LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Bien-être

à l’approche de la Saint-Valentin

Comment faire des rencontres à l’ère du Covid?



Malgré la crise sanitaire, les rencontres restent possibles, mais clairement, elles sont plus contraignantes. (Photo: Shutterstock)

Malgré la crise sanitaire, les rencontres restent possibles, mais clairement, elles sont plus contraignantes. (Photo: Shutterstock)

La fête des amoureux voit traditionnellement son lot de soirées speed dating et rencontres animer de nombreux bars et clubs au Luxembourg. Mais pas en 2021, restrictions sanitaires obligent. Voilà donc les pistes ouvertes aux célibataires.

Rassemblements limités, couvre-feu, port du masque et respect des deux mètres de distance sont autant de bâtons dans les roues pour les célibataires à la recherche de l’âme sœur. Les outils de rencontres s’adaptent et restent nombreux. Petit passage en revue.

Les sites de rencontres

Badoo, Meetic, et j’en passe; les sites de rencontres pullulent sur le web, avec une segmentation de plus en plus marquée pour certains acteurs qui se positionnent clairement sur une cible particulière: les personnes matures, les gays, les sportifs, etc.

Reste encore à trouver l’âme sœur dans cet énorme flux de données, où les frontières du réel et du virtuel sont parfois ténues. Meetic, par exemple, propose des fonctionnalités d’appel vidéo, de speed dating virtuel, mais aussi des événements en ligne organisés entre participants de la même tranche d’âge et de la même zone géographique. Le portail revendique une moyenne de 650 participants. Par exemple, pour la Saint-Valentin, il propose une dégustation de vin en visioconférence. Comptez quand même 44,90 euros pour la participation.

Les pratiques des utilisateurs changent elles aussi. Par exemple, Jean, inscrit sur un site réservé aux relations extra-conjugales, nous raconte qu’en ce moment, il ne rencontre plus personne à cause du Covid-19. Un autre utilisateur renseigne cependant sur son profil loger à l’hôtel toute la semaine, ce qui facilite les rendez-vous interdits.

Les applications de rencontres

Dans le même registre, les applications ont elles aussi leurs adeptes. Tinder, Happn, Bumble… Parfois réputées moins sérieuses que les sites historiques, elles permettent à beaucoup de trouver l’amour. Il suffit de le communiquer clairement. Ce que permet par exemple Fruitz, où on indique dès son inscription si on veut «trouver sa moitié» en choisissant l’émoji cerise, ou des «câlins récurrents sans pépins» avec l’émoji pastèque. Once propose quant à elle une seule rencontre par jour. Ces applications sont gratuites, mais proposent des formules payantes permettant de «swiper» (glisser d’un profil à l’autre pour découvrir de potentiels matches) à l’infini, par exemple. Plusieurs ont intégré leurs propres outils de discussion vidéo depuis l’arrivée du Covid-19. Pour la Saint-Valentin, les utilisateurs résidant en France ou en Belgique de l’application Adidas Running ayant couru sept kilomètres pourront également bénéficier d’un mois d’abonnement gratuit à Tinder Gold .

Dans la pratique, les «dates» en face à face se poursuivent, même s’ils sont moins nombreux, nous rapportent plusieurs utilisateurs. Bars fermés obligent, les lieux de rendez-vous changent. «Forêt, voiture, tout est bon à prendre! On a tous très faim. Par ces temps, on ne sait plus comment faire, c’est très compliqué», témoigne ainsi Lucas, 24 ans, sur l’app de rencontre gay Grindr.

«J’ai eu un ‘date’ qui s’est fait sous forme de randonnée. Plusieurs dans la bagnole. Une autre rencontre s’est faite pendant une journée shopping avant Noël», nous raconte de son côté Claudio, 28 ans, sur Tinder. Qui voit dans le couvre-feu à 18h en France une «bonne excuse pour mettre les voiles» si nécessaire.

Pour beaucoup, cela se passe «directement chez l’un ou chez l’autre».

Forêt, voiture, tout est bon à prendre!

Lucas,  utilisateur de l’application Grindr

Certains demandent un test PCR négatif au préalable, comme Jules, 31 ans. Ce qui ne veut pas dire qu’il va jusqu’à exiger une preuve. Tous ne sont pas aussi prudents. «Personnellement, toutes les personnes que j’ai vues, c’était sans masque et sans test. On s’est fait confiance et on a beaucoup parlé avant», explique Jérémy, 22 ans. Ayant choisi l’option «pastèque» sur Fruitz, il explique que ce sont des «rendez-vous où le masque aurait gêné». Roman, 33 ans, se renseigne d’abord sur le mode de vie de la personne. «Est-ce qu’elle fait attention? Se rend-elle à des soirées? Il est facile de voir, sur les stories Instagram des gens (souvent associées aux profils, ndlr), ce qu’ils font le week-end.» Mais il ne demande ni masque ni test PCR. Tout comme Louis, 37 ans, qui parle d’un «risque, je le concède. Mais mesuré, dans le sens où je ne multiplie pas les ‘dates’.»

«Si l’envie est là, le couvre-feu ou le Covid n’entravent pas les rencontres pour moi», ajoute Léa, sur Tinder.

Pour Marie, qui s’est mise en couple au déconfinement de printemps, «la question ne s’est pas posée dans le sens où nous discutions beaucoup et savions l’un comme l’autre que nos contacts étaient réduits. On se rendait compte que se voir doublait notre exposition au virus, mais prendre ce risque valait la peine!»

Agences matrimoniales

Face aux sites et apps, les agences matrimoniales n’ont pas dit leur dernier mot, bien au contraire. Qu’ils soient déçus de ces outils numériques de rencontres, absents des réseaux sociaux voire de la Toile ou encore réticents à l’idée d’apparaître sur des sites de rencontres, les clients de l’agence Luxdates ont tous une raison de solliciter ses services. Comptez entre 3.500 et 12.000 euros pour dénicher votre moitié. «Je ne suis pas un algorithme, j’utilise mon expérience pour créer des couples», explique sa fondatrice et chasseuse de têtes de formation, Claudia Neumeister. Le marché est en tout cas fourni avec aussi l’agence Atoutcoeurs Luxembourg, Esther Keller, ou encore MacBeth Matchmaking.

Lieux de sortie autorisés

Ce n’est pas parce que les bars sont fermés et les contacts limités qu’il n’est plus possible de tomber sur l’âme sœur. Mais soyons honnêtes, c’est nettement plus compliqué de briser la glace et de faire le premier pas vers l’autre dans un contexte où le port du masque et le respect des distanciations sociales sont de rigueur.

Il reste toutefois envisageable d’élargir son cercle de connaissances, par exemple en participant à une marche en plein air, activité qui a particulièrement le vent en poupe ces derniers temps au Luxembourg .

La patience

Difficile de s’accrocher à cela tant la crise sanitaire dure depuis bientôt un an. Néanmoins, il y a fort à parier que la fermeture des bars ne sera pas éternelle, que l’été reviendra et qu’il sera plus facile de faire des sorties, et donc des rencontres.

En attendant, soulignons que la situation actuelle ne fait ni l’affaire des célibataires ni celle des couples. Les dîners romantiques de Saint-Valentin au restaurant font place à des barquettes à réchauffer, les wellness restent pour la plupart fermés au Luxembourg, tandis que la capacité et la programmation des lieux culturels restent réduites.

La plupart des prénoms utilisés dans cet article ont été modifiés, à la demande des personnes ayant accepté de témoigner.