ENTREPRISES & STRATÉGIES — Immobilier

Angélique Sabron

De brokers à experts, les défis de JLL Luxembourg



Angélique Sabron, nouvelle directrice de JLL Luxembourg. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Angélique Sabron, nouvelle directrice de JLL Luxembourg. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

JLL Luxembourg est une des agences qui comptent sur la Place. Sa direction a récemment changé, avec la nomination d’Angélique Sabron. À l’occasion du bilan annuel de la société, Paperjam Architecture + Real Estate lui a posé quelques questions.

Après avoir occupé le poste de responsable des marchés, vous venez d’être nommée directrice de JLL Luxembourg en janvier 2020. Comment se passe cette transition?

Angélique Sabron. – «Ce poste m’a été proposé et je l’ai accepté avec grand plaisir. C’est une entreprise que je connais bien de l’intérieur puisque j’y travaille depuis sept ans. Bien que nous soyons une structure internationale, nous avons la latitude de pouvoir travailler nos départements comme nous l’entendons, ce que j’apprécie particulièrement.

Nous pouvons ainsi agir comme des entrepreneurs, tout en nous appuyant sur la force d’un groupe. Nous avons une liberté d’entreprise dans un cadre qui est clair, avec une structure saine tout en respectant notre code de déontologie.

Le métier d’agent immobilier a fortement changé ces dernières années, pour tendre vers un service aux clients beaucoup plus large. Votre équipe a-t-elle également pris ce tournant?

«Il est évident que notre métier a beaucoup évolué. De brokers, nous sommes devenus des experts. Ma volonté est de ne plus travailler en silos comme auparavant, mais que nous devenions experts dans notre matière en ayant une vue générale qui permet de répondre à l’ensemble des besoins de nos clients.

Certains d’entre eux sont d’ailleurs très fidèles, et nous travaillons ensemble depuis plus de 20 ans. Ils viennent vers nous quand ils ont des dossiers compliqués et qu’ils recherchent de la technique, de la confidentialité. Avec cette nouvelle année, nous souhaitons aussi développer une nouvelle vision. Nous devons réfléchir à qui nous sommes, penser à nous réinventer. L’avantage est que nous savons comment le faire, et nous disposons des outils pour y parvenir.

Nous devons continuer à investir dans l’humain, attirer des talents et les garder grâce à de nouveaux atouts.

Vous venez d’emménager dans de nouveaux bureaux à Bertrange. Est-ce que ce nouvel environnement de travail est justement un argument pour retenir les talents?

«Certainement, nous avons dépassé depuis longtemps la simple panoplie du laptop – téléphone-voiture pour attirer de nouveaux talents. Nous avons retravaillé entièrement nos bureaux et ceci est vécu de manière très positive par nos équipes.

Elles avaient pu au préalable participer à des workshops pour exprimer leurs attentes et leurs souhaits sur ces nouveaux espaces et nous les avons élaborés en tenant compte de ces remarques. Il faut bien se rendre compte que pour beaucoup de personnes dans l’équipe, moi y compris, les bureaux de JLL Luxembourg sont leur résidence principale.

Vient ensuite la voiture et seulement après le logement. Nous avons une équipe mixte, avec une grande parité, mais aussi beaucoup de frontaliers. Offrir un cadre de travail agréable fait donc partie des grands défis que nous devons relever.

Quelle est votre vision pour la direction de JLL Luxembourg pour les cinq prochaines années?

«Je peux reprendre les termes de notre grand CEO monde: construire ensemble quelque chose de durable, de réaliste et ne plus fonctionner en imposant une vision qui n’est pas partagée par les équipes.

Nous devons devenir des experts, travailler avec plaisir, être encore plus ‘client oriented’. Les clients n’ont plus besoin de nous pour simplement nous confier un mandat. Nous avons développé des outils en interne qui permettent de délivrer des études poussées pour répondre et orienter précisément nos clients dans leurs choix immobiliers. C’est pour cela que l’humain est si important.

On ne vient pas chez JLL Luxembourg que pour prendre un salaire. L’implication est beaucoup plus importante et nos coéquipiers deviennent des ambassadeurs. Avec notre marque et nos talents, nous pouvons réaliser un travail fantastique.

Quel type de plus-value pouvez-vous apporter?

«Nous venons de développer un outil conçu pour le retail qui va également être développé pour les espaces de bureaux. C’est un outil alimenté par les data fournies par notre département Research data basé à Bruxelles et dont deux personnes viennent au Luxembourg toutes les semaines pour l’enrichir.

En complément, tous les autres départements alimentent aussi cette base de données. Par exemple, cet outil recense toutes les informations concernant les cellules commerciales qui ont été louées dans le centre commercial Cloche d’Or: quelle surface, quelle marque, quel loyer, quelle durée de bail… Grâce à ce soft, nous pouvons réaliser un mapping très précis de la situation actuelle. Nous allons beaucoup plus loin que de simplement offrir une surface à occuper, car l’objectif est que le client performe dans son activité.

Ce type d’études est aussi très demandé pour le secteur résidentiel, car il permet de parfaitement conseiller en fonction de la typologie des clients, dont les besoins peuvent être très différents.

Actuellement, tous les feux sont au vert pour le secteur de l’immobilier. Restez-vous confiante pour les années à venir?

«Absolument! Nous avons toujours été sur une bonne lancée, mais il est parfois plus difficile de rester numéro 1 que de le devenir. Par ailleurs, nos concurrents se sont aussi bien armés. Mais nous avons les moyens d’avancer et de rester leader dans notre secteur.

Quels sont les grands projets attendus en 2020 et qui vont compter pour JLL Luxembourg?

«Nous travaillons plutôt sur des projets qui seront livrés en 2021-2022. Ce qui arrive en livraison en 2020 est déjà pré-loué depuis un ou deux ans. Sur les 110.000m2 attendus en 2020, près de 70.000m2 sont déjà pris.

On travaille avec une anticipation qui va parfois jusqu’à 36 mois. Nous travaillons par exemple actuellement sur un gros dossier que nous avons démarré en 2019 et qui ne sera livré qu’en 2022. Mais je peux vous mentionner un grand projet au Kirchberg, la location du nouvel immeuble Bijou à la Cloche d’Or qui va être livré cette année et qui sera occupé par plusieurs entités, l’immeuble Altitude à Leudelange qui est déjà loué à 100% et qui va être livré au premier trimestre ou encore l’immeuble Vega à la Cloche d’Or, dont nous venons de récupérer le mandat.

Pour 2021, il y aura encore un immeuble à Leudelange et la rénovation du Royal Park en centre-ville.»