promotions et avons diffusé les interviews en interne», explique Claudia Colantonio, executive assistant et CR & DI coordinator. AXA n’a toutefois pas à rougir au niveau de la parité puisque sur les 285 salariés, il y a 157 femmes. «Nous avons également trois femmes et trois hommes dans le comité exécutif», se réjouit Claudia Colantonio.

Parité respectée également chez un confrère du secteur, Foyer, qui compte 352 femmes sur ses 775 employés. Pour améliorer le bien-être de l’ensemble du personnel, l’assureur a mis en place de nombreux services, dont certains sortent légèrement de l’ordinaire. «Nous proposons par exemple un service de conciergerie. Cela rencontre un franc succès puisque les employés peuvent se faire aider pour le nettoyage à sec, le changement de pneus de leur véhicule ou la recherche de cadeaux», détaille Alice Bodart, responsable Communication.

Autre avantage très apprécié en interne: la possibilité de rachat de congés. En échange de leur 13e mois, les salariés peuvent en effet se voir accorder des jours de congés supplémentaires, jusqu’à 10 par an. Les pères sont également encouragés à prendre un congé parental, si bien que sur les 29 congés parentaux en cours, 19 ont été demandés par des hommes.

De son côté, l’entreprise Brink’s, spécialisée dans la sécurité et le gardiennage, n’a pas souhaité communiquer sur son adhésion au programme «Actions positives». «L’égalité des sexes est essentielle si nous voulons que nos économies et nos sociétés prospèrent. Il est important de continuer à agir pour un bien-être col­lectif», estime Taina Bofferding. À ce jour, environ 80 entreprises ont participé avec succès au programme.