PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Vue des marchés

Crise énergétique et COP26: l’équation impossible?



Chez Pictet AM, les experts estiment que des transitions énergétiques propres et bien gérées sont une solution aux problèmes d’aujourd’hui sur les marchés du gaz et de l’électricité, et non la cause de ces problèmes. (Photo: Shutterstock)

Chez Pictet AM, les experts estiment que des transitions énergétiques propres et bien gérées sont une solution aux problèmes d’aujourd’hui sur les marchés du gaz et de l’électricité, et non la cause de ces problèmes. (Photo: Shutterstock)

Hasard du calendrier, la COP26 se tient en même temps qu’une crise énergétique sur fond de pénurie de gaz provoquant une flambée des prix de l’électricité. De quoi menacer la transition énergétique? Les gérants du fonds Pictet-Clean Energy ne le pensent pas. Bien au contraire.

Pour les gérants de chez Pictet Asset Management, la volatilité de l’approvisionnement énergétique et les chocs qui en découlent témoignent avant tout de la dépendance excessive de l’Europe à l’égard des importations de combustibles fossiles.

«Les hausses actuelles des prix de l’énergie rappellent aux sociétés qu’un approvisionnement plus diversifié favoriserait l’indépendance énergétique et affaiblirait la dépendance à l’égard des prix volatils du pétrole et du gaz. Malgré la forte croissance des énergies renouvelables au cours des dernières années, le bouquet énergétique de l’UE se compose encore aujourd’hui d’environ 70% de combustibles fossiles, et plus des trois quarts des importations de gaz naturel de l’UE dépendent de quatre pays: Russie, Norvège, Algérie et Qatar.

La situation actuelle met clairement en évidence l’importance de se concentrer sur l’augmentation de l’offre locale d’énergie solaire, éolienne et de stockage d’énergie pour atténuer cette dépendance en stimulant la production locale d’électricité», estiment-ils.

Pour eux, «il est primordial de coordonner le développement de l’offre d’énergie propre et du stockage avec l’élimination progressive des combustibles fossiles pour éviter de nouveaux chocs et une plus grande volatilité du système à l’avenir». Une position qui prend le contre-pied des partisans des combustibles fossiles qui utilisent la crise actuelle pour mettre en garde contre les dangers d’une transition énergétique accélérée. Et d’insister sur le fait que le coût du changement climatique sera bien plus élevé et grave que la hausse des prix de l’énergie.

Potentiel déflationniste

À moyen terme, les gérants estiment que la nature déflationniste des énergies renouvelables – les sources que sont le vent et le soleil étant par nature gratuites – permettra de contrer les effets inflationnistes de la hausse des prix des combustibles fossiles.

«La crise actuelle a suscité des inquiétudes quant à l’impact inflationniste de la transition énergétique. Il est important de rappeler que les énergies renouvelables, après avoir connu une décennie de réductions drastiques des coûts, sont aujourd’hui la source d’énergie la moins chère dans la plupart des régions, et que les coûts continuent de baisser. Bien que nous puissions connaître quelques moments de volatilité des prix dans les étapes initiales de la transition énergétique, alors que les économies s’ajustent, l’ajout de plus d’énergies renouvelables et de stockage dans le mix énergétique est le meilleur moyen de réduire nos factures d’énergie à long terme.»

Un univers d’investissement en extension

Sous réserve de faire des progrès en matière de stockage pour contrer toute volatilité de l’approvisionnement due aux aléas climatiques. «La flambée des prix en Europe n’est pas seulement due à une forte demande et à une offre de gaz plus restreinte que prévu, mais aussi à une disponibilité plus faible que d’habitude des ressources éoliennes», relève l’équipe de gestion, pour qui «le stockage de l’énergie à long terme représente encore un défi aujourd’hui». Des progrès, il faudra aussi en faire en matière d’efficacité énergétique, «un côté de l’équation souvent négligé».

Au final, on estime chez Pictet que les raisons économiques et environnementales fondamentales de la transition énergétique sont de plus en plus évidentes, et on s’attend à un soutien accru de la part des pouvoirs publics à la transition énergétique. «Ce qui, avec l’amélioration de l’économie de nombreuses technologies environnementales telles que les énergies renouvelables, les batteries pour le réseau ou les véhicules électriques et les technologies d’efficacité énergétique, fournira une toile de fond de plus en plus favorable à l’univers d’investissement des énergies propres», conclut Pictet Asset Management.