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Taina Bofferding (ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes)

«L’égalité entre les sexes n’est toujours pas une évidence»



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Taina Bofferding, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes. (Photo: Anthony Dehez)

Taina Bofferding (LSAP), ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, remet, ce mercredi soir, six awards «Actions positives» à des entreprises soucieuses d’une culture égalitaire en leur sein et qui concrètement tentent de l’améliorer.

En quelques années, les awards «Actions positives» sont devenus un must pour de nombreuses entreprises. Ils récompensent celles qui ont décidé de mieux promouvoir l’égalité entre les sexes, à différents égards, et de mettre des actions concrètes en pratique pour y parvenir. Ce mercredi soir, la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes,  Taina Bofferding  (LSAP), en distinguera six nouvelles.

Que représente cette campagne «Actions positives» au sein de votre ministère?

Taina Bofferding. – «C’est un projet phare de la politique du ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes, mais aussi des partenariats forts entre celui-ci et les entreprises. Notre rôle est de les soutenir dans le cadre d’un processus de changement, de mettre en lumière les bonnes pratiques...

Pour que les femmes soient traitées de manière plus égalitaire?

«Non, pour que les deux sexes soient traités de manière égalitaire. Les actions touchent aussi bien les hommes que les femmes. Il y a trois axes majeurs qui se dégagent. Tout d’abord, une égalité de traitement dans le recrutement, la rémunération, la formation… Ensuite, une égalité dans la prise de décision. Enfin, une égalité au niveau de la ‘work-life balance’, qui concerne aussi beaucoup les hommes!

Des lois, il y en a. La différence, ici, c’est la participation des salariés et l’implication de délégués à l’Égalité.
Taina Bofferding

Taina Bofferding,  ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes

Concrètement, comment le processus est-il organisé?

«Les entreprises doivent candidater auprès du ministère, avant qu’une convention ne soit conclue, et un groupe de travail mis en place. Un programme est alors établi sur base d’un screening de l’entreprise. C’est cet état des lieux qui détermine ce qui peut être amélioré et comment y arriver. Il faut ensuite faire bouger les choses. Le ministère apporte une aide technique via des outils et un soutien financier. La démarche n’est pas anodine, car les critères sont stricts, demandent une implication du management. C’est aussi un engagement durable.

Vous préférez une approche de ce genre à une autre, législative, qui imposerait les choses aux entreprises?

«Des lois, il y en a: sur le harcèlement sexuel, sur l’égalité salariale… La différence, ici, c’est la participation des salariés eux-mêmes et l’implication de délégués à l’Égalité.

Un award «Actions positives» pourrait-il devenir un argument de recrutement?

«J’espère que oui. Quand on peut intégrer une entreprise qui prône l’égalité entre les sexes et le respect des valeurs fondamentales, c’est tout de même mieux.

On veut faire évaluer notre programme, et l’adapter de manière plus fine aux spécificités des entreprises.
Taina Bofferding

Taina Bofferding,  ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes

Les entreprises évoluent vite, la société aussi. Votre programme en tient-il compte?

«On veut en effet faire évaluer notre programme de manière externe, afin de le renforcer. L’idée est de l’adapter de manière plus fine en fonction des profils des entreprises.

Et le service public?

«De fait, les awards sont ouverts au service public, mais on a un peu ralenti à ce niveau. Encore une fois, pour la bonne raison que la grille du programme destinée, par exemple, aux communes était la même que celle proposée aux entreprises privées. Cela ne peut pas marcher. Nous sommes donc occupés à réfléchir à un programme adapté aux administrations de l’État et aux communes, afin aussi de leur proposer des actions spécifiques.

L’égalité entre les sexes n’est pas encore une évidence au Luxembourg?

«Ce n’est en effet pas encore toujours une évidence. Mais on y travaille.»